EMPOISONNEMENT AIGU PAR LA CANTIIARIDINE
on aperçoit une de ces cellules pariétales qui présente deux noyaux.
En même temps, la lumière des tubes contournés est distendue et contient un liquide rempli de fines granulations. On y rencontre aussi quelques globules rouges et des cellules lymphatiques qui viennent en grande partie, sinon exclusivement, de la cavité des domérules.
Pendant une heure et même une heure et demie à partir du début de l'empoisonnement, la substance corticale, ou pour mieux dire les glomérules et les tubes contournés, sont seuls altérés. Les voies d'excrétion de l'urine, les anses grêles de Henle, les tubes droits et les tubes collecteurs sont intacts. Contrairement à une opinion assez répandue, la néphrite cantharidienue, comme toutes les néphrites passagères des fièvres, commence par le labyrinthe, et c'est là qu'elle présente les phénomènes les plus importants.
Comme on vient de le voir, les lésions en sont très manifestes, et leur explication immédiate est facile à donner. Elle se résume ainsi : congestion intense portant surtout sur les glomérules, tension exagérée du sang dans les vaisseaux, passage à travers leurs parois des parties liquides du sérum entraînant avec lui des granulations, quelques globules rouges et des globules blancs qui s'accumulent en grand nombre dans la cavité glomérulaire. Cet exsudât chemine ensuite à travers le système des tubuli.
Une heure, une heure et demie après le début de l'intoxication, l'épithélium des tubes droits commence à montrer des modifications très remarquables, qui s'accomplissent très rapidement.
Comme chez l'homme, les tubes droits du lapin possèdent un épithélium cubique qui se rapproche de la forme cylindrique à mesure
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T'iG. 181. — Revêtement épithélial normal d'un tube collecteur du rein du lapin situé à l'extrémité
|de la pyramide.
rt, cellules d'épithéliura cylindrique; h, noyaux des cellules; </, globules rouges contenus dans un
vaisseau situé en dehors du tube. — Grossissement de 200 diamètres.
qu'on avance vers l'extrémité de la pyramide, et l'épithélium des tubes collecteurs' formés par la réunion des tubes droits offre la
forme cylindrique la plus accusée. Ces cellules cylindriques sont disposées en une simple couche, et elles laissent au milieu des tubes une large lumière libre.
Au lieu de présenter cette disposition si régulière, les cellules cylindriques des tubes collecteurs, examinées deux heures après le début de l'empoisonnement, sont devenues polyédriques et elles se sont aplaties par compression réciproque. Elles se sont en outre multipliées au point de remplir toute la cavité des tubes.
Si l'on étudie à un grossissement de 100 à 150 diamètres une coupe transversale de l'extrémité des cônes, on voit que tous les grands tubes collecteurs sont distendus et remplis de cellules polyédriques. A un fort grossissement (350 diamètres), ces cellules présentent de nombreuses facettes qui correspondent aux cellules voisines. Leur protoplasma granuleux contient quelquefois des globules rouges. Des globules rouges se montrent assez souvent entre elles. Leur noyau, plus ou moins régulier, est discoïde ou sphéroïde, tandis
es
FiG. 182. — A, tube collecteur du rein du lapin dans l'empoisonnement par la cantharidine, deux heures après l'introduction du poison sous la peau.
b, b, paroi propre du tube; a, a. cellules paviraenteuses ; m, leurs noyaux; c petite cellule migratrice ou intercalaire ;/■, /", petites cellules de même nature, de forme irre'gulière dont les faces sont moulées sur les cellules voisines; g, g', globules rouges contenus dans le proloplasma des cellules et entre elles; v, vaisseau capillaire. — Grossissement de 350 diamètres.
B, trois petites cellules migratrices isolées a, a', b, contenant toutes un noyau n. Leurs faces concaves sont moulées sur les faces convexes des cellules polyédriques.
que le noyau des cellules normales est ovoïde. Ces cellules sont partout adhérentes à la paroi du tube et entre elles, excepté au centre du tube qu'elles remplissent. Elles sont habituellement