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EMPOISONNEMENT LENT PAU LA CANTHARIDINE

libres au centre du tiil)e; quelques-unes d'entre elles possèdent deux noyaux.

Dans les tubes droits et dans les tubes collecteurs, on peut voir, le long de la paroi et appliquées contre elle, des cellules qui ont la forme d'un coin, qui sont situées entre les cellules paviraenteuses, qui s'aplatissent par leur base contre la paroi et qui s'insinuent entre deux cellules parleur extrémité (c, lig. 482). Elles possèdent un petit noyau rond et elles se colorent fortement par le carmin. Leur extrémité pénètre entre deux cellules pavimenteuses beaucoup plus grandes qu'elles. Lorsqu'on réussit à isoler ces petites cellules après qu'elles ont été fixées dans l'acide osmique, on voit qu'elles présentent des facettes concaves ou planes et des crêtes d'empreinte. Les facettes se moulent sur les cellules voisines, et les crêtes sont la preuve de l'aplatissement de leur protoplasma par les cellules plus volumineuses qui les compriment (voy. les cellules a, 6,B, fig. 182).

Ces petites cellules en forme de coin ou d'étoile, qui s'intercalent entre les grosses cellules polyédriques des tubes collecteurs enflammés, nous semblent provenir aussi d'une diapédèse des globules blancs du sang. Elles sont en effet le plus souvent accolées contre la paroi des tubes en dehors de laquelle on observe des globules blancs situés dans le tissu conjonctif.

La multiplication des cellules et leur changement de forme qui, de cylindrique devient irrégulièrement polyédrique, s'effectuent d'après le procédé habituel. Le protoplasma des cellules se gonfle, devient granuleux ; la cellule tuméfiée envoie des bourgeons qui débordent dans la lumière du tube ; les noyaux se divisent en restant sphériques ou lenticulaires ; le protoplasma se divise et les cellules se multiplient. En même temps il se fait une diapédèse de cellules lymphatiques. En résumé, la cantharidine détermine d'abord dans le rein, presque aussitôt après son introduction sous la peau, la sortie des globules blancs et des globules rouges des vaisseaux glomérulaires, puis une inflammation catarrhale très intense des tubes droits et collecteurs. Il s'agit donc là d'une néphrite diffuse aiguë.

Empoisonnement lent par la cantharidine. — Lorsqu'au lieu d'agir sur le rein par une quantité de cantharidine rapidement mortelle , on emploie des doses moindres répétées tous les deux ou trois jours pendant un mois chez un chien (1), on détermine, à

(1) Cornil, /?ec/ierc/ies histologiques sur l'action toxique de la cantharidine {Journal de Vanatomie de Robin, 1880, p. 564).

chaque injection du poison, une congestion rénale avec passage de globules rouges, d'albumine et de cylindres hyalins dans les urines. Si l'on sacrifie au bout d'un mois l'animal ainsi empoisonné, on trouve dans le rein toutes les lésions de la néphrite diffuse subaiguë telle qu'on l'observe dans l'espèce humaine.

Dans la substance corticale, les glomérules présentent, entre la capsule et le bouquet vasculaire, un exsudât réticulé contenant quelques globules rouges et de rares globules blancs. Les cellules en-

FiG. 183.

Fragment d'nn tube contourné dans l'empoisonnement subaigu par la cantharidine chez le chien.

a, protoplasma des cellules; b, granulations graisseuses. L'exsudat contenu dans le tube est composé de boules claires ou à contenu granuleux m, de cellules lymphatiques et de globules rouges g. — Grossissement de 300 diamètres.

dothéliales de la capsule sont tuméfiées et les anses glomérulaires adhèrent souvent les unes aux autres. Sur les préparations obtenues après l'action de l'acide osmique, on voit que les tubes contournés, très dilatés, contiennent, dans leur lumière agrandie, quelques gio-

FiG. 184.

— Segment d'un tube urinifère contourné dans l'empoisonnement subaigu par la cantharidine chez le chien.

a, paroi propre du tube et tissu conjonctif; jy, protoplasma des cellules; 7i, leurs noyaux; m, m, boules d'exsudations claires qui coiffent les cellules. — Grossissement de 300 diamètres.

bules blancs ou des boules claires ou granuleuses de volume variable, tantôt petites, tantôt plus volumineuses que les globules blancs.

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