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TUMEURS DES FOSSES NASALES. — POLYPES MUQUEUX

jonctif de la muqueuse et du tissu sous-miiqucux, qui a été indiqué par les auteurs comme pouvant être le point de départ de polypes des fosses nasales. Us s'accompagnent aussi d'exulcérations et même de petits abcès dans le tissu sous-muqueux. Il est rare alors que le périoste ou les os eux-mêmes ne soient pas atteints d'ostéite ou même de nécrose.

Le coryza chronique ne s'observe habituellement que dans la scrofule ou la syphilis. Les lésions profondes de la muqueuse et du tissu sous-muqueux, les gommes ulcérées, les nécroses des os qui constituent le squelette du nez ou de la voûte palatine, donnent lieu à des perforations de la voûte ou du voile du palais, à l'issue de fragments osseux, à l'affaissement du nez, etc.

• TuMEUPiS DES FOSSES NASALES. — Polypes muqueuûo. — Les polypes muqueux des fosses nasales, implantés habituellement sur la muqueuse de la région antérieure de ces cavités, sont uniques ou multiples. Leur pédicule est plus ou moins épais ; leur forme correspond plus ou moins à celle de la cavité ; leur grosseur varie entre celle d'un pois et celle d'une noix. Ils sont mous, d'apparence muqueuse, tremblotants et faciles à déchirer. Ils proéminent le plus souvent du côté des narines, mais exceptionnellement ils peuvent faire saillie à l'ouverture postérieure des fosses nasales. Ils prennent naissance dans le tissu conjonctif de la muqueuse et dans le tissu sous-muqueux. Lorsqu'on examine une section mince d'une de ces tumeurs, on voit qu'elle est limitée par la couche d'épithélium cylindrique stratifié et à cils vibratiles qui appartient à la muqueuse. Dans quelques-unes d'entre elles on voit des glandes muqueuses qui viennent s'ouvrir à leur surface. Ces glandes ont subi parfois une hypertrophie notable; leurs conduits excréteurs ou leurs culs-de-sac présentent alors des dilatations kystiques analogues à celles qu'on trouve dans les polypes muqueux de l'utérus (voy. t. I, p. 345). C'est à cette variété qu'appartiennent les tumeurs kystiques du sinus maxillaire décrites par Giraldès.

Dans certains polypes muqueux des fosses nasales on ne rencontre pas de glandes. Le tissu muqueux qui forme la masse de la tumeur est très vascularisé ; il possède des faisceaux ou des fibrilles de tissu conjonctif séparés par un liquide muqueux et par des cellules de tissu conjonctif.

Un fait assez curieux observé sur toutes les tumeurs des fosses nasales, c'est que, lorsqu'elles proéminent à l'extérieur* la muqueuse

de la partie proéminente est tapissée d'un épithéiium pavimenteux stratifié.

Polypes fibreux. — Les polypes fibreux des fosses nasales, de même que ceux qui naissent sur la voûte du pharynx au devant de l'apophyse basilaire et à la face inférieure du corps du sphénoïde, prennent leur origine dans le périoste et même dans les os. Les polypes fibreux des fosses nasales ont généralement leur point d'implantation dans la région postérieure de ces cavités. Ils envoient des prolongements dans toutes les directions, dans toutes les cavités, en éludant les obstacles ou en les écartant, élargissant les fosses nasales, amincissant ou détruisant les os, et pénétrant par des voies nouvelles ou par les ouvertures naturelles, à travers les trous sphéno-palatins, par exemple, dans les sinus qui entourent les fosses nasales et dansla fosse zygomatique. Ils sont constitués par du tissu fibreux, et, d'après l'observation de Muron, ils possèdent une quantité considérable de vaisseaux capillaires à parois minces et embryonnaires, ce qui les rend sujets aux hémorrhagies.

Des sarcomes peuvent avoir le même siège et la même marche. Il est possible que plusieurs des tumeurs décrites sous le nom de polypes fibreux des fosses nasales soient en réalité des sarcomes.

Les camnomes primitifs des fosses nasales sont très rares; nous n'en connaissons pas de fait bien authentique.

Polypes papillaires. — Parmi les polypes des fosses nasales, il en est qui sont de véritables papillomes. Us sont formés par de nombreuses papilles composées, pressées les unes contre les autres, ou comprises dans un revêtement épithélial commun. Leur stroma est fibreux et vasculaire, peu abondant, tandis que leur revêtement épithélial est épais et constitué par des cellules pavimenteuses (voy. fig. 19). Un polype de ce genre nous a été remis par M. Tillaux. Après l'extirpation, la tumeur a récidivé.

\J épithéliome à cellules pavimenteuses peut se développer primitivement dans le tégument du vestibule des fosses nasales, ou bien il y arrive par l'extension d'un épithéliome développé sur la peau du nez, de la joue, de la paupière supérieure, sur le bord des narines ou de la lèvre supérieure.

Il existe en outre dans les fosses nasales une forme d'épithéliome à cellules cylindriques qui s'y développe primitivement et qui ne

CONGESTION DU LARYNX ET LARYNGITE CATARRtlALE AIGUË.

pourrait pas être différenciée, à l'œil nu, des polypes muqueux (voy. t. I, p. 330).

On observe, dans le sinus maxillaire, des tumeurs polypeuses qui proéminent souvent dans les fosses nasales et qui appartiennent à

FiG. 19, — Polype papillaire des fosses nasnles. — a, cellules e'pithéliales pavimenteiises dont les plu* profondes, i, sont cylindriques et implantées sur les papilles b. Celles-ci possèdent des vaisseaux v. — Grossissement de 80 diamètres.

Vépithéliome tuhulé. Ces tumeurs reposent sur une base de tissu morbide, et leur gravité est très grande ; leur stroma est très riche en vaisseaux et en tissu embryonnaire.

§ 2. ~— liésions du Icrynx.

Congestion du larynx et laryngite catarriiale aiguë. — Le catarrhe aigu est primitif, causé le plus souvent par l'impression du froid, ou bien il est secondaire, accompagnant un exanthème fébrile (scarlatine, rougeole, etc.). La rougeur congestive et inflammatoire, ainsi que le gonflement de la muqueuse laryngée, s'observent, pendant la vie des malades, par l'examen laryngoscopique; mais, après la mort, cette muqueuse est beaucoup moins rouge, ce qui tient à ce que le sang a été chassé des petits vaisseaux.

Les phénomènes qui se passent sur la muqueuse enflammée sont les mêmes que ceux qui ont été décrits à propos des inflammations

expérimentales et des inflammations des voies aériennes considérées en général (voy. t. II, pp. 8 et suivantes). Ils consistent dans la réplétion des vaisseaux, dans le passage des cellules lymphatiques de l'inlérieur de ces derniers dans le chorion muqueux et de là à la base du revêtement épithélial. Les cellules de ce revêtement sont écartées et refoulées par le passage des cellules lymphatiques; bientôt elles sont elles-mêmes plus ou moins altérées, desquamées par places; elles forment un revêtement irrégulier. On observe, en même temps, à la surface de la muqueuse, l'exsudation d'un liquide muqueux, trans-

Fio. 20. — Section de la muqueuse de la trachée d'un lapin dans rinflammalion expérimentale déterminée par la caniharidine. Coupe faite après le durcissement de la pièce par l'acide osmique. — 6, surface du chorion muqueux; a, cellules rondes situées à la base du revêtement épithélial; a', les mêmes cellules occupant presque toute l'étendue do la coupe du revêtement épithélial; c, couche do cellules rondes revêtues de cils vibraliles. — Grossissement de 250 diamètres,

parent d'abord, contenant des boules de mucus, quelques cellules caiiciformes ou cylindriques et des cellules lymphatiques, présentant ensuite une certaine opacité à mesure que ces derniers éléments sont plus abondants; ce liquide est expulsé par la toux. Les crachats provenant de la laryngite contiennent peu de cellules cylindriques pourvues de Teurs cils vibratiles. Celles-ci, dans les laryngites légères, persistent d'habitude au-dessous de la couche d'exsudat muqueux ou puriforme ; néanmoins, on peut trouver différents états de ces cellules qui indiquent leur prolifération (voy. fig. 18, 9).

Dans certains cas d'irritation subaiguë de la muqueuse, la lésion consiste essentiellement dans un état muqueux des cellules cylindriques dont un grand nombre sont devenues caiiciformes. Sur une section du revêtement épithélial on voit des cellules muqueuses, volumineuses, à contenu clair, sans cils vibratiles, et dont le noyau est' rejeté près de leur base d'implantation sur la membrane basale. ^Gcs cellules caiiciformes alternent avec des cellules cylindriques minces, "aplaties par compression et possédant un pinceau de cils vibratiles (voy. t. II, p. 12, et les figures 6, 7 et 8).

Cet état des cellules démontre leur participation active à là sécré*

LARYNGITE CATARRIIALE CHRONIQUE, 39

tion du mucus. A la surface de la muqueuse il existe des boules de mucus, des débris de cellules caliciformes et quelques cellules lymphatiques comprises dans un liquide muqueux. Il n'y a généralement pas alors de cellules lymphatiques à la base du revêtement muqueux, car l'inflammation est peu intense.

Si l'inflammation est intense, le chorion muqueux est infiltré de cellules lymphatiques, surtout dans sa couche superficielle et autour des vaisseaux sanguins. La lésion du tissu conjonctil'est surtout bien marquée au niveau des replis aryténo-épiglottiques, dans la laryngite de la rougeole.

Les glandes de la muqueuse laryngienne entrent pour une grande part dans la production de l'exsudat muqueux. Leurs culs-de-sac augmentent de volume; les cellules qui y sont contenues sont tuméfiées, et, dans la lumière des culs-de-sac et des conduits excréteurs, il existe un liquide muqueux abondant contenant des cellules lymphatiques et des cellules caliciformes. A cet état correspond une hypertrophie notable des glandes visible à l'œil nu ; lorsqu'on presse la muqueuse, on fait sourdre de chaque orifice glandulaire une gouttelette de muco-pus (voy. t. II, pp. 18 et suivantes).

Laryngite catarrhale chronique. — Cette mnladie est tantôt la suite du catarrhe aigu, tantôt la conséquence d'une pharyngite chronique granuleuse, de la tuberculose ou d'une autre maladie du larynx. La muqueuse est congestionnée, brune ou grisâtre; elle sécrète un liquide muqueux ou puriforme; elle est épaissie et ses glandes sont hypertrophiées. C'est pour cela que cette affection a été désignée sous le nom d'angine glanduleuse, désignation qu'elle mérite surtout lorsque les glandes du pharynx présentent une hypertrophie analogue.

L'hypertrophie des glandes détermine quelquefois un relief assez considérable de la muqueuse. Il peut même se faire que la couche des glandes hypeitrophiées au devant des aryténoïdes atteigne une épaisseur de 3 à 5 millimètres.

Dans les inflammations de longue durée, le tissu conjonctif subit lui-même une hypertrophie plus ou moins considérable, et il donne naissance à des végétations et à des papilles plus ou moins nombreuses. Ces végétations, qui se limitent parfois aux cordes vocales ou à une autre région du larynx, constituent de petites tumeurs sessiles ou pédiculées. Ces lésions s'accompagnent d'une transformation de l'épithélium qui, de cylindrique, devient pavimentcux

40 HISTOLOGIE PATHOLOGIQUE SPÉCIALE DE l'APPAREIL BESPIRATOIRE.

stratifié. C'est là ce que Foerster a décrit pour la première fois sous le nom de métamorphose dermoïde de la muqueuse laryngienne.

Laryngite diphthéritique ou croup. — La laryngite diphthéritique est tantôt primitive, tantôt consécutive à une extension de la maladie développée primitivement dans le pharynx ou dans les parties inférieures des voies aériennes. Elle s'observe surtout chez les enfants ; elle commence par une inflammation purement catarrhale, mais bientôt la muqueuse présente des fausses membranes. Celles-ci sont blanchâtres ou grisâtres, plus ou moins étendues, plus ou moins épaisses, disposées par couches superposées qui se reproduisent dans la région profonde au contact de la muqueuse, tandis que les plus superficielles se désagrègent et sont expulsées. Elles sont plus ou moins résistantes; tantôt épaisses et difficiles à dilacérer et à détacher, tantôt au contraire molles et réduites en un détritus granuleux ou caséeux. Ces variétés de consistance dépendent uniquement de fâge de la fausse membrane. Il arrive parfois qu'à l'autopsie d'enfants qui expectoraient une grande quantité de fausses membranes denses, on ne trouve presque rien dans le larynx ou la trachée, si ce n'est un détritus pulpeux peu abondant. Nous avons donné (t. I, p. 115), l'explication de cette particularité, en décrivant les modifications de l'épithélium dans les inflammations diphthéritiques.

La fausse membrane expulsée par la toux a la forme de la partie de la muqueuse qu'elle recouvrait. Par exemple, lorsqu'elle provient de la trachée ou des grosses bronches, elle peut avoir un aspect tubulé et même présenter des bifurcations.

Les fausses membranes expulsées pendant la vie des malades se montrent constituées par de la fibrine sous forme de tllaments, par des globules de pus et des cellules épithéliales. Ces dernières, qu'elles proviennent de l'épithélium cylindrique à cils vibratiles ou de l'épithélium pavimenteux des cordes vocales inférieures, sont modifiées dans leur forme et dans leur composition chimique, ainsi que cela a été exposé aux pages 72 et 115. Développées aux dépens du revêtement épilhélial de la muqueuse, elles sont repoussées à mesure que de nouveUes cellules se forment au-dessous d'elles. Il n'y a jamais de vaisseaux dans leur intérieur.

A l'autopsie, on reconnaît que la muqueuse située au-dessous des fausses membranes est hyperhémiée, rouge, infiltrée et ramollie, et qu'il y a souvent entre elle et celles-ci un épanchement sanguin, en sorte que des îlots ecchymotiqucs s'observent à leur face adhérente.

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