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NÉPHRITES DIFFUSES AIGUËS OU PASSAGÈRES

épaississement du tissu conjonclif localisé surtout autour des vaisseaux sanguins (néphrite interstitielle ou cirrhose vasculaire).

NEPHRITES DIFFUSES

Néphrites diffuses aiguës ou passagères. — Elles avaient été d'abord nommées catarrhales en vertu de cette conception anatomopathologique qui les faisait consister surtout dans une inflammation légère, portant sur le revêlement épithélial des tubes droits et collecteurs, dans un catarrhe des voies d'excrétion de l'urine. Mais celte conceplion est erronée, ainsi que cela résulte de nos recherches et de celles de Braidt ; l'inflammation est au contraire localisée dans le labyrinthe, la portion sécrétante de la substance corticale, les glomérules et les tubes contournés.

Ces néphrites se manifestent dans le cours de la variole, de la rougeole, du choléra, de l'érysipèle, de la fièvre typhoïde, de la fièvre récurrente, de la malaria, de la fièvre jaune, de la septicémie, de la fièvre puerpérale, de la scarlatine, de la pneumonie, etc. Elles sont dues à une altération du sang et probablement à félimination des microbes spéciaux aux maladies virulentes qui les causent. Mais chacune de ces maladies donne lieu à une néphrite ayant quelques caractères propres, et, pour èlre complet, il faudrait faire une description spéciale de chacune de ces variétés.

Dans le choléra, les symptômes du côté de l'appareil rénal se succèdent dans Tordre suivant : anurie, excrétion d'une faible quantité d'urine albumineuse, contenant beaucoup de cylindres hyalins et de moules épithéliaux ; puis réapparaissent des urines abondantes sans albumine, et toute l'évolution dure de vingt-quatre à quarante-huit heures.

Dans la fièvre typhoïde, l'affection est de plus longue durée, et les cellules subissent une dégénérescence granulo-graisseuse. Dans la diphthérie, dans la scarlatine, l'affection est souvent encore plus intense.

La néphrite de la scarlatine, par son intensité, par sa longue durée, par la grande quantité d'albumine rendue et par l'anasarque qui l'accompagne souvent, établit la transition entre les néphrites passagères et les néphrites permanentes. Dans la scarlatine, l'albuminurie, habituellement passagère, peut passer exceptionnellement, il est vrai, à l'état chronique.

Malgré les différences que présentent les reins dans ces états consécutifs aux nombreuses maladies qui précèdent, nous donnerons une description générale de ces néphrites aiguës passagères et nous prendrons d'abord pour type la néphrite de la variole.

Lorsqu'un varioleux meurt dans le premier septénaire de la maladie, on trouve des reins volumineux dont la capsule s'enlève facilement. La surface de l'organe est congestionnée ainsi que la surface de section. Le rein paraît tendu, induré. La substance corticale est sensiblement plus épaisse qu'à l'état normal ; elle est généralement très congestionnée, de couleur jaune rougeâtre ; la substance médullaire est d'un rouge plus intense. Au microscope, sur des préparations faites après le durcissement par l'acide osmique, on voit que les cellules des tubes contournés sont en état de tuméfaction trouble; elles contiennent quelquefois plusieurs noyaux, présentent des

FiG. 186. — Lésions des cellules épithéliales dans les néphrites aiguës diffuses.

A, néphrite cantharidiennc chez le chien; m, m, boules claires d'exsudation à la surface libre des cellules ; n, noyaux, p, protoplasma des cellules. B, coupe d'un tube dans la néphrite diphthéritique; le protoplasma a des cellules est fusionné, la lumière du tube 6 est remplie par un exsudât réticulé avec des globules blancs c; d, globules rouges; n, noyaux des cellules. — Préparation faite après l'action de l'acide osmique.

granulations protéiques et montrent souvent à leur extrémité libre des boules claires qui font saillie dans la lumière des tubes; ces boules se détachent, tombent dans le conduit sous forme de gouttelettes incolores, muqueuses ou colloïdes; les cellules sont alors déchiquetées à leur bord libre, atrophiées, aplaties; les boules se prennent en masse dans les tubes de Henle et constituent alors les cylindres hyalins ; dans certains tubes contournés, les cellules ne présentent plus de séparation distincte ; le revêtement épithélial

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