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LÉSIONS DES TUDES DANS LA NÉPHRITE DIFFUSE SURAIGUE

les lésions que nous avons déjà étudiées à plusieurs reprises : exsudais, cylindres, etc., et sur lesquelles nous ne revenons pas ici. Une altération cellulaire intéressante consiste dans l'état vésiculeux que l'un de nous a décrit (1). Les cellules présentent dans leur intérieur des vacuoles qui se trouvent du côté de la lumière des tubes. Lorsque les cellules sont vues en place, elles présentent des ventres saillants vésiculeux du côté de la lumière du tube {h, h, fig. 196). Leur protoplasma forme une bordure autour de la paroi du tube et on y voit leurs noyaux ovoïdes, dirigés parallèlement à la surface de la membrane propre du tube. La lumière très élargie des tubes contient des boules claires et des boules granuleuses colorées par l'acide osmique. Les cellules isolées B (fig. 196) présentent une ou plusieurs vésicules transparentes t, t, claires, entourées d'une couche protoplasmatique possédant un noyau ovoïde.

La figure 197 montre une section transversale complète d'un tube

F[G. 197. — Section d'un tube contourné de la substance corticale dans la même observation. a, protoplasma dos cellules ; n, leurs noyaux; p. paroi hyaline du tube. Un certain nombre de cellules montrent dans leur protoplasma, près de la lumière du tube, des vacuoles b, b' dans lesquelles du liquide est sécrété; d, boules de mucus contenues dans l'intérieur du tube; g, globules roug-es; p, paroi propre du tube;v, v, vaisseaux sanguins situés en dehors du tube. Coupe faite après l'action de l'acide osmique. — Grossissement de 400 diamètres.

€ontourné altéré de la même façon ; on y voit en b, b' des vacuoles cellulaires dont l'une est ouverte. Les cellules présentent des noyaux, en n. La lumière dilatée du tube contient des boules colloïdes d et des globules rouges g. Les vaisseaux capillaires y, t;'qui entourent les tubes sont volumineux et remplis de sang. Dans certains tubes contournés, les divers exsudats sécrétés parles

(1) Nouvelles observations sur l'état des cellules du rein dans l'albuminurie {Journal de l'anatomie, 1879, pi. XXIX et XXXj.

cellules, les globules rouges et probablement aussi des substances venues du sang forment une masse colloïde qui présente à sa périphérie des festons moulés sur les cellules épithéliales et des boules claires dans son intérieur.

Cette substance colloïde pénètre dans les tubes étroits des anses de Henle, où elle s'étire comme à la filière, pour constituer les cylindres hyalins.

Les cellules épithéliales des tubes droits sont à peine modifiées ;. on trouve cependant dans leur lumière des exsudats qui constituent les cylindres hyalins des sédiments urinaires. Ils se présentent,, quand on examine les sédiments après l'action de l'acide osmique, sous la forme de cylindres colorés en brun, quelquefois enroulés en tire-bouchon et d'un diamètre inégal dans les différents points, présentant parfois des fentes vitreuses, des fêlures transversales ; la forme en tire-bouchon résulte sans doute de ce que les cylindres, étirés dans les tubes de Henle, se sont enroulés en arrivant dans des tubes d'un volume plus considérable.

Dans les dépôts urinaires, on trouve, à côté des cylindres hyalins, quand il y a une congestion intense et une hémorrhagie dans l'intérieur des tubes , des cylindres fibrineux caractérisés par de la fibrine fibrillaire qui se gonfle sous l'influence de l'acide acétique, et qui contient dans son intérieur des globules rouges et blancs. On trouve aussi parfois des cylindres composés d'une masse grenue contenant des molécules graisseuses.

On doit se demander quelle relation existe entre la dégénérescence graisseuse des cellules et les altérations des glomérules que nous venons de décrire. Il est très probable que la dégénérescence graisseuse est consécutive aux modifications de la circulation, à l'anémie qui résulte de l'inflammation chronique et du rétrécissement de la lumière des vaisseaux afférents et des anses des glomérules. Mais cependant il arrive souvent que les cellules épithéliales des tubuli ne présentent pas de dégénérescence graisseuse, alors que les glomérules sont atteints d'une inflammation très intense.

Dans la forme subaiguë de la néphrite diffuse que nous avons en vue maintenant, la dégénérescence granulo-graisseuse des cellules épithéliales du rein fait généralement défaut; elle ne commence à apparaître que lorsque la maladie dure plus longtemps, et encore est-elle peu marquée, et le plus souvent partielle. La meilleure méthode pour déceler la dégénérescence granulo-graisseuse consiste à

NÉPIIKITE DIFFUSE CIinONIQUE. — HEIN RLANC. 580

faire des coupes du rein à Triât (Vais, et à les traiter par l'acide ibrmique ou acétique. Lorsqu'on les examine à un p^rossissement de 40 diamètres, on voit un nombre plus ou moins considérable de tubes urinifères qui sont de couleur sombre, opaques et ne laissent pas passer la lumière directe. A un plus fort grossissement, on reconnaît que l'opacité est due à une quantité de petites granulations graisseuses situées dans les cellules épithéliales des tubuli. L'acide osmique est le meilleur moyen pour colorer et conserver les préparations, dans lesquelles les granulations graisseuses sont alors noircies et fixées.

Les diverses lésions que nous venons de passer en revue dans la forme aiguë peuvent se combiner très diversement et constituer ainsi beaucoup de variétés sur chacune desquelles nous ne pouvons pas insister.

Formes chroniques de la néphrite diffuse. — Néphrite parenchymateuse. — Rein blanc. — A la forme chronique de la néphrite permanente, correspond le plus souvent ce qu'on appelle le gros rein blanc, le gros rein lisse. Cette lésion s'observe à la suite de la syphilis, de l'alcoolisme, de l'action du froid et quelquefois aussi de la tuberculose pulmonaire. On la rencontre chez les femmes en couches mortes d'éclampsie. Le rein est plus gros qu'à l'état normal ; mais cette augmentation de volume présente beaucoup de variations ; il peut être à peine augmenté , tandis que d'autres fois il présente un poids et un volume doubles de l'état normal. Sa coloration est blanche, tantôt d'un blanc mat, tantôt et plus souvent d'un blanc jaune. Il est de consistance pâteuse ou molle ; sur des coupes, on voit que la coloration blanc jaune appartient exclusivement à la substance corticale et tranche avec la coloration rouge de la substance médullaire; on constate aussi que l'épaississement de la substance corticale constitue presque à elle seule l'augmentation de volume du rein ; on trouve quelquefois dans cette forme du mal de Bright une phlébite de la veine rénale, accident noté trois fois dans les observations de Rayer et que nous avons observé nousmêmes plusieurs fois.

Au microscope, les tubes contournés offrent les lésions cellulaires déjà connues : état vésiculaire des cellules, boules, exsudais dans la lumière des tubes ; mais ce qu'il y a de particulier dans cette forme, c'est la dégénérescence graisseuse qui est bien plus considérable que dans les variétés que nous avons étudiées jusqu'ici; cette dégénères-

cence est très irrégulièrement répartie ; les cellules sont quelquefois complètement dégénérées, et elles se détachent parfois de la paroi des tubes ; mais le plus souvent elles restent en place et il n'y a pas

FlG. 198. — Coupe d'un rein atteint de maladie de Briglit. Les cellules qui tapissent les tubes sont granuleuses, remplies de granulations protéiques et graisseuses. Au centre des tubes, on voit la coupe de cylindres hyalins.

de desquamation épithéliale, dans le sens que Johnson avait attribué à la néphrite desquamative. En effet, si quelques cellules épithéliales tombent, la paroi du tube n'est pas pour cela dépouillée, car il se forme de nouvelles cellules qui lui restent accolées, remplaçant ainsi celles qui se desquament et qui sont entraînées par l'urine.

Lorsqu'on examine une coupe de la substance corticale d'un rein durci par l'acide osmique, les tubes contournés, généralement dilatés, contenant dans leur lumière des exsudais déjà connus, présentent une rangée de cellules plus ou moins volumineuses. Quelquefois ces cellules sont aplaties, pourvues de noyaux; parfois elles conservent leur volume normal ou bien elles sont très volumineuses. Les granulations graisseuses plus ou moins grosses colorées en noir

FiG. 199. — Section d'un tube dont les cellules sont en dégénérescence graisseuse.

m, suiface interne des cellules présentant une bordure striée; n, noyaux; o, granulations graisseuses.

Préparation faite après l'action de l'acide osniiquo.

par l'acide osmique sont presque toujours régulièrement rangées en séries voisines de l'implantation des cellules sur la paroi propre des tubes (o, fjg. 199). Ces granulations forment une sorte de bordure

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