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LARYNGITE DE LA FIÈVRE TYPHOÏDE

ristiqiie de la fièvre typhoïde, les follicules lymphatiques sont tuméfiés sous forme de nodules semblables à ceux que constituent les follicules isolés de fintestin grêle dans la même maladie. Sur une section de ces nodules, on voit que les mailles du tissu réticulé sont bourrées de cellules lymphatiques, les unes petites, les autres plus volumineuses et contenant alors deux ou trois noyaux. Cetle multiplication des noyaux et cette infiltration du tissu réticulé sont absolument comparables à ce qu'on observe dans les follicules clos de l'intestin grêle. Le tissu conjonctif voisin des follicules altérés est également enflammé,

c. — Les tuméfactions nodulaires des follicules clos sont souvent suivies d'ulcérations cupuliformes ou cratériformes bien décrites par Louis. Ces ulcérations siègent de préférence, comme les tuméfactions précédemment décrites, à la base de l'épiglotte, à la face interne des cartilages arythénoïdes et à la commissure antérieure. Elles sont creusées en godet et reposent sur une base indurée, infiltrée; leurs bords sont soulevés et durs. On trouve souvent, en même temps qu'elles, des ulcérations analogues sur la muqueuse de la paroi postérieure du pharynx et à la base de la langue.

L'examen au microscope de coupes passant par ces ulcérations montre, à la limite de la perte de substance, des cellules lymphatiques sur le point de se détacher. Le tissu de la muqueuse, qui constitue le bord et le fond de fulcération, est infiltré de cellules lymphatiques très nombreuses et pressées les unes contre les autres.

d. — Dans certains cas de fièvre typhoïde, on trouve, sur la muqueuse qui revêt la face postérieure de fépiglotte et les ligaments arylliénoïdicns, une couche pultacée, jaunâtre, comme pseudo-membraneuse, faiblement adhérente et qui correspond à fépithélium altéré, désintégré et séparé par des masses de micrococcus (Klebs), Les cellules épithéliales sont même parfois aplaties et comprimées par ces masses parasitaires au point de former des travées disposées entre elles. Quelquefois la charpente des fausses membranes de cette laryngite est formée par des filaments et des lamelles de fibrine, comme cela a lieu dans les pseudo-membranes diphthéritiques. Ces corpuscules appartiendraient, d'après Klebs, à un microphyte qui revêt la forme de bâtonnets à une période plus avancée de son développement, le Baccillus du typhus.

c. — Klebs a décrit deux cas d'ulcérations ayant détruit, l'une les

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cordes vocales, l'autre la moitié supérieure de l'épiglotte, et dans lesquelles le lissu conjonctif en voie de destruction moléculaire, l'épithélium du bord de l'ulcère et le tissu conjonctif qui en formait la base étaient infiltrés de masses considérables de micrococcus. Dans ces deux cas, les cartilages étaient aussi atteints par l'invasion mycosique, et, sur des coupes, on voyait des traînées de bâtonnets simples ou articulés, appartenant à des bactéries, s'avancer dans la ôubstance fondamentale du cartilage. Les cellules cartilagineuses étaient en dégénérescence granulo-graisseuse et en voie de destruction. Il s'agissait là d'une inflammation gangreneuse déterminée par la présence du microbe infectieux (1),

Quels que soient la cause et le point de départ des ulcérations laryngiennes de la fièvre typhoïde, lorsqu'elles existent et qu'elles déterminent une périchondrite par leur extension aux couches profondes de la muqueuse, il peut en résulter des désordres très étendus, la nécrose des cartilages, des clapiers purulents et de l'œdème du larynx.

Lésions syphilitiques du larynx. — La syphilis se traduit sur le larynx par de Finflammation catarrhale, des plaques muqueuses, des ulcérations superficielles ou profondes, et par tous les accidents qui en résultent, la périchondrite, l'œdème, etc. Les plaques muqueuses sont caractérisées par une légère élevure et elles sont produites sur-

(1) Dans plusieurs faits que nous avons examinés, il y avait, en même temps que des ulcérations du bord libre de l'épiglotte, une laryngo-trachéite d'une grande intensité caractérisée par la présence de fausses membranes épaisses et adhérentes à la muqueuse de la face interne de répiglotte, des cordes vocales, des ventricules et de toute la cavité laryngienne. Dans un de ces faits, la fausse membrane se continuait jusqu'aux petites bronches. Sous la pseudo-membrane, la muqueuse était très rouge, ecchymotique, boursouflée. L'examen des coupes perpendiculaires à la surface de la muqueuse laryngienne, au niveau des cordes vocales, montrait par places des fausses membranes adhérentes, constituées, exactement de la même façon que celles de la diphthérite laryngienne, par des filaments de fibrine englobant quelques cellules lymphatiques et des globules rouges. Audessous de la fausse membrane, la membrane basale avait disparu dans les points oii l'inflammation était le plus intense. Le chorion présentait des vaisseaux extrêmement dilatés remplis de sang ou d'un thrombus fibrineux et une infiltration de globules rouges, de cellules lymphatiques et parfois aussi de fibrine dans les mailles du tissu conjonctif. Cette inflammation s'étendait profondément aux glandes acineuscs et à tout le tissu conjonctif jusqu'aux cartilages. La muqueuse était épaissie de telle façon que les ventricules du larynx étaient presque complètement eff'acés. Dans la grande cavité laryngienne le chorion était moins altéré et il conservait sa membrane basale. Cependant sa surface était couverte de fausses membranes au-dessous desquelles on trouvait par places des cellules cylindriques déformées,, tuméfiées, vitreuses, ou des cellules globuleuses, se colorant en jaune orangé par le picro-carmin. La fausse membrane constituée essentiellement, comme celle de la diphthérite vraie, par de la fibrine, s'implantait sur les parties de la membrane basale tout à fait dépouillées. A la surface de la fausse membrane et dans ses mailles il était facile de voir des grains très fins de micrococcus et des bâtonnets parfois articulés comme le sont les bactéries.

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