‹ Manuel d'histologie experimentaleChapitre 146 sur 207 · TUMEURS DE L OVAIRE. — SARCOME · texte numérisé non relu

TUMEURS DE L OVAIRE. — SARCOME

jaunes de grossesses antérieures ne se montrent plus que comme des kystes à parois fibreuses, dures et rétractées. Ces ovaires possèdent leur volume normal ou sont atrophiés.

Tumeurs. — Le chondrome de l'ovaire a été observé deux (bis par Kiwisch; dans un de ces faits, l'ovaire droit avait acquis le volume du poing et était transformé en une masse cartilagineuse hyaline et dure. Scanzoni a vu un cas de chondrome au milieu d'une tumeur fibreuse.

Les tubercules de Fovaire sont très rares; ils viennent quelquefois avec la tuberculose des organes génito-urinaires, surtout chez les enfants. Le péritoine qui revêt l'ovaire en est souvent le siège ; les granulations tuberculeuses développées dans le parenchyme sont loin d'avoir la même fréquence. Elles se présentent avec leurs caractères habituels, à l'état de granulations semi-transparentes ou caséeuses à leur centre.

Les gommes syphilitiques sont également très rares ; Lancereaux en cite deux exemples, sans détails histologiques, il est vrai, et regarde comme syphilitique un état fibreux dense de l'ovaire qu'il a observé plusieurs fois chez des femmes encore réglées.

Des tumeurs secondaires, constituées par des lymphadénomes, ont été observées une fois par fun de nous.

Les fibro-myomes de l'ovaire, comparables à ceux de l'utérus, sont cependant beaucoup moins fréquents. Ils se présentent tantôt comme de petites tumeurs sphériques siégeant soit à la surface, soit dans la profondeur de l'ovaire , tantôt comme de grosses tumeurs dures ayant le volume du poing ou davantage, dans lesquelles l'ovaire est complètement transformé en une masse homogène. Le tissu fibreux y domine et les faisceaux musculaires lisses y sont peu abondants. Sur une coupe, les faisceaux conjonctifs sont disposés irrégulièrement et ne rayonnent pas autour d'un ou de plusieurs centres comme cela a lieu pour les fibro-myomes de l'utérus. On y trouve quelquefois des cavités kystiques contenant un liquide clair ou sanguinolent, et leur surface est parfois calcifiée.

Sarcome. — Plusieurs exemples de sarcomes développés primiti-

vement dans l'ovaire ont été présentés pendant ces dernières années à la Société anatomique : le volume de la tumeur est très variable ; tantôt l'ovaire reste peu développé, tantôt il acquiert un volume énorme. Dans une observation de Villard (Soc. anat., 1870, p. 195) la tumeur, constituée par un sarcome embryonnaire avec kystes sanguinolents, pesait 7 kilogrammes. Dans d'autres faits, des kystes séreux se sont développés dans la tumeur sarcomateuse. La tumeur formée par l'ovaire sarcomateux est généralement ovoïde et lisse ; les deux ovaires peuvent être envahis simultanément. On observe, si la maladie a duré un temps suffisamment long, des métastases dans le péritoine, les plèvres, l'intestin, etc.

Carcinome. — Parmi les observations anciennes de carcinome de l'ovaire, il en est assurément qui pourraient être rangées aujourd'hui parmi les kystes ou les épithéliomes. Mais le carcinome n'en existe pas moins.

Le carcinome de l'ovaire est primitif ou secondaire; il peut en effet se montrer consécutivement à un carcinome du col ou du corps de l'utérus, du rectum ou d'un organe plus éloigné : la néoformation est généralement alors petite et nodulaire. Cependant nous avons vu plusieurs fois une infiltration diffuse et complète de tout l'organe par un cancer secondaire émané de l'utérus.

Le carcinome ovarien primitif atteint de très grandes dimensions; dans certains cas, la tumeur est, par exemple, de la grosseur d'une tête d'adulte ou davantage ; le plus souvent, il appartient à l'encéphaloïde. En général un ovaire seul est le siège de la tumeur, mais l'autre ovaire peut aussi être atteint à un degré moindre. Le carcinome médullaire ovarien constitue une tumeur plus ou moins molle, ayant généralement une consistance plus ferme que dans d'autres organes, en raison de la structure fibreuse préexistante de l'ovaire ; elle donne au raclage une assez grande quantité de suc laiteux, et sa surface de section est blanche ou blanc grisâtre et opaque. La capsule fibreuse ovarienne est le plus souvent envahie quand le carcinome n'est pas absolument récent, et on trouve à sa surface des végétations et des bourgeons constitués par du tissu carcinomateux. Le péritoine participe toujours à la dégénérescence de l'ovaire ; le carcinome envahit sa région pelvienne, le grand épiplooii et les villosités épiploïques de l'intestin. La structure de la tumeur répond à la description générale du carcinome encéphaloïde ; les cloisons qui limitent les alvéoles présentent cependant quelquefois, avec les fibres

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de tissu conjonctif, des fibres musculaires lisses ; des cellules épithélioïdes sont disposées sans ordre dans les cavités du stroma, ou bien elles sont implantées perpendiculairement à la surface de ces cavités. Les vaisseaux, dans l'encéphaloïde, acquièrent quelquefois un développement considérable ; il se produit ainsi un cancer hématode. Dans le carcinome de l'ovaire, de même que dans les autres tumeurs ovariques, on peut trouver des kystes, que ces derniers se soient formés dès le début du carcinome ou qu'ils l'aient précédé. Des bourgeons constitués par le tissu de la tumeur font alors en général saillie dans la cavité des kystes.

Le carcinome primitif se présente quelquefois sous forme de tumeur colloïde ou de squirrhe.

Les tumeurs secondaires de l'ovaire offrent la même structure que les tumeurs primitives ; il se produira, par exemple, des épithéliomes à cellules cylindriques ou à cellules pavimenteuses dans l'ovaire, consécutivement à des tumeurs de même nature développées dans l'utérus.

Des épithéliomes à cellules cylindriques peuvent, d'après l'observation de Rindfleisch et de Klebs, se développer primitivement dans l'ovaire. Dans un cas cité par ce dernier auteur, la tumeur ayant été extirpée, il survint une récidive dans la peau au voisinage de la plaie.

Kystes de l'ovaire, — Les kystes sont, de toutes les néoformations et maladies de l'ovaire, les plus communes et les plus importantes par leur développement et par leurs conséquences; l'ovaire est, avec le rein, l'organe où ces productions ont le plus de tendance à se développer. Nous avons déjà vu des kystes dans les tumeurs de l'ovaire précédemment décrites ; il nous reste à étudier les kystes proprement dits qui sont très variés au point de vue de leur développement et de leur nature.

i° Hydropisie des follicules de Graaf. — Rokitansky a montré que les follicules de Graaf peuvent se laisser distendre par un liquide séreux et limpide, de manière à former de petites cavités kystiques de la grosseur d'un haricot ou d'une noisette. Dans une tumeur ovarique composée de kystes de ce volume, Rokitansky a trouvé un ovule dans chacun d'eux. Les kystes par distension des follicules sont généralement petits ; la tumeur de l'ovaire n'acquiert

pas un volume considérable , et elle dépasse rarement celui du poing.

2° Kystes uniloculaires. — On rencontre quelquefois un kyste ovarien unique, ayant acquis un volume considérable et dont la paroi est formée simplement par le feuillet péritonéal, une couche de tissu conjonctif lamellaire et un revêtement épithélial interne. On serait tenté de considérer ces tumeurs comme résultant d'une hydropisie et d'une dilatation considérable d'un follicule de Graaf. Mais rien ne le prouve, et, au contraire, tout porte à penser que ces kystes résultent de la réunion en un seul de plusieurs kystes préexistants, et qu'il s'agit d'un mode particulier de la dégénérescence kystique de l'ovaire dont nous avons déjà donné, t. I, à la page 357, une description que nous complétons dans le paragraphe suivant.

3° Kystes 'prolifères; kystes gélatiniformes ou multiloculaires ; épithéliome myxoïde. — Ces kystes multiloculaires ou aréolaires contiennent généralement un liquide muqueux. Leur volume est variable, mais il est en général considérable. Ils sont plus ou moins

FiG. 225. — Kyste aréolairo de l'ovaire (d'après Cruveilhicr). KK, débris des parois du kyste principal dans lequel e'tait contenue la masse aréolaire ; U, utérus de'fornié se continuant avec la trompe droite appliquée sur la tumeur: 0, ovaire gauche; L, ligament rond gauche; T, trompe gauche; V, col de l'utérus et partie supérieure du vagin, fendue.

régulièrement sphériques, les kystes secondaires faisant une saillie plus ou moins distincte. Ces tumeurs sont généralement pédiculées ; le pédicule, assez épais, est formé, par le ligament utéro-ovarien

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