VÉGÉTATIONS DUES A LA MÉTRITK INTERNE CHRONIQUE
infiltrées dans le tissu conjonctif. Il n'y existe pas de cellules pavimenleuses, contrairement à ce que certains auteurs ont avancé.
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FlG. 229. —Coupe transversale d'une graiiulalion dans un cas de mélrito interne clirouiijue.
Grossissement de 40 diamètres.
a, stroma; b, coupe des glandes dilale'es et revêtues de leur cpitlielium ; c, coupe de vaisseaux
(d'après de Sinety).
Les végétations fongueuses de la surface revêtent trois formes principales :
\' Dans certaines d'entre elles, on observe une hypertrophie des
FiG. 230. — Coupe longitudinale d'une granulation formée d'éléments emliryonnaires dégénérés en
certains points, dans un cas de métrite interne chronique, — Grossissement de 40 diamètres.
a, tissu embryonnaire ; 6, points ayant subi la dégénérescence graisseuse (d'après de Sinety).
glandes dilatées et devenues flexueuses; leur épithélium est conservé (fig. 229).
OVIDUCTE ET UTERUS.
2" D'autres végétations, peu vascularisées, sont formées de cellules embryonnaires; il ne subsiste que des traces des glandes ou quelques cellules d'épi thélium dégénéré (fig. 23U).
3° Certaines fongosités sont presque uniquement formées de vaisseaux, dont quelques-uns atteignent un volume considérable (voy. fig. 231).
Fig. "231. — Coupe transversiilc d'une granulation conslituéc par des vaisseaux dilato's et remplis de
globules sanguins dans un cas de métrite interne chronique. — Grossissement de 40 diamètres.
a, slroma embryonnaire; b, vaisseaux coupés en travers; c, vaisseaux coupés longitudinalcment ;
d, vaisseaux dilatés, remplis de globules sanguins
(d'après de Sinéty).
On peut, sur un même utérus, rencontrer ces trois variétés de végétations qui sont en rapport : la première avec un écoulement muqueux, la seconde avec une sécrétion purulente, la troisième avec des hémorrbagies.
Consécutivement à ces divers états pathologiques, la muqueuse de la portion vaginale du col accessible à la vue est toujours plus ou moins altérée. Ainsi, dans le catarrhe du col ou du corps, lorsque le liquide sécrété passe en abondance par l'orifice utérin, il stagne et reste en contact avec les lèvres du museau de tanche, surtout au milieu de la lèvre inférieure, et il en résulte une érosion superficielle d'abord, puis une véritable ulcération qui détruit tout le revêtement épithélial. Dans les états chroniques, on observe, à la lèvre postérieure, un bourgeonnement des papilles du chorion muqueux sous forme de petites granulations composées de tissu conjonctif embryonnaire parcouru par des vaisseaux. Ces granulations sont rosées ou rouges. Lorsqu'elles guérissent, elles se recouvrent d'épithélium et s'affaissent, leur tissu embryonnaire revient à l'état fibreux. Il est facile de s'assurer, dans les cas favorables à l'étude de leur dévelop-
MÉTUITK l'AUENGllYMATEUSE GlIKUi'SKJUE. 711
pcmenl, qu'elles proviennent simplement d'une inllaiumation pi'oduclive des papilles qui existent normalement sous l'épithélium stiatifié de cette partie de la muqueuse du col.
Lésions du museau de tanche. — La muqueuse du museau de tanche est le siège d'une série d'éruptions : on y a décrit des vésicules d'herpès analogue à celui de la vulve et du prépuce, des bulles de pemphigus, des éruptions en rapport avec les fièvres éruptives, des chancres simples ou indurés, des plaques muqueuses, des végétations qui naissent sur la surface des plaques muqueuses, des érosions qui succèdent à ces diverses éruptions, etc. Dans la syphilis secondaire, on trouve à peu près constamment une rougeur du col et un catarrhe utérin; celui-ci est surtout développé lorsque la surface du col a été le siège de plaques muqueuses suivies d'érosions.
Indépendamment de ces ulcérations du col, il existe des altérations assez profondes de la muqueuse qui simulent une ulcération, bien que l'on constate une couche d'épithélium à leur surface. A la surface de ces pseudo-ulcérations, on trouve, d'après de Sinéty, à la place de l'épithélium stratifié presque complètement détruit, une simple couche d'épithélium cylindrique ou cubique; on constate en outre, sur les coupes, des enfoncements épithéliaux ressemblant à des diverticules glandulaires revêtus d'épithélium cylindrique ou caliciforme.
La présence de ces glandes observées dans la portion vaginale du col où elles n'existent pas à l'état normal est due à ce que la muqueuse s'est renversée en dehors comme le fait la conjonctive palpébrale dans l'ectropion. Au-dessous de l'épithélium, on observe, dans les points malades, une épaisse couche d'éléments embryonnaires et des hémorrhagies interstitielles. Cette lésion, qui débute au-dessous des cellules épilhéliales conservées , s'infiltre profondément par places, sous forme d'îlots de petites cellules, dans le tissu fibromusculaire de l'utérus. Il en résulte un épaississement hypertrophique du col.
Lorsque la muqueuse du col est renversée en dehors, la portion visible au spéculum présente souvent des œufs de Naboth.
b. Métrile parenchymaleuse chronique. — Dans la métrite chronique parcnchymaleuse ou interstitielle, l'utérus est en général augmenté de voluuie. Il peut atteindre la grosseur du poing. Cette augmentation de volume est habituellement régulière. Lorsqu'elle est
7i2 OVIDUCTE ET UTÉRUS.
partielle, il en résulte une déformation, une hypertrophie du col ou d'une de ses lèvres, et alors le col a la forme d'une trompe, d'où le nom de tapiroïde qui lui a été donné. La paroi utérine, au fond de l'organe en particulier, atteint une épaisseur de 2 à 3 centimètres ; la cavité utérine est en général accrue. Comme cette affection n'entraîne pas la mort par elle-même, on ne la rencontre qu'accidentellement à l'autopsie. Lorsqu'on a affaire à une métrite parenchymateuse rapprochée de son début, le tissu utérin est mou, gorgé de sucs, rougeAtre, et il laisse écouler une grande quantité de sang. Il existe en même temps d'habitude une métrite interne et des ulcérations du col. A une période plus avancée, le parenchyme est induré, résistant, blanchâtre, d'une dureté presque cartilagineuse. A l'examen histologique de la métrite parenchymateuse au début, on trouve une grande quantité d'éléments embryonnaires dans toute
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FiG, £32. - CoLipc du tissu ulérin dans un cas de niéliltc chronique. — Grossiss. do 40 dhmictrcs.
a, espaces lyniplialiques dilatés; b, vaisseaux; c, tissu conjonctif cii'cumvasculairc ; d, coupe de faisceaux musculaires; r, coupe longitudinale de faisceaux iiuisculaires.
l'épaisseur de la paroi de l'utérus. Ces cellules se rencontrent surlout autour des vaisseaux qui sont très dilatés. Plusieurs auteurs, Yirchow entre autres, considèrent l'hypertrophie de la paroi utérine, dans les stades plus avancés, comme due à une formation nouvelle de faisceaux musculaires; ils assimilent, en raison de cette