CHAPITRE VII
Histologie normale. — Les glandes mammaires, qui se développent aux dépens du feuillet corné comme les autres glandes cutanées, et qui appartiennent à la peau, sont des glandes en grappe composées. Elles possèdent de dix à vingt canaux (les canaux galactophores) qui s'ouvrent isolément au sommet du mamelon, après s'être dilatés en ampoule. Ces canaux se divisent, se subdivisent et se rendent à des culs-de-sac terminaux qui sont piriformes ou sphériques. De même que les plus petits canaux, ces culs-de-sac sont composés d'une membrane propre homogène, revêtue à sa face interne d'une couche incom.plète de cellules endothéliales, et d'une couche de cellules cubiques de 12 u. de diamètre en moyenne. Les gros canaux galactophores possèdent des cellules cylindriques.
En dehors de la membrane propre des culs-de-sac, on trouve du tissu conjonctif lâche contenant quelques cellules rondes, du tissu fibreux et des cellules adipeuses.
Le mamelon et l'aréole, qui sont contractiles, possèdent une assez grande quantité de libres musculaires lisses. La surface du mamelon présente des papilles et des glandes de diverses espèces, des glandes sudoripares , des glandes sébacées et de petites glandes mammaires isolées dont le conduit vient s'ouvrir au mamelon et dont les acini siègent plus profondément (Sappey, de Briès).
Très incomplètes pendant l'enfance, car elles se réduisent à leurs conduits ramifiés, les glandes mammaires ne se développent que pendant la puberté, époque où bourgeonnent leurs culs-de-sac terminaux. Elles n'acquièrent leur développement complet qu'à la première grossesse où leurs lobules s'isolent et grossissent; leurs cellules épithéliales présentent alors, dans leur intérieur, des granulations graisseuses qui en sortent pour constituer les corpuscules du lait. Ces cellules se desquament aussi et tombent dans la lumière des culs-de-sac, où elles forment les globules du colostrum.
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Les corpuscules du lait sont des L>'oultclcttes de graisse. Le lail renferme de l'eau, de la graisse neutre, de la caséine et du sucre de
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FiG. 237. — Coupe de la mamelle d'une femme en lactation. (Gross. de 20 diamèlres.)
a, lobules do la glande ; h, acini tapissés d'une couclie d'e'pitliélium cubique ; c, conduits glandulaires
i, stroma formé du tissu conjonctif. (D'après de Sinéty.)
lait. Il contient une certaine proportion de sels, et particulièrement du phosphate de chaux.
La mamelle des enfants nouveau-nés sécrète un liquide laiteux dans lequel il existe aussi des corpuscules graisseux.
FiG. 238. — Acinus de la mamelle d'une femme en lactation. (300 diamètres.)
a, cellules épithéliales ; 6, noyau ; c, nucléole; A, globules de lait; c, fibres de tissu conjonclif ; /", cellules de tissu conjonclif.
La mamelle reste développée pendant la période de fécondité de la femme, puis elle s'atrophie; ses culs-de-sac s'allongent, s'amincissent, disparaissent complètement ou ne présentent plus que quelques rares cellules atrophiées.
CORNIL ET RANVIER. !'■ — ^"^
Le tissu conjonctif entoure partout les culs-de-sac, et les lobules sont séparés par du tissu adipeux.
Les vaisseaux de la mamelle forment un réseau de capillaires autour des culs-de-sac.
Les lymphatiques de la mamelle sont nombreux. D'après Labbé et Goyne (1), les culs-de-sac mammaires sont entourés par une première couche de tissu conjonctif lâche possédant des noyaux clairsemés, puis plus en dehors par une zone conjonctive épaisse. Dans cette dernière on rencontre de vastes lacunes lymphatiques, enveloppant en partie les culs-de-sac, dont elles sont séparées par du tissu fibreux. Goyne fait remarquer que cette disposition est favorable à la non-extension aux lymphatiques des tumeurs qui restent localisées aux culs-de-sac glandulaires. 11 faut en effet que le tissu fibreux qui entoure les culs-de-sac soit envahi par la production nouvelle pour que les vaisseaux lymphatiques soient pris à leur tour et servent à transporter aux ganglions les liquides et cellules qui infectent consécutivement les glandes axillaires.
Ajoutons que Giraldès avait depuis longtemps constaté la grande quantité des vaisseaux lymphatiques du sein et décrit en particulier ceux de la base de la glande qui forment comme un plexus caverneux. La base de la mamelle est en rapport avec le fascia super ficialis par l'intermédiaire d'un tissu conjonctif lâche qui figure dans quelques cas une bourse séreuse plus ou moins complète (Giraldès),
Les artères de la mamelle viennent de la mammaire externe ou longue thoracique, des intercostales aortiques et de la mammaire interne. Celte dernière atteint, pendant la lactation, un volume égal à celui de l'artère radiale. Les veines profondes accompagnent les artères. Les superficielles offrent souvent, au niveau de l'aréole, une disposition circulaire. Les vaisseaux lymphatiques se rendent dans les ganglions axillaires.
Inflammation aiguë. — Les inflammations de la région mammaire sont très variées ; elles se montrent après l'accouchement, pendant les premières périodes de la lactation, ou bien à la suite de contusions ou de tumeurs.
Les inflammations de l'aréole du mamelon, les gerçures de la peau, lesabcès tubéreux sous-cutanés do l'aréole sont assez communs pendant les premiers jours de l'allaitement.
(1) Labbé et Goyne, Traité des tumeurs bénignes du sein, in-8". Paris, 1876.