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PEMPHIGUS

Pempiiigus. — Le pempliigus est tantôt aigu, tantôt chronique. Le pemphigus aigu est comparable à une fièvre exanthématique; il est caractérisé par une éruption de bulles qui guérissent spontanément et ne se reforment plus. Le pemphigus chronique se divise en deux principales variétés. Dans l'une, les différentes bulles, après avoir suivi leur marche typique, se terminent par la reproduction de l'épidcrme à leur niveau: tel est \e pemphigus vulgaire. Lorsqu'on exa-

FiG. 26iî. — Bactéries du pemphigus (d'après Gibier).

mine la sérosité d'une bulle de cette variété de pemphigus recueillie avec soin, on y trouve des micrococci en chaînettes. L'urine en contient aussi. Dans l'autre, après la formation des bulles, l'épiderme ne se reconstitue plus à leur niveau; il se détache, et le chorion, mis à nu, apparaît rouge et suintant. Tel est \e pemphigus foliacé. Lorsque ce dernier a duré pendant un certain nombre de mois ou d'années, la surface de la peau est envahie dans presque toute son étendue; mais on n'y découvre aucune bulle parce que l'épiderme a perdu sa cohésion, s'élimine en squames et ne peut plus être soulevé. La surface de la peau est dénudée, rougie, excoriée, fendillée, humide et suintante par places, plus ou moins couverte de croûtes. Des bulles se développent sur la muqueuse des lèvres, des joues et même du pharynx. L'état général est très mauvais; souvent il existe de la fièvre hectique, et la maladie se termine habituellement par la mort.

Déjerine (1) a trouvé de la névrite parenchymateuse dans un cas de pemphigus aigu chez un individu atteint de paralysie générale. Leloir (2) a constaté une lésion des nerfs analogue chez un individu

(1) Archives de physiologie, 1876.

(2) Note lue à la Société de biologie, 1881, en commun avec Brocq, et article Trophûnévrose du Nouveau Dict. de médecine.

814 ANATOiWIE PATHOLOGIQUE DE LA PEAU.

atteint de myélite et de pemphigus aigu et dans le pemphigus chronique. Schwiramer a constaté les mêmes altérations, et P. Meyer (1) les a observées dans un fait de dermatite pemphigoïde mortelle.

Le pemphigus des enfants nouveau-nés, lorsqu'il est syphilitique, occupe la paume des mains et la plante des pieds; il correspond à la syphilide papuleuse que l'on observe si souvent dans les mêmes régions chez l'adulte et que l'on désigne sous le nom impropre de psoriasis (OUivier et Ranvier),

RupiA. — Cette éruption syphilitique débute par de larges soulèvements de l'épiderme par delà sérosité incolore ou teintée de sang, qui devient bientôt trouble et puriforme. La bulle, en se crevant, en laissant échapper un peu du liquide qu'elle contient et qui se concrète à sa surface, est bientôt recouverte d'une croûte. Les croûtes desséchées, restant en place à mesure que de nouvelles couches se forment par le même mécanisme au-dessous des premières, constituent une imbrication de croûtes grises ou noires qu'on a comparée à une écaille d'huître. Le rupia est l'éruption syphilitique qui présente les croûtes les plus épaisses, les plus larges, les plus noires et les plus caractéristiques. Sous la croûte, le corps papillaire et le derme sont en pleine suppuration et ulcérés. Le rupia, qui commence par une bulle, appartient aux syphilides pustulo-crusLacées ulcéreuses, qui se terminent après un temps assez long par des cicatrices déprimées.

ÉRUPTIONS PUSTULEUSES.

Le type des éruptions pustuleuses nous est fourni par la variole. Aussi donnons-nous à sa description tous les développements nécessaires, ce qui nous dispensera d'insister sur les pustules de l'ecthyma, qui présentent la même structure. Nous avons déjà mentionné les pustules de l'eczéma (impétigo), et nous n'y reviendrons pas. Les pustules de l'acné seront décrites à part, avec les inflammations des follicules pileux et des glandes, car, par leur mode de formation, elles se rattachent aux lésions de l'appareil pilo-sébacé.

Entre une pustule et une vésicule, il n'y a qu'un degré d'inflammation en plus ; la pustule n'est autre qu'une vésicule dans laquelle

(1) Virchow's Archiv, t. XCIV, p. 185.

VAIWOLE. HIT)

le liquide esl plus riche en cellules lymphatiques, plus épais, puriforme, en même temps que l'inflammation des papilles et du derme est plus intense et plus profonde.

Variole. — La variole est une afleclion fébrile, contagieuse, inoculable, caractérisée par une éruption pustuleuse plus ou moins généralisée de la peau et des muqueuses buccale, pharyngienne et respiratoire.

C'est une maladie générale à évolution déterminée, qui, après une phase d'incubation plus ou moins longue, passe par les quatre périodes d'invasion, d'éruption, de suppuration et de dessiccation,

La période d'invasion dure de deux à quatre jours. On voit parfois apparaître, dans le cours de cette période, des efflorescences cutanées, qui sont désignées]]sous le nom de rash. Le rash est constitué par des taches rouges, plus ou moins étendues, circonscrites ou générahsées, qui tantôt s'effacent à la pression (ra.sh hypérémique), tantôt ne pâlissent pas à la pression (rash hémorrhagique).

La période d'éruption débute lorsque apparaissent, à la face d'abord, puis au tronc et aux membres, des taches qui se transforment rapidement en papules, puis en vésicules. Les papules, pelites, acuminées, s'effacent par la pression pendant les deux premiers jours et sont quelquefois entourées par une aréole rouge due à une suffusion sanguine. Les papules sont tantôt séparées les unes des autres par des intervalles de peau saine (forme discrète), tantôt se touchent les unes les autres par leur circonférence (torme cohérente), tantôt enfin empiètent les unes sur les autres (forme confluente). C'est par l'éruption de la peau de la face qu'on juge si la variole est discrète, cohérente ou confluente. La suppuration commence du huitième au neuvième jour. Les vésicules se transforment en pustules qui sont pour la plupart déprimées à leur centre, ombiliquées. La suppuration s'accompagne d'un œdème sous-cutané. Dans la variole confluente, les lèvres sont épaissies, les paupières œdémateuses, les traits rendus absolument méconnaissables. Le pus des pustules cutanées se concrète à la surface sous forme de croûtes.

Des pustules se développent souvent sur les muqueuses de la bouche, delà langue, du pharynx, du larynx et de la trachée. C'est là l'origine des laryngites et des trachéites que l'on voit apparaître souvent dans le cours de la variole.

Les papulo-vésicules débutent par une congestion des vaisseaux

papillaires, un allongement des papilles et un œdème inflammatoire du corps muqueux.

FiG. 263. — I, coupe de la vésicule variolique à son début.

a, couche cornée; b, corps muqueux épaissi au niveau de la pustule; d, corps papillaire.

n, Vésicule variolique plus ancienne. Même signification des lettres.

Lorsqu'on examine une section d'une papulo-vésicule, on trouve, à la partie inférieure du corps muqueux, près du derme, à l'extrémité des papilles, des cellules mates, un peu granuleuses, dans lesquelles il est impossible de déceler la présence des noyaux par l'emploi des réactifs colorants. Ces cellules présentent des prolongements et offrent une certaine ressemblance avec les cellules que Wagner a décrites dans les fausses membranes diphthéritiques et qui ont subi une altération vitreuse. Ce sont là des cellules mortifiées, et ces altérations cellulaires, dont la connaissance est due aux travaux de Weigert, constituent ce que cet auteur appelle la nécrose initiale des cellules du corps muqueux. Cette lésion serait due, d'après Weigert, à la présence des bactéries, qui sont d'abord contenues dans les vaisseaux et dans les papilles. Telle est pour cet auteur l'altération initiale de la variole; toutes les autres modifications seraient secondaires et de nature inflammatoire. L'opinion de Weigert ne fut d'abord acceptée qu'avec beaucoup de réserve

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