LUPUS VULGAIRE
liii)(M'(iiloux. Il est lïiAmo diflicilc de ti'ouvcr des liibercules plus typiques el contenant aulanl de cellules géantes. Les îlots de petites cellules rondes avec des cellules géantes ne manquent jamais dans le lupus tuberculeux. Cette infiltration pathologique s'étend parfois
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FiG. 278. — Lupus tuberculeux (tirée du Traité de pathologie cutanée, de Vidal et Leloir).
e, corps muqueux de Malpiglii très épais coiffant des papilles hypertrophiées; /, faisceaux musculaires; d, tissu conjonctif; n, demie infiltré de petitcsjcellules ; c, cellules géantes; m, traînées d'inflammation autour des cellules adipeuses à la base du derme. — Grossissement de 30 d,amètrcs.
au tissu cellulo-adipeux, quand le lupus devient térébrant, et détermine la nécrose du périoste et des os, qui son détruits, comme le derme, dans les ulcérations envahissantes.
Lorsqu'on examine le détail des coupes du lupus avec de forts grossissements, en passant successivement de la superficie à la profondeur, on voit d'abord que l'épiderme est le plus souvent épais; dans la couche cornée on constate des stries colorées en rouge par
iG carmin. Le stratum lucidum, la couche granuleuse sont épaissis ainsi que le corps muqueux. Ce dernier présente souvent un grand nombre de cellules migratrices interposées aux cellules épithéliales. Dans les prolongements interpapillaires du corps muqueux, il existe quelquefois des globes de cellules cornées. Les papilles irrégulières, quelquefois très allongées et pointues, le plus souvent hypertrophiées dans tous les sens, présentent beaucoup de cellules migratrices et des cellules fixes tuméfiées.
Quelquefois le bourgeonnement des papilles est tellement prononcé etles prolongements interpapillaires du corps muqueux sont si longs et si larges que, lorsqu'on examine des coupes obliques ou transversales, on pourrait prendre le lupus pour un épithéliome tubulé à cellules pavimenteuses. Mais l'examen des coupes exactement perpendiculaires à la surface de la peau lèverait tous les doutes. On pourrait désigner ces lupus sous le nom de papillomateux.
Les papilles ni la surface du derme ne présentent de cellules géantes. Dans les follicules du derme, les cellules géantes sont de volume très variable; quelquefois elles sont tellement agglomérées et rapprochées les unes des autres, qu'elles forment de véritables foyers. Les grosses cellules géantes sont entourées de cellules épithélioïdes. D'autres fois elles sont isolées et entourées seulement de petites cellules rondes. Les cellules géantes possèdent un protoplasma grenu teinté en jaune par le picrocarmin et une couronne de noyaux plus ou moins nombreux, ovoïdes, globuleux ou minces : d'après Thin, les cellules géantes du lupus auraient toujours une origine vasculaire. Dans les follicules, le tissu conjonctif est formé de petits faisceaux ayant une apparence réticulée; autour d'eux on trouve des faisceaux de tissu fibreux épais.
Nous avons recherché les bacilles de la tuberculose dans douze cas de lupus enlevés sur le vivant et, bien que nous ayons examiné plusieurs coupes de chaque fragment enlevé, nous n'avons trouvé qu'une seule fois un bacille. Malassez, de son côté, a cherché inutilement les bacilles de la tuberculose dans plusieurs cas de lupus. Pfeiffer, Doutrelepont et Demme ont été plus heureux et en ont trouvé constamment. Nous reviendrons bientôt sur ces faits en étudiant la nature du lupus.
Le lupus iuhevculeuY. ulcéré, lupus exedens, résulte d'une inflammation plus intense des couches superficielles des papilles et du derme. Ces parties sont infiltrées d'une quantité considérable de cellules migratrices qui, par leur passage à travers les couches épi-
LUPUS KRYTIIÉMATEUX. 849
dermiques, détcrmiaeiil un ramoUissemenl, une deslrucliou des filamcnls qui unissent les cellules du corps muqueux, empêchent la formation de l'éléidine dans le stratum granulosiim et par suite la kératinisation des cellules. Tout l'épiderme tombe à un moment donné, les papilles suppurent et se détruisent ainsi que les follicules lupeux. Il se forme souvent, avant l'ulcération, des plilycténules purulentes situées dans l'épiderme, qui hâtent sa destruction et l'ulcération du derme. Quelquefois l'ulcération est précédée par une atrophie lente des cellules épidermiques (Larroque). Lorsque l'ulcéralion est formée, elle peut bourgeonner, se recouvrir d'une croûte noire, et, après l'élimination d'une certaine quantité de tissu lupeux, le derme subit une véritable sclérose cicatricielle. Le progrès de l'ulcération est alors arrêté.
2" Le lupus scléreux, d'après la description de Yidal et Leloir (1), a l'apparence de papillomes ou de verrues. Il est primitif ou consécutif au lupus tuberculeux. Il est caractérisé par des taches ou des saillies mamelonnées, rugueuses, inégales, hérissées d'excroissances verruqueuses, parfois cornées, séparées par des sillons et des fissures. Ces tumeurs se flétrissent à la longue en laissant une cicatrice déprimée. Sur les coupes, les nodules lupeux sont constitués surtout par des faisceaux de tissu conjonctif, disposés en lamelles concentriques. Ces faisceaux sont séparés par quelques cellules rondes. La sclérose débute à la périphérie de l'îlot, qui est envahi progressivement, de telle sorte qu'il ne reste plus de tissu embryonnaire qu'à son centre. Dans cette forme, les vaisseaux sont sclérosés. Dans certaines parties de la tumeur, surtout dans sa profondeur, on retrouve la texture du lupus tuberculeux avec ses cellules géantes.
3" Le lupus érythémateuoc est caractérisé par une infiltration diffuse du derme. L'inflammation est généralement superficielle, peu intense et montre une grande tendance à se locahser autour des glandes, ainsi que cela a été remarqué par Hébra, Kaposi, Vidal et Leloir. Les vaisseaux sanguins sont souvent très dilatés, et il en résulte parfois des hémorrhagies. Les glandes sébacées, entourées de tissu embryonnaire, sont elles-mêmes enflammées et sécrètent plus abondamment, ce qui donne au lupus un aspect spécial. Souvent les glandes s'oblitèrent, deviennent globuleuses, s'enkystent et déter-
(1) Société de biologie, 1882, p. 705.
minent un relief de la surface de la peau. L'épiderme se desquame, et, lorsque la lésion guérit par places, il se forme une dépression cicatricielle sans érosion.
4" Le lupus acnéique, dans lequel les glandes sébacées, fortement hypertrophiées, souvent enkystées, saillantes à la surface de la peau, enflammées et remplies d'un liquide trouble puriforme, s'ulcèrent
FiG. 279. — Lupus acnéique (tirée du Traité de pathologie cutanée, de Vidal et Leloir).
c, épidémie corné; m, corps muqueux ; /, tissu conjonctif ; i», vaisseau; e, follicule pileux oiiviennent se rendre les différents lobules hypertrophiés s d'une glande sébacée; presque tout le derme est infiltré de cellules rondes. — Grossissement de 80 diamètres.
et donnent lieu à une perte de substance et à une cicatrice déprimée comme celles de l'acné, constitue une espèce voisine de la précédente. Le derme est profondément infiltré et épaissi (voy. fjg. 279).
Lorsque Friedlander, Kôster, etc., eurent décrit le follicule tuberculeux avec ses cellules géantes et qu'il fut bien démontré que le lupus en offrait le type le plus parfait, on proclama l'identité du lupus et de la tuberculose ; le lupus fut considéré par quelques médecins comme étant une tuberculose locale de la peau. Telle est