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DILATATION DES BRONCHES. /O

Gomplèlement détruites. Souvent, à la siiiiacc des bronches dilatées, le tissu con jonctif forme des végétations ou papilles plus minces à leur sommet qu'à leur base, plus ou moins nombreuses, plus ou moins volumineuses et visibles à l'œil nu. Elles sont constituées par des fibres de tissu conjonctif séparées par des cellules de ce tissu et par des cellules lymphatiques. Elles sont limitées par la membrane basale et par le revêtement épithélial qui les coifïent complètement. Elles sont quelquefois groupées les unes à côté des autres, et, entre elles, à leur base, s'accumulent des cellules cylindriques pleines de mucus.

Le tissu conjonctif qui forme la charpente de la bronche, celui qui accompagne les glandes aussi bien que celui qui sert de soutien aux faisceaux de fibres lisses, est toujours épaissi, plus ou moins infiltré de cellules lymphatiques. Il se continue, à la périphérie de la. bronche, avec le tissu pulmonaire qui, à ce niveau, est presque constamment atteint d'inflammation chronique.

Les glandes muqueuses comprises dans les parois de. la bronche dilatée sont toujours elles-mêmes plus ou moins affectées; leurs culs-de-sac et leurs conduits excréteurs contiennent des cellules lymphatiques et des cellules muqueuses.

Pour étudier ce que deviennent les faisceaux musculaires, il est nécessaire d'examiner successivement des coupes longitudinales et transversales de bronches atteintes de dilatations ampullaires. Ces coupes doivent être faites de telle façon que les longitudinales, par exemple (fig. 35), comprennent k la fois une ou deux ampoules séparées par des parties réirécies. On y voit deux ou trois arcs de cercle à concavité interne correspondant aux ampoules, et séparés par des arêtes saillantes du côté de la muqueuse bronchique. En général, on ne trouve plus aucun faisceau de fibres musculaires dans les portions dilatées des ampoules. En se rapprochant au contraire des extrémités de Tare, il reste quelques-uns de ces faisceaux isolés et coupés en travers. Enfin, aux extrémités mêmes des arcs représentant la coupe des ampoules, au niveau de farête saillante que forme la bronche sectionnée dans le point rétréci entre deux ampoules, les faisceaux musculaires sont conservés. Or on sait que dans une bronche normale les faisceaux musculaires forment une tunique régulière, uniforme, d'égale épaisseur. Les faisceaux musculaires sont donc atrophiés au niveau des dilatations ampullaires des bronches.

C'est dans le segment de la bronche qui sépare les ampoules qu'on observe le plus ordinairement les végétations saillantes dont la des-

74 HISTOLOGIE PATIIOLOGIQUr; SPI':GIALE de l'appareil RESPinATOlRE.

criplion a été donnée plus haut. A la surface même des dilatations ampiillaires il est rare qu'on trouve de pareilles végétations.

La tunique fibreuse de la bronche, au niveau des dilatations ampullaires, est moins épaisse que dans les portions rétrécies. Elle présente une structure uniforme dans toute son épaisseur; elle est formée de faisceaux de tissu conjonctif parallèles entre eux et séparés par des lits de cellules plates. Elle se limite du côté de la muqueuse par la membrane basale et le revêtement épithélial, du côté du tissu pulmonaire par un tissu fibreux de nouvelle formation.

L'observation de coupes transversales des bronches faites suivant l'équateur des dilatations ampullaires ou progressivement dans les parties moins dilatées jusqu'aux portions étroites qui séparent les ampoules, confirme la description qui précède. Dans les premières, onne voit pas trace de muscles lisses ; dans les dernières, on trouve des faisceaux musculaires assez volumineux dont les fibres sont transversales.

Il est facile, d'après les données précédentes, de se rendre compte du mode de formation et de l'évolution de la lésion. A la suite d'une bronchite intense et de longue durée qui aura compromis la paroi d'une bronche dans toute son épaisseur, les fibres élastiques et les cellules musculaires étant en partie détruites, la bronche se laissera dilater.

Dans la description histologique qui précède, nous avons eu surtout en vue les dilatations des bronches dont le diamètre est supérieur à 1 millimètre. 11 nous reste à indiquer les détails de structure relatifs aux dilatations comprises sur le trajet de bronches plus petites. Ces dilatations, en forme d'ampoule, sont souvent situées à la surface du poumon au-dessous de la plèvre. Leur surface interne baignée de pus ou de muco-pus ne permet pas toujours de les reconnaître sûrement à l'œil nu. Elles communiquent, il est vrai, avec une bronche, mais elles ressemblent beaucoup à des cavernes tuberculeuses. On inclinera à croire à une dilatation bronchique si la surface en est lisse, régulière, si l'on y découvre des filaments élastiques nacrés. On en aura la preuve si l'examen microscopique de coupes faites perpendiculairement à la surface de la cavité montre un revêtement plus ou moins régulier de cellules cylindriques et une membrane basale. La paroi d'une pareille poche ne montrera rien autre que du tissu conjonctif embryonnaire si la lésion esl assez récente, lamellaire si elle est ancienne.

DIL.\TATinN DES BRONCIIKS. i5

Les diiatalions des bi'onches lobulaires sont consécutives à des bronchiles capillaires probablement accompagnées de noyaux de pneumonie lobulaire, que la lésion primitive ail été purement inllammatoire ou de nature tuberculeuse. 11 est infiniment probable que ces dilatations succèdent non seulement à la bronchite, mais à de la péribronchite suppurative ayant détruit tout un lobule et terminée par de la pneumonie interstitielle.

Lorsque la muqueuse de la bronche dilatée est le siège d'un catarrhe intense et puriforme, elle devient rouge, elle perd son poli, se vascularise, s'épaissit et se couvre d'un grand nombre de petites végétations papillaires.

Lorsque la formation des globules de pus est très abondante, l'épithélium tombe, et il se produit une ulcération plus ou moins étendue et plus ou moins profonde. La cavité contient un muco-pus épais, mal lié. La muqueuse n'existe plus, on ne voit plus trace delà structure primitive de la bronche.

La surface de la cavité offre quelquefois une couche grisâtre adhérente, formée de tissu conjonctif envoie de mortification et imprégné de globules de pus plus ou moins granuleux. C'est là une gangrène superficielle qui donne lieu pendant la vie du malade à une haleine extrêmement fétide, et qui résulte de ce que, sous l'influence d'une infiltration purulente excessive, les vaisseaux sanguins sont comprimés. Alors le sang s'y coagule, les tissus privés de nutrition meurent et se décomposent en présence de l'air pour former des produits putrides. Le pus prend une couleur gris jaunâtre et une certaine fluidité ; les globules de pus se remplissent de granulations graisseuses, et l'on trouve souvent à côté d'eux des cristaux de margarine, de cholestérine, de leucine et de lyrosine. Il se mêle facilement à l'eau, ce qui indique qu'il contient peu de mucine. Il se sépare bientôt en trois couches, l'une supérieure, écumeuse et aérée, une moyenne claire, une inférieure opaque contenant les éléments solides, c'est-à-dire les globules de pus et les cristaux précédents. Les crachats présentent les mêmes caractères.

En présence de ces cavités creusées dans le poumon, on pourra se demander si ce sont des dilatations bronchiques ou des cavernes tuberculeuses. A ce propos, nous ferons remarquer qu'on observe souvent des bronches dilatées en même temps que des cavernes en voie de formation. De plus, dans le tissu pulmonaire induré qui constitue la paroi de dilatations bronchiques parfaitement caraclé-

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risées, on trouve souvent des granulations tuberculeuses anciennes, fibreuses ou constituées par un tissu fibreux infiltré de pigment noir au milieu duquel se trouvent des cellules géantes parsemées elles-mêmes de granulations mélaniques.

Aussi faut-il toujours, lorsqu'on rencontre des dilatations bronchiques dans une autopsie, se demander s'il existe des tubercules pulmonaires à un degré plus ou moins avancé de leur évolution. On sait que la tuberculose est une cause fréquente des dilatations bronchiques, mais on n'a pas déterminé dans quelle proportion elle contribue à leur développement.

Les lésions qui appartiennent en propre aux dilatations bronchiques ou qui sont causées par elles ont une marche lente. Il peut arriver que la paroi d'une bronche dilatée se calcifié (Schrâder). Plus souvent des bronches dilatées et isolées du reste de l'arbre bronchique, dans le sommet induré d'un poumon par exemple, sont remplies d'une masse jaunâtre, presque solide, formée de pus caséeux; après avoir enlevé le contenu, on reconnaît la structure de la paroi bronchique qui est plus ou moins modifiée.

Ulcérations des bronches. — Des ulcérations superficielles des bronches s'observent dans les bronchites intenses qui accompagnent les abcès métastatiques du poumon, dans l'infection purulente, la fièvre puerpérale, la fièvre typhoïde, la morve, etc.; d'autres fois elles succèdent à des pustules varioliques ; mais leurs causes les plus fréquentes sont la tuberculose et la gangrène pulmonaire (voyez plus bas).

Les abcès, la gangrène et les tubercules du poumon peuvent déterminer des perforations des bronches; il en est de môme des ulcérations bronchiques quelle que soit leur forme.

Ajoutons aussi, comme causes de perforations, les anévrysmes de l'aorte, les tumeurs (carcinome, épilhéliome, sarcome), la pleurésie et les suppurations de ganglions bronchiques atteints de dégénérescence caséeuse.

Tumeurs des bronches. — Rokitansky a observé une fois un lipome développé dans le tissu cellulaire sous-muqueux de la bronche gauche et faisant saillie dans son intérieur.

Uincrustalion calcaire et Y ossification vraie des cartilages bron^

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