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NOYAUX DE PNEUMONIE LOBULAIRE

vent aussi la phlhisie pulmonaire, ainsi que nous le verrons bientôt.

Ses différentes lésions sont la bronchite généralisée, les dilatations bronchiques, la, bronchite lobulaire et les noyaux de pneumonie lobulairc, les abcès péribronchiques, les grains jaunes, les vacuoles, la splénisation, pneumonie calarrhale ou épithéliale , la pneumonie fibrineuse lobulaire ou pseudo-lobaire, la congestion pulmonaire, l'atélectasie, l'emphysème et la pleurésie.

Parmi ces lésions qui existent à des degrés variables et qui sont loin d'être toujours réunies dans le même poumon, il en est qui nous sont déjà connues et sur .esquelles nous n'avons pas à revenir : tels sont la congestion pulmonaire, l'atélectasie, la dilatation des bronches et l'emphysème ; mais nous devons décrire toutes les autres. Après l'étude de ces lésions considérées isolément, nous indiquerons quel est leur groupement et quelles sont les formes anatomiques et cliniques les plus habituelles de la m.aladie envisagée dans son ensemble.

A. Bronchite lobulaire et noyaux de pneumonie lobulaire. — Nous avons déjà décrit les lésions essentielles de la bronchite lobulaire intense (voy. p. 66). On a vu que les divisions et subdivisions de la bronche lobulaire et des bronchioles acineuses sont remplies et distendues par des cellules lymphatiques ; que le revêtement épithélial est en partie désintégré, en même temps que la paroi bronchique tout entière est infiltrée de cellules lymphatiques. Les éléments musculaires de la paroi sont dissociés par le pus et souvent détruits sans retour. En même temps les infundibula qui leur font suite et les alvéoles qui s'ouvrent dans ces derniers se remplissent de cellules lymphatiques et de cellules épithéliales desquamées, granuleuses , rondes ou cubiques et possédant souvent plusieurs noyaux. Tout le long de la bronche principale du lobule et de ses divisions, et à l'extrémité de ces dernières, les alvéoles pulmonaires qui sont en contact avec les canaux bronchiques et qui se continuent avec eux sont pleins de cellules lymphatiques et de cellules épithéliales. Toutefois, comme l'inflammation s'est propagée par la bronche centrale du lobule, c'est autour d'elle que l'inflammation débute dans les alvéoles pulmonaires et qu'elle restera toujours le plus intense. Bientôt en effet, les alvéoles qui entourent la bronche lobulaire et ses divisions présentent dans leur intérieur un exsudât fibrineux, sous forme de fines fibrilles englobant des cellules lymphatiques. Autour de cette zone de pneumonie fibrineuse péribronchique, ou observe

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une autre zone dans laquelle les alvéoles contiennent des cellules lymphatiques, des globules rouges et des cellules épilhéliales tuméfiées, adhérentes à leur paroi ou libres dans leur cavité. L'inflammation va ainsi en s'alténuant jusqu'à la limite du lobule.

Si, après avoir fait durcir dans le liquide de Miiller, la gomme et l'alcool, des noyaux de pneumonie lobulaire à leur début, on en pratique des coupes étendues qu'on examine à un faible grossissement, on voit, dans l'espace qui correspond à un lobule, une ou plusieurs zones opaques dans lesquelles les alvéoles pulmonaires sont complèlemenl remplis d'un exsudât fibrineux. Au centre de chacune d'elles se trouve la section d'une bronche et de l'artère pulmonaire qui l'accompagne : ce sont les nodules péribronchiques de Gharcot. Si la section est perpendiculaire à la bronche, on voit, au centre du nodule, la coupe de la bronche reconnaissable à sa bordure interne de cellules cylindriques ; sa lumière est remplie de globules de pus. La paroi fibro-musculaii'e de la bronche et sa gaine celluleuse sont infiltrées de cellules lymphatiques et transformées en une large bande circulaire dans laquelle il est impossible de reconnaître les éléments

tiG. 44. — Section d'un nodule de pneumonie lobulaire (d'après Balzer).— b, coupe de la Iji'onclie remplie de cellules lymphatiques ; a, son revèlement cpilliclial formé d'i cellules cylindriques; V, coupe d'une branche de l'arlcre pulmoi)aire; d, espace péribronchique rempli de cellules lymphatiques ; m, zone formée d'alvéoles remplis d'un exsudât librineux; e, 7onc périphérique dans laquelle les alvéoles sont atteints de pneumonie calarrliale. — Grossisscmoiit de 20 diamètres.

normaux. On n'y voit plus que des cellules lymphatiques séparées par quelques fibrilles de tissu conjonctif et par des capillaires pleins de sang. L'artère pulmonaire existe en un point de cet espace péribronchique. Les alvéoles pulmonaires voisins de la bronche sont remplis d'un exsudât fibrineux; autour de cette zone de pneumonie

NOYAUX DE PNEUMONIE LOnULAIRE. iOt

fibrineuse, les alvéoles contiennent simplement des cellules lymplialiqvies et épithélioïdes (voy. fig. -i'i).

Dans un slade plus avancé de l'intlammation, la bande de tissu conjonctif infiltré de pus, qui circonscrit la lumière de la bronche, est encore plus épaisse, plus bourrée de cellules; les vaisseaux capillaires ne contiennent plus que des cellules lymphatiques, et la suppurati'.m a détruit complètement la paroi de la bronche. Quelquefois les alvéoles pulmonaires contigus à la bronche sont remplis de globules de pus, et la fibrine qu'ils contenaient primitivement est devenue granuleuse. Les cloisons de ces alvéoles se ramollissent et se détrr.isent à leur tour, et il se fait ainsi tout le long des bronchioles acineuses et de la bronche intralobulaire un abcès péribronchique. Nous reviendrons bientôt sur cette lésion.

Ainsi, dans un lobule enflammé, nous trouvons plusieurs nodules péribronchiques présentant la configuration, très bien indiquée par Baizer, de leurs zones successives de pneumonie fibrineuse et de pneumonie catarrhale ou de congestion. Les alvéoles atteints de pneumonie fibrineuse sont comprimés et aplatis par la pression qu'exerce sur eux la paroi épaissie de la bronche. Tout le lobule est envahi par l'inflammation catarrhale ou splénisalion.

Quelquefois aussi le tissu conjonctif périlobulaire est épaissi et présente une certaine quantité de cellules lymphatiques. Si les lobules atteints par la pneumonie lobulairc siègent à la périphérie du poumon, immédiatement sous la plèvre, et si l'on en lait une section perpendiculaire à la surface de la séreuse, il est facile de s'assurer que le tissu conjonctit qui limite le lobule du côté de la plèvre est enflammé. De plus, les vaisseaux lymphatiques sous-séreux sont toujours remplis, au niveau des lobules malades, de cellules lymphatiques en grand nombre et quelquefois de iibrine coagulée sous forme de fibrilles entre-croisées. Enfin la plèvre, qui tapisse les nodules superficiels de pneumonie, présente toujours les signes anatomiques d'une pleurésie caractérisée par une i^xsudation de fibrine coagulée et formant un réseau dans les mailles duquel sont englobées des cellules lymphatiques.

Les nodules de pneumonie lobulaire, dont nous venons d'indiquer les détails histologiques, sont caractérisés à l'œil nu par un engouement et par une induration de leur tissu. Lorsqu'on les a bien séparés des parties voisines, ils plongent ou restent entre deux eaux

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lorsqu'on les place dans un vase rempli d'eau. Leur couleur est variable; elle est rouge foncé au début de l'inflammation, grise ou un peu jaunâtre lorsque l'inflammation est à un stade plus avancé. Lorsqu'ils siègent à la périphérie du poumon, ils font une saillie très évidente sous la plèvre. L'insufflation y fait généralement pénétrer un peu d'air, mais sans leur donner l'aspect du tissu pulmonaire normal. Lorsqu'on les fend, on voitla bronche'centrale dilatée, pleine d'un pus jaunâtre et crémeux. Leur surface de section est généralement lisse, quelquefois granuleuse par places, de couleur rouge, grise ou jaunâtre, et ils laissent écouler un peu de liquide coloré par le sang ou par le pus.

Ces nodules sont habituellement de la grosseur d'un lobule pulmonaire; ils peuvent atteindre la grosseur d'une noisette ou même la dépasser par suite de la réunion de plusieurs d'entre eux. Ils sont entourés par le tissu pulmonaire qui est tantôt très congestionné, rouge sur une surface de section, tantôt simplement rosé.

B. Abcès péribronchiques, grains jaunes, vacuoles. — L'infiltration de la paroi des bronches intralobulaires par une grande

FiG. 45. — Coupe d'une bronche siippurde et entouroo de tissu puimoiiiiiic en suppuriilion. — c, pus contenu dans la bronche; a, d, paroi de la bronche infiltrée de pus (espace péribronchique). Le tissu pulmonaire qui entoure la bronche, p, m, est en pleine supjturalion ; m, contenu, et n, paroi des alvc'olcs qui contiennent un exsudât fibrineux; o, exsudât fibrineux intra-alvéolalre. Les alvéoles voisins de la bronche sont aplatis par compression. — Grossissement de 25 diamètres.

quantité de cellules lymphatiques conduit directement à la formation d'abcès péribronchiques ; il suffit pour cela que la lésion s'étende

ABCÈS PÊRIBRONCHIQUES. 103

et que la suppuration gagne les alvéoles voisins après avoir détruit la paroi de la bronche. C'est ce qui arrive quelquefois. Au milieu des nodules de pneumonie, nous avons trouvé récemment, chez une jeune femme morte à la suite de la rougeole, des grains jaunes ou de petits abcès ayant la forme ramitiée et tubulaire des bronches. Sur les coupes de ces pièces durcies, on voyait, au centre de l'abcès, du pus coagulé (voy. fig. 4-5) ; la paroi bronchique, qui ne présentait plus aucun vestige des cellules cylindriques, était épaisse et formée presque entièrement de cellules lymphatiques. Cependant on y découvrait, à un fort grossissement, quelques fibrilles de tissu conjonctif et élastique. Elle rappelait par sa disposition la bande infiltrée de pus qui limite la bronche enflammée (voy. fig. 44) dans le nodule péribronchique ; à la périphérie, on voyait des alvéoles pulmonaires pleins de cellules lymphatiques, privés en partie de leurs cloisons et se confondant avec la masse de pus qui avait pris la place de la paroi bronchique,

A la limite de ces abcès péribronchiques, il existait une zone formée d'alvéoles pulmonaires remplis d'un exsudât fibrineux. Ces alvéoles étaient très manifestement comprimés par l'abcès et aplatis dans le sens de cette. compression. Enfin, autour de cette zone de pneumonie fibrineuse, il y avait de la pneumonie catarrhale.

Dans d'autres points de ces abcès péribronchiques, il n'était plus possible de reconnaître le moindre vestige de la paroi primitive des bronches qui en avaient été le point de départ, et la cavité de l'abcès était circonscrite par des alvéoles atteints de pneumonie suppurée. A la limite de ces abcès, on ne voyait plus de globules rouges dans les vaisseaux capillaires, et ces derniers, en voie de destruction, contenaient seulement quelques globules blancs.

Ces abcès péribronchiques, dont le mécanisme a été très bien décrit par Damaschino, Balzer et Joffroy, déterminent, lorsqu'ils arrivent à la surface de la plèvre, une pleurésie et même quelquefois une perforation de cette membrane.

Les grains jaunes ou granulations purulentes peuvent, comme il vient d'être dit, résulter de la suppuration péribronchique ou suppuration de plusieurs infundibula terminaux en communication avec une bronchiole acineuse enflammée. Lorsqu'on pique une de ces petites granulations avec la pointe d'un scalpel, il s'écoule une gouttelette de pus bien lié, ce qui les différencie des tubercules avec lesquels on pourrait les confondre»

Les vacuoles, lésions forl rares du reste, sont des cavités non anfractueuses situées à la surface du poumon ou dans sa profondeur, communiquant avecles bronches dont elles sont la continuation, et contenant, soit de l'air, soit du muco-pus, soit des gaz et du pus à la fois. Elles sont du volume d'un pois à un œuf de pigeon. Les auteurs qui les ont signalées les regardent soit comme des bulles d'emphysème (Rilliet et Barthez, Hardy et Béhier, Vulpian), soit comme des bronches dilatées ou des abcès bronchiaux (Gairdner, Balzer), soit comme des abcès (West, Damaschino).

G. Pneumonie catarrhale, pneumonie épithéliale , splénisation. — On désigne sous les noms de pneumonie catarrhale, de pneumonie épithéliale ou splénisation, un état anatomique du poumon dans lequel les alvéoles pulmonaires sont plus ou moins complètement remplis de cellules épithéliales modifiées et d'un certain nombre de globules blancs et de globules rouges au milieu d'un exsudât liquide granuleux. Cet état ne diffère de la congestion inflammatoire que par la quantité beaucoup plus considérable des cellules épithéliales et des cellules lymphatiques épanchées dans les alvéoles pulmonaires. La pneumonie catarrhale entre pour une part dans la formation des noyaux de pneumonie lobulaire que nous venons de décrire, et elle existe toujours à la périphérie de ces noyaux, c'est-à-dire autour de la zone de pneumonie fibrineuse ou suppurée, qui est directement en contact avec la bronche. La pneumonie catarrhale s'étend toujours plus ou moins loin autour des noyaux de pneumonie lobulaire, et elle se continue en s'atténuant dans le parenchyme pulmonaire congestionné.

Mais de plus il existe presque toujours, dans d'autres points du poumon atteints de bronchopneumonie, et plus spécialement dans les lobes inférieurs, au bord postérieur du poumon ou dans la partie inférieure de son lobe supérieur, des masses de pneumonie catarrhale plus ou moins considérables.

Les parties altérées présentent un aspect variable suivant l'ancienneté de la lésion, de telle sorte qu'on peut distinguer trois degrés dans son évolution.

Dans le premier degré, la surface du poumon est rouge foncé et modérément tendue; son tissu est mollasse, plus lourd, qu'à l'état normal, peu ou point crépitant, résistant sous le doigt qui cherche à l'enfoncer; tantôt le poumon plonge lentement au fond de l'eau,

PNEUMONIE C.VTARRHALE.

tantôt il reste entre deux eaux. Lorsqu'on l'insuffle, il se laisse un peu pénétrer par l'air et, en certains points, il (levient rosé, sans reprendre loulefois son apparence normale. Sur une surface de section, on voit sortir des petites bronches un liquide muco-purulent, opaque et contenant quelques bulles d'air; la surface sectionnée se recouvre d'une nappe d'un liquide opaque sanguinolent; après qu'on l'a essuyée, on voit qu'elle est uniformément colorée en rouge, et qu'elle ne présente pas de granulations. Cette apparence du poumon le fait ressembler au tissu de la rate, d'où le nom de splénisation qui lui a été donné. Il n'y a pas de différence notable entre cet état et l'engouement pulmonaire, tel qu'il existe au début de la pneumonie lobaire aiguë que nous étudierons bientôt.

A l'examen microscopique des coupes de pièces durcies, on voit que les vaisseaux capillaires qui rampent sur les cloisons alvéolaires sont turgides et font saillie dans l'intérieur d(3s alvéoles. Quelques cellules épithéliales tuméfiées, granuleuses, de forme globuleuse ou irrégulières, avec des angles mousses, sont encore çàet là adhérentes à la paroi des alvéoles. Beaucoup de ces cellules sont détachées et

FiG. 4(). — SoiUion ilu poumon alleinl de piicuiuonic cal;iri"h:ile nu promior ilc;^ro, — a, a, vaisseaux capillaires remplis de globules rouges et saillants dans les alvéoles pulmonaires; 6, b, cellules lymphatiques épanchées dans les alvéoles; g, globules rouges du sang; c, c, cellules épithéliales turgides et en train de se desquamer. — Grossissement do 300 diamètres.

libres dans l'alvéole, où elles sont tantôt polyédriques, tantôt spliériques. Elles possèdent un noyau ovoïde ; quelques-unes contiennent deux ou trois noyaux. A côté de ces éléments, il existe des globules

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rouges et quelques cellules lymphatiques granuleuses et grosses. La cavité alvéolaire est remplie de ces éléments qui siègent au milieu d'un liquide contenant des granulations fines.

Dans un second degré, la couleur du poumon malade est moins rouge ; son tissu est plus imperméable à l'air et il plonge plus rapidement dans l'eau; cependant l'insufflation peut encore y faire pénétrer un peu d'air; sa surface de section laisse écouler moins de liquide lorsqu'on presse le tissu entre les doigts. Ce liquide est moins coloré en rouge par le sang ; il est grisâtre et mélangé de petits grumeaux opaques. Après avoir essuyé la surface de section, on voit que le tissu pulmonaire a une couleur rosée, pointillée de gris. Parfois on y distingue, lorsqu'on le regarde avec attention, de petites taches grisâtres, plus petites que les granulations de la pneumonie lobaire aiguë et non saillantes. Les bronches contiennent un exsudât muco-purulent.

L'examen au microscope des coupes de ces parties du poumon permet de constater que les vaisseaux capillaires des alvéoles sont moins remplis de globules rouges que dans le cas précédent. Ces éléments sont aussi plus rares dans l'intérieur de l'alvéole. Les cavités alvéolaires sont pleines de cellules épithéliales tuméfiées et libres, irrégulièrement polyédriques ou sphériques, à protoplasma granuleux, possédant souvent deux ou trois noyaux, et de quelques cellules lymphatiques. C'est là le type delà pneumonie épithéliale. Il est rare qu'on rencontre dans quelques alvéoles un fm réticulum de fibrine.

Arrivée à celte période qui dure plus ou moins longtemps, la pneumonie catarrhale peut se résoudre. Les cellules épithéliales et les cellules lymphatiques qui n'ont pas été expectorées deviennent granulo-graisseuses, se déforment, se fragmentent et sont résorbées sous forme de granulations par l'intermédiaire des vaisseaux lymphatiques. Des cellules s'appliquent contre la paroi des alvéoles et restent encore pendant un certain temps tuméfiées avant de s'aplatir et de revenir à l'état normal.

La pneumonie catarrhale se termine quelquefois par la suppulalion. Sur une surface de section, le poumon donne alors une nappe de liquide puriforme, et les alvéoles sont remplis de cellules lymphatiques.

11 arrive parfois que des masses de pneumonie catarrhale persistent

NOYAUX DE PNEUMONIE FIDUINEUSE. t07

pondant des mois et même pendant un an ou davantage. Elles sont alors tantôt de couleur jaunâtre, tantôt de couleur grise, hépatisées et imperméables à l'air; elles présentent sur une surface de section une couleur grise en même temps qu'une sécheresse remarquable et très peu de vascularisation. Les îlots de pneumonie catarrhale chronique sont tout à fait semblables aux masses de la pneumonie caséeuse de la tuberculose, et cependant ils existent quelquefois sans qu'il y ait de tubercules. Nous en avons observé un fait chez un enfant de trois ans, syphilitique, et qui avait toussé et présenté des signes de bronchopneumonie depuis le second mois de sa naissance. Dans ce cas, les lobules jaunâtres et secs présentaient, sur des coupes, des alvéoles remplis de petites cellules atrophiées, contenant elles-mêmes de fines granulations graisseuses; leurs capillaires étaient petits ou atrophiés, sans globules rouges; les cloisons alvéolaires n'étaient pas épaissies. Dans des lobules gris ou rosés, les alvéoles contenaient des cellules épithéliales rondes ou irrégulièrement polyédriques et quelques cellules lymphatiques. Les bronches lobulaires étaient tapissées d'un épithélium à cils vibratiles et remplies de cellules lymphatiques. Autour de ces bronches, on trouvait une zone épaisse de tissu fibreux vascularisé de nouvelle formation.

D. Nodules de pneumonie fibrineuse. — On trouve quelquefois des lobules de bronchopneumonie disséminés, plus ou moins nombreux, dans lesquels le tissu altéré présente à l'œil nu et au microscope les caractères de la pneumonie fibrineuse ou pneumonie lobaire aiguë. Il existe quelquefois aussi en même temps une hépatisation complète de la partie inférieure des lobes pulmonaires. La répartition de cette lésion est différente de celle qu'on observe dans la pneumonie fibrineuse lobaire aiguë, mais l'altération est la même. Le tissu est imperméable à l'air, il présente à l'œil nu, sur une section, l'apparence granitée et les grains rosés ou gris de la pneumonie fibrineuse. Sur les coupes examinées au microscope, les alvéoles pulmonaires se montrent distendus par un exsudât fibrineux dont les fibrilles enserrent dans leurs mailles des cellules lymphatiques. Nous renvoyons, par conséquent, pour plus de détails, à la pneumonie fibrineuse que nous étudierons plus loin. La marche et les symptômes de cette maladie sont les mêmes que ceux de la bronchopneumonie.

Nous avons vu que le tissu conjonctif qui accompagne les bron-

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ches et. l'artère pulmonaire dans les lobules malades et que les cloisons fibreuses qui circonscrivent les lobules étaient souvent très enflammés et infiltrés de cellules lymphatiques dans la bronchopneumonie. Mais les cloisons des alvéoles ne sont pas épaissies, et dans cette maladie il n'y a pas, à proprement parler, de pneumonie interstitielle.

La plèvre est toujours enflammée à un certain degré toutes les fois qu'une pneumonie catarrhale assez étendue siège immédiatement sous la membrane séreuse. Cette pleurésie est généralement très légère, sans épanchement, caractérisée seulement par un état trouble et un léger épaississement de la plèvre viscérale qui est alors recouverte d'une couche très mince de fibrine. Cependant il est des cas, dans la bronciiopneumonie de la fièvre typhoïde notamment, où la pleurésie est plus intense; déplus, lorsque des noyaux de pneumonie lobulaire suppurée sont situés sous la plèvre, ils peuvent déterminer une pleurésie aiguë plus ou moins généralisée.

Ce qui distingue la bronchopneumonie, c'est, en premier lieu, nous le répétons, que l'inflammation des bronches lobulaires en est le point de départ et que les lésions inflammatoires les plus anciennes et les • plus intenses occupent les parois de ces conduits et leur pourtour. En second lieu, les lésions multiples, la congestion, l'atélectasie, les noyaux de pneumonie lobulaire, la pneumonie catarrhale diffuse, sont irrégulièrement distribuées et elles atteignent simultanément ou successivement les deux poumons. Ces caractères en font une espèce tout à fait distincte et différente de la pneumonie lobaire.

Ajoutons que la bronchopneumonie emprunte souvent à la spécificité de la maladie qu'elle complique des caractères tout particuliers. On trouvera, par exemple, dans la bronchopneumonie consécutive à la diphthérite, des fausses membranes diphthéritiques avec leur rôticulum fibrincux et leur microsporon dans les grosses et petites bronches; dans la variole, des pustules ou des fausses membranes des bronches présentant la structure que nous avons indiquée. Dans la fièvre typhoïde, il existe parfois des infarctus pulmonaires caséeux ou en suppuration, et quelquefois des pseudo-membranes à la surface des bronches. Lorsque, dans ces diverses maladies, on examine au microscope l'exsudat contenu dans les alvéoles pulmonaires, on y trouve des spores de micrococus isolés ou réunis deux par deux ou en chapelet et souvent aussi de petits bâtonnets, éléments qui lous sont animés de mouvement. Dans les maladies infectieuses.

LÉSIONS DES FinilES ÉLASTIQUES DU POUMON. 109

lièvre puerpérale, septicémie, elc., les alvéoles contiennent des vibrions et le poumon atteint de bronchopneumonie est souvent parsemé d'abcès miliaires.

Dans nn cas de bronchopneumonie observée à l'autopsie d'un sujet

FiG. 47. — Altérations des fibres élastiques dans un cas de bronchopneumonie.

A, fibres élastiques limitant un alvoole pulmonaire. Elles ont conservé dans leur configuration générale la forme circulaire de l'alvéole, bien qu'elles soient entièrement réduites en petits fragments. — Grossissement de 200 diamètres.

B, un fragment de ce tissu élastique vu à un grossissement de 450 diamètres.

C, aspect que présentent les petites fibres et les gros faisceaux fragmentés; a, tissu conjonctif de la paroi d'un alvéole.

D, paroi fiforo-élastique qui sépare deux alvéoles pulmonaires; f, fibres élastiques; e, tissu conjonctif et novaux appartenant à un vaisseau. Le tissu conjonctif qui entoure le tissu élastique présente des granulations graisseuses. — Grossissement de 150 diamètres.

syphilitique mort dans le service de M. Bouchard à la Charité (1878),

110 HISTOLOGIE PATHOLOGIQUE SPÉCIALE DE l'APPAREIL RESPIRATOIRE.

nous avons trouvé une altération des fibres élastiques du poumon. Les faisceaux de fibres élastiques étaient épais, réfringents, vitreux, rigides, fragmentés par des cassures nettes, transversales ou irrégulières; ils étaient souvent dissociés en long, et les fibres isolées présentaient cette même réfringence, cette même tuméfaction, la même facilité à se casser et à se fragmenter en molécules. La plus grande partie des fibres élastiques des portions du poumon atteintes de bronchopneumonie était altérée. Ces fibres élastiques n'étaient modifiées par aucun réactif; l'acide acétique cependant les gonflait un peu et rapprochait les points fracturés de façon à rendre moins visibles les interstices qui séparaient les fragments. Les préparations obtenues après durcissement dans le liquide de Millier, la gomme et l'alcool, ont montré les mêmes lésions qui, dans les parties où elles étaient le plus prononcées, coïncidaient avec une période régressive de la pneumonie catarrhale et avec une atrophie partielle des vaisseaux capillaires.

Formes cliniques de la bronchopneumonie. — Nous avons surtout étudié jusqu'ici les lésions diverses de la bronchopneumonie prises en particulier ; il nous reste à exposer les types anatomiques suivant lesquels ces lésions se groupent habituellement et qui répondent à des formes cliniques déterminées.

a. — La forme de bronchopneumonie aiguë la plus rapidement fatale est le catarrhe suffocant; sa lésion anatomique essentielle est la bronchite capillaire, c'est-à-dire l'inflammation suppurative aiguë des bronches de tout calibre. A l'autopsie on trouve en outre, dans les poumons, des noyaux de bronchopneumonie, de la pneumonie catarrhale à la base des poumons, de l'atélectasie à leurs bords, de l'emphysème qui s'est produit très rapidement, et une congestion pulmonaire généralisée et très intense.

b. — Dans un autre type plus commun de bronchopneumonie aiguë, la pneumonie catarrhale domine : c'est la pneumonie lobulaire généralisée de Barrier, la bronchopneumonie à forme pseudolobaire de Damaschino, la spléno-pneumonie de Joff"roy. La partie postéro-inférieure des deux lobes inférieurs du poumon ou ces lobes dans toute leur étendue sont envahis par la pneumonie catarrhale; le sommet et la partie antérieure des lobes supérieurs sont quelquefois emphysémnteux, mais il n'y a de pneumonie catarrhale qu'à la partie inférieure de ces lobes. Des îlots affaissés d'atélectasie se remarquent

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