GRANULATIONS TUDKRCULEUSES DU PARENCHYME PULMONAIRE
que le nodule tuberculeux consiste habituellement dans un groupe d'alvéoles pulmonaires remplis de petits éléments sphériques agglomérés. Ces éléments, pressés les uns contre les autres ou séparés par des fibrilles, du volume des cellules lymphatiques normales ou atrophiées, siègent dans l'intérieur des alvéoles qu'ils remplissent. La limite de ces cavités est marquée par les fibres élastiques des cloisons, mais on ne reconnaît plus, le long de ces cloisons, les capillaires normaux. Il n'existe de globules rouges épanchés ni dans l'alvéole ni dans les cloisons interalvéolaires. Le contenu des alvéoles adhère complètement à leur paroi. Les petites cellules qui s'y trouvent sont agglutinées les unes avec les autres et forment par leur adhésion une masse compacte qui se colore plus lentement que les cellules de l'exsudat pneumonique récent par le picrocarminate ou la purpurine. Cependant elles finissent par se colorer très nettement, quand on laisse agir assez longtemps ces substances tinctoriales, lorsque, par exemple, on a placé les coupes pendant vingtquatre heures dans la solution de purpurine ou qu'on les a baignées pendant deux ou trois heures dans quelques gouttes de picrocarminate dans une chambre humide. On reconnaît alors, avec un fort grossissement, que ces petites cellules des tubercules sont tantôt finement granuleuses, tantôt vitreuses, semi-transparentes. Elles possèdent généralement un noyau reconnaissable mais peu coloré et plus ou moins atrophié. Sur une coupe de nodules tuberculeux de ce genre, on verra quatre, cinq ou un plus grand nombre d'alvéoles remplis des cellules que nous venons de décrire. Le nombre des cavités alvéolaires dépend du sens de la section. Il est évident que si elle comprend le centre même du tubercule on observera ime zone d'alvéoles plus étendue que si elle passe à sa périphérie.
Si la section passe au milieu d'un infundibuluin, on trouve, au centre du tubercule, une cavité plus considérable dans laquelle s'ouvrent les alvéoles périphériques. La cavité centrale et les alvéoles seront remplis des mêmes éléments. Cette lésion peut exister seule ; mais souvent les bronches et les vaisseaux sont altérés en même temps.
Lorsque la bronchiole acineuse est sectionnée, elle apparaît également remplie d'un exsudât composé de petites cellules agglutinées; mais souvent on observe en même temps, dans le tissu conjonctif qui en forme la paroi, de même que dans la paroi des dernières ramifications des bronches lobulaires, un épaississement diffus ou nodu-
'14-8 HISTOLOGIE l'ATllOLOGlQUE SPÉCIALE DE l'aPPAREIL RESPIRATOIRE.
laire qui enlourc l'anneau bronchique dans une certaine étendue. Sur une section transversale de ces bronches, on voit alors, soit dans une moitié de leur circonférence, soit tout autour d'elles, une ou plusieurs granulations tuberculeuses.
Ces nodules péribronchiqiies, qui, suivant Rindfleisch et Charcot, .'ont la manifestation initiale de la tuberculose pulmonaire, siègent, d'après ces auteurs, au niveau de la bifurcation terminale des bronches intralobulaires. Pour Rindfleisch la néoplasie se développerai! dans le point même où la bronche terminale s'ouvre dans les conduits alvéolaires de l'acinus. Suivant Charcot elle pourrait siéger aussi sur des bronches plus volumineuses.
Les granulations péribronchiques sont constituées de la même façon que tout tubercule développé dans le tissu conjonctif. Leur tissu se continue avec les cloisons alvéolaires voisines qui s'implantent sur la membrane fibreuse de la bronche. Ces cloisons sont elles-mêmes épaissies (voy. t. II, fig. 37).
Des productions analogues, caractérisées, soit par de petits nodules bien nettement tuberculeux, soit par une néoplasie diffuse, se montrent autour des petites branches de l'artère pulmonaire dans le voisinage des alvéoles altérés. Ces vaisseaux présentent des modifications sur lesquelles nous reviendrons bientôt.
Ainsi constitué à la fois par les petites cellules cohérentes contenues dans les alvéoles et dans les bronchioles terminales et par une infiltration analogue du tissu conjonctif péribronchique et périvasculaire, le petit nodule tuberculeux pulmonaire a de 1/2 à 1 ou I millimètre et demi de diamètre. Quel que soit son volume, il est toujours, dès son début, entouré d'alvéoles qui sont atteints, soit d'inflammation catarrhale, soit d'inflammation fibrineuse ou simplement de congestion. La zone dans laquelle le tissu pulmonaire est congestionné ou enflammé est plus ou moins étendue.
Comme on le voit, d'après l'exposé sommaire que nous venons d'en faire, le tubercule du poumon a le plus ordinairement une constitution complexe parce que le contenu des alvéoles et des bronchioles, l'infiltration néoplasique du tissu conjonctif, des parois des bronches et des vaisseaux participent à la fois à sa formation.
a. Lésions des alvéoles. — Nous avons vu que les granulations tuberculeuses débutaient souvent dans les alvéoles pulmonaires, c'està-diie que ces cavités se remplissaient de cellules agglutinées les unes aux autres au milieu d'une substance unissante fibrillaireou