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LÉSIONS DES ALVÉOLES ENVAHFS PAR LES GRANULATIONS

grenue. Ce contenu des alvéoles est-il suffisamment caractéristique pour être regardé comme un tissu tuberculeux et se distingue-t-il suffisamment de l'exsudat d'une pneumonie ordinaire? Il est certain qu'à son origine, le contenu alvéolaire qui fei'a bientôt partie intégrante d'un tubercule ne diffère pas de l'exsudat pneumonique. La plupart des néoplasmes, quels qu'ils soient, quelque caractéristiques qu'ils deviennent plus tard, commencent de la même façon qu'une inflammation simple. Souvent, en effet, la granulation tuberculeuse du poumon paraît avoir son point de départ dans des alvéoles qui présentent d'abord les lésions de la pneumonie fibrineuse. L'exsudat intra-alvéolaire est composé de fibrine et de cellules lymphatiques. Ces cellules très nombreuses, pressées les unes contre les autres, au milieu d'une masse fibrineuse qui devient grenue ou vaguement fibrillaire, et comprimées outre mesure, n'ont plus qu'une nutrition insuffisante. Elles deviennent alors granuleuses ou vitreuses, en même temps que les capillaires alvéolaires sont oblitérés par des cellules lymphatiques arrêtées dans leur intérieur. Le contenu des alvéoles est voué dès lors à la destruction moléculaire. Mais au début il est résistant; ses éléments s'isolent difficilement les uns des autres, même lorsqu'on essaye de les séparer sur une coupe mince du tissu. Les aiguilles dont on se sert pour cette dissociation dégagent des blocs de cellules agglutinées entre elles, qui ne paraissent isolées qu'au bord de ces agglomérations cellulaires.

Il est d'autant plus probable qu'un exsudât fibrineux et cellulaire comparable à celui de la pneumonie fibrineuse peut servir au développement du tubercule que les thrombus fibrineux des vaisseaux, dans la tuberculose des méninges, du péritoine et de la muqueuse bucco-pharyngienne deviennent un centre de formation pour les granulations tuberculeuses de ces membranes (voy. plus loin la tuberculose de la muqueuse pharyngienne).

Dans les alvéoles pulmonaires ainsi remplis de cellules agglomérées on trouve quelquefois une cellule géante bien caractérisée. Celle-ci est habituellement située au contact de la paroi alvéolaire.

D'où viennent les cellules qui remplissent la lumière des alvéoles? Proviennent-elles de la prolifération de l'épithélium ou ne sont-elles autre chose que des cellules lymphatiques sorties des vaisseaux sanguins? L'épaississement de la paroi alvéolaire entre-t-il pour une part dans l'oblitération des alvéoles? Ces trois hypothèses sont soutenables et il est probable que ces divers modes de formation cellu-

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laire entrent pour une part dans la constitution du tissu tuberculeux intra-alvéolaire.

A la périphérie d'une granulation pulmonaire, on voit souvent un bourgeon constitué par du tissu embryonnaire, en continuité avec le

FiG. 03. —Section à travers un alvt'ule situe- à la péiiiiliéric d'un nodule tuberculeux. — a, llmilc de l'iilvéoîe au nivciiu de la gr.nuilalion ; n, tissu de la granulatiou faisant saillie dans "alvéole ; d, cellules épithéliales à la surface do co tissu; b, cloison du même alvéole tapis?ée de ses cellules épithéliales c. — Grossissement de 200 diamètres.

tissu de la granulation, faire saillie dans la cavité d'un alvéole voisin qu'il remplit en .grande partie. Ce bourgeon lait corps au niveau de son implantation avec une partie de la paroi alvéolaire. Sa portion saillante est couverte de cellules épithéliales semblables à celles qui tapissent toute la cloison alvéolaire.

h. Lésions des vaisseaux. — Les vaisseaux capillaires, les artérioles et les veinules de petit calibre qui se rendent à un tubercule pulmonaire sont toujours oblitérés de très bonne heure, c'est-à-dire aussitôt que la granulation est constituée. Les injections, poussées par l'artère pulmonaire, et qui de là pénètrent partout dans le poumon, car les capillaires des extrémités bronchiques communiquent avec les capillaires des alvéoles, s'arrêtent toujours à la limite des tubercules. Il en résulte que sur les coupes de poumon atteint de tuberculose granuleuse aiguë, obtenues après l'injection des vaisseaux par le bleu de ih^usse soluble, puis colorées par le picrôcarminate, on observe des îlots rouges correspondant à chacun des tubercules disséminés au milieu du poumon dont les capillaires sont injectés

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