INFLAMMATION CHRONIQUE DE LA MUQUEUSE
et même ils peuvent être complètement oblitérés par ces éléments.
A côté des pustules, la muqueuse présente simplement des lésions inlïammatoires : des cellules lymphatiques se rencontrent en grand nombre dans la couche profonde du revêtement épithélial et entre les cellules cylindriques; les cellules épitliéliales, plus ou moins écartées par places par des groupes de cellules lymphatiques, forment un revêtement d'une épaisseur considérable (voy. fig. 10). Elles sont irrégulières de forme et disposées sans ordre à la surface libre de la muqueuse.
Lorsque l'éruption variolique est confluente dans les conduits aériens , la fausse membrane fibrineuse qui coiffe les pustules recouvre uniformément des segments plus ou moins considérables de la surface interne de ces conduits : elle peut s'étendre au larynx, à toute la trachée et aux grosses bronches.
En résumé, le revêtement épithélial de la muqueuse des voies aériennes subit dans la période aiguë des inflammations catarrhales diverses modifications : au début, les cellules cylindriques préexistantes sont séparées les unes des autres, comprimées et soulevées par des cellules lymphatiques qui s'interposent entre elles et les repoussent. Si l'inflammation est intense, l'épithélium tombe et la fibrine, sortie des vaisseaux avec les cellules lymphatiques, devient quelquefois le point de départ d'une fausse membrane, comme cela se voit dans dans la diphthérie, la variole et dans la fièvre typhoïde. Quand l'inflammation est moins intense, le revêtement épithélial présente des couches épaisses de cellules allongées ayant de la tendance à prendre la forme cylindrique. Lorsqu'elle guérit, la couche de cellules cylindriques se reforme comme à l'état normal .
Dans les inflammations subaiguës et chroniques, à la suite des affections cardiaques ou de la tuberculose, le revêtement épithélial est modifié d'une manière variable. Tantôt il est constitué par un amas de cellules irrégulièrement cylindriques ou ovoïdes. Ces cellules ne forment pas à la surface une couche uniforme et plane comme à l'état normal; elles s'y implantent irrégulièrement par une de leurs extrémités tandis qu'elles sont libres par l'autre. La surface de la muqueuse, au lieu d'être limitée par une ligne régulière, formée par les plateaux des cellules et par leurs cils vibratiles, est inégale et limitée par des cellules fusiformes ou cylindriques,
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18 HISTOLOCIE PATHOLOGIQUE GÉNÉRALE DE L'APPAUEIL RESPIRATOIRE.
D'autres fois, l'épilhôlium est presque complètement desquamé, et il existe seulement, au-dessus de la membraie basale, une couche de
FiG. H. — Cellules de revctcnieiit d'une bronche dilatée atteinte d'inflammation chronique. — h, cellules lymphatiques comprises entre les fibres du chorion ; m, monibrano basale ; a, cellule fusiforuio ayant une certaine analogie avec une cellule cylindrique; A, cellule amincie à son extrémité lil)ro, implantée sur la membrane basale par une extrémité eflilée en pointe. — Grossissement de 250 diamètres.
petites cellules ovoïdes implantées perpendiculairement à la membrane et parallèles entre elles.
Au niveau des granulations tuberculeuses, lorsqu'elles se sont développées depuis peu dans le chorion muqueux, le revêtement épithélial est à peu près intact, ou bien il est atteint de lésions inflammatoires. On le retrouve toujours, bien qu'il soit plus ou moins altéré, tant que la membrane basale n'est pas déiruite, tant que le tubercule n'est pas en voie de destruction ulcérative.
Cependant dans les cas de tubercules fd^reux anciens, les bronches et bronchioles qui passent au milieu de tissus même très altérés peuvent présenter le type le plus parfait de l'épithélium normal.
Au niveau des dilatations bronchiques, la surface des bronches dilatées est recouverte soit de l'épithélium normal, soit d'un épithélium enlïammé.
B. Altérations histologiques des glandes muqueuses des CONDUITS aériens. — Dans toutes les inflammations, les glandes des conduits aériens sécrètent une quantité de mucus beaucoup plus grande qu'à l'état normal. Lorsque l'on comprime la muqueuse, ce mucus, qui est plus ou moins opaque, sort de l'orilice des glandes. Si, après avoir ouvert la trachée et les bronches, on redresse la courbure de leur§ anneaux cartilagineux, de manière à comprimer la muqueuse contre le plan fdjro-cartilagincux qui la double, on lait sourdre des glandes de petites gouttelettes du mucus ou du mucopus qui remplissaient leurs conduits excréteurs. Ces gouttelettes, prises à l'extrémité d'une aiguille et examinées au microscope, montrent des cellules cylindriques normales provenant du conduit excré-