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CORNU, ET RANVIER. II

palais détermine un épaississement très notable de la muqueuse antérieure ou buccale et de la muqueuse postérieure. Le tissu conjonctif du chorion et celui qui entoure les glandes acineuses sont infiltrés de cellules lymphatiques et de tissu tuberculeux.

Les granulalions tuberculeuses de la surface du chorion siègent souvent au niveau de l'ouverture du conduit d'une glande en grappe et le long de ce conduit. Le plus souvent alors le conduit excréteur de la glande est dilaté et rempli de cellules cylindriques ou indifférentes qui s'y accumulent. De même que cela a lieu dans les glandes acineuses du larynx et de la trachée, des granulations tuberculeuses et des cellules géantes peuvent se développer au milieu même des acini glandulaires.

Les tubercules lépreux se montrent sur toute la muqueuse buccale, sur les lèvres, la lace interne des joues, la langue, surtout à sa base, sur la luette, le voile du palais et les amygdales. Ils présentent la même structure que dans la peau où nous les décrirons en détail.

Parasites. — Les parasites qu'on observe sur la muqueuse buccale sont très communs et très variés. Il suffit, pour les examiner, de prendre avec un cure-dents un peu du tartre dentaire qui s'accumule entre les dents et de le délayer dans une gouttelette d'eau sur la lamelle porte-objet. On trouve alors, en même temps que des corpuscules salivaires, une quantité considérable de schyzomicètes appartenant aux genres bacillus, vibrio et micrococcus, et des infusoires ciliés.

Genre ragillus. — Le leptotJirix buccalis (Robin) existe à l'état normal sur les papilles de la langue. Cette algue microscopique végète sur les cellules épithéliales qui forment un enduit plus ou moins épais aux papilles. On la trouve aussi constamment dans le tartre dentaire, entre les grosses molaires, etc. Elle est caractérisée par des touffes de fdaments très ténus, assez longs, droits ou incurvés, parlant d'une masse grenue qui est leur matrice, et siégeant dans les cellules épithéliales superficielles moditiées, ou à la surface de celles-ci.

Les filaments du leptothrix qui comptent parmi les plus longs et les plus volumineux du genre bacillus, sont formés de segments •cloisonnés ou articulés bout à bout. Ils atteignent de 25 à 50 p., en moyenne, mais si l'on observe la langue et le tartre dentaire des individus à jeun, avant qu'ils se soient lavé la bouche, on en trouve qui

rAr..\siTr.> dk la nouniE.- n.\cii,uTf?. — spirociiœtk. — vinniONS. 227

ont K)0 (U ^00 u de longueur. Ils conlinucnl À pousser après la' mort, si bien qu'on peut voir à I'omI nu les touffes qu'ils constituent sur la langue des cadavres. La slruclure des cellules qui forment les segments de chaque filament pi'ésentc à considérer une membrane hyaline, un protoplasma hyalin et des granulations décrites par Robin (1853) comme les spores de ces algues. Ils se développent par la se^:;mentation des corpuscules de leur matrice ou zooglœa et par leurs spores.

Le bacillus Ircmulus et le bacillus suhlilis qu'on rencontre aussi dans le tartre dentaire se rapprochent beaucoup du leptothrix, mais ses filaments sont moins longs et un peu moins épais ; leurs articles sont aussi plus courts. Les bâtonnets du bacillus tremulus sont animés de mouvements de translation en masse, de tremblements ou de mouvements giratoires. Leur enveloppe mucilagineuse hyaline est très facile à observer. Les bâtonnets du bacillus subtilis s'infléchissent et ondulent pendant leurs déplacements. La longueur de ces bâtonnets est de 10 à iij y.; leur épaisseur est de 1 y..

Le splroclioete denticola (Gohn, Koch) vit non seulement dans le mucus qui borde les gencives, mais aussi dans le tartre dentaire et sur la langue. Le filament extrêmement mince qui le constitue est contourné en forme d'hélice. La longueur de l'organisme tout entier est de 10 à 20 p ; l'épaisseur du filament est de 0,2 à 0,3 p.. Il se déplace lentement en tournant autour de son axe longitudinal.

Ce spiroctiœte, qui est très semblable sinon identique au spirochœte plicatilis découvert par Obermeier dans le sang des individus atteints de typhus récurrent, paraît avoir, dans la bouche, des rapports intimes avec les cellules salivaires. D'après Arndt, les spores du spirochœle se développeraient dans le protoplasma des cellules salivaires.

Genre vibrio. — Le baderium termo se présente sous deux formés, isolé et très mobile ou en zooglœa et immobile. Ce sont de courts cylindres oblongs de 2 u. de longueur sur 0,6 à 0,8 ij. d'épaisseur, dont le mouvement autour de leur axe longitudinal, en avant, en arrière, est tantôt lent, tantôt tellement rapide qu'ils sortent brusquement du champ du microscope. D'après Koch, Warnmg, elc.ils posséderaient un cil vibratile. Ils sont souvent associés deux par deux ou léunis en colonies. Ce microbe est, comme on le

sait d'après les travaux de Pasleur, l'agent essentiel de la septicémie. Il existe constamment dans le mucus buccal, où il trouve dans les détritus alimentaires qui y séjournent toujours un milieu des plus favorables à son développement.

On rencontre aussi constamment un vibrion qui d'après Rapin (1), peut être rapporté au vibrio lineola ou rugula. Il a de 4 à 6 f/ de longueur et 0,8 pi d'épaisseur; il jouit de mouvements variés, de rotation, de tournoiement ou de translation si rapides qu'il disparaît brusquement liors du champ d'observation. Il est constitué par de petits articles sphéroïdiaux séparés par des étranglements à peine visibles.

MiCROCOCCUS. — Dans les préparations du mucus obtenu par le raclage de la langue ou du tartre dentaire, on trouve toujours des micrococcus à l'état d'isolement ou de groupement en colonies. Les colonies ou zooglœa sont constituées par une masse gélatineuse transparente parsemée d'une infinité de petits corpuscules plus ou moins arrondis, réfringents, immobiles et qui se colorent fortement par les couleurs d'aniline (2). Ces colonies de micrococcus s'attachent souvent aux prolongements épithéliaux des papilles filiformes de la langue.

Ce micrococcus qui paraît devoir être rangé dans le groupe des bactéries chromogènes joue un rôle important dans la coloration des enduits de la langue. C'est à lui en particulier que Raynaud et Malassez ont attribué l'enduit noirâtre de la langue connu sous le nom de nigrilie. Les taches noires de la langue présentent à l'œil nu deux zones, l'une centrale noire, l'autre périphérique pointillée de noir comme un verre légèrement fumé. Ces taches débutent par un

(1) Rapin, Contribution à Vétudcdes bactéries de la bouche, Tlièse, Paris, 1881.

(2) Pour obtenir de bonnes colorations des bactéries, on se sert du violet de métylani- Une 5B, de la fabrique de Saint-Denis, ou du \ioIct de gentiane, delà fabrique de Berlin, recommandé par Weigcrt, à 1 pour 100. Après avoir laissé le tartre dentaire baigner dans quelques gouttes de la solution pendant une demi-heure environ, on recouvre le liquide coloré d'une lamelle mince et on l'examine. Pour conserver la préparation, on peut la laisser se sécher, ou bien faire passer sous la lamelle une goutte de glycérine additionnée de carbonate de soude; mais il vaut mieux étaler d'abord le tartre dentaire en une couche mince sur la lame de verre, le faire sécher à l'éluve, puis le colorer au violet. On lave la préparation à Teau distillée, à Tacool absolu ; on l'humecte ensuite avec une gouttelette d'essence de girolle qu'on enlève avec du papier à filtrer et enfin on la conserve dans le baume du Canada. Ces diverses manipulations ont pour effet d'enlever, il est vrai, une grande partie des bactéries, mais il en reste toujours suffisamment pour les étudier. On peut encore, ce qui est plus simple, délayer le tartre dentaire dans une goutte de la solution violette, laisser sécher, ajouter une goutte de baume du Canaila et recouvrir de la lamelle.

PARASITKS. — INFUSOIRES. — MUGUET. — CYSTICERQUES. 229

poinlillé noir qui s'élend et se- fonce. A mcf-iiro que lu taciie s'agrandil à sa périphérie, la partie renlrale, qui a été la première atteinte, se desquame, devient rouge d'abord, puis reprend son aspect normal. Au niveau des taches noires, les papilles de la langue sont englobées par des myriades de micrococcus ne difi'érant de ceux de la langue normale que parleur coloration noire.

Les infusoires ciliés sont 1res communs dans la bouche. M. Rapin y a trouvé le cercomonas intestinalis.

De tous les parasites de la muqueuse buccale, le plus important en pathologie est Voidinm albicans (Robin) qui constitue les plaques du muguet. Le muguet, qui se caractérise par de petites taches blanchâtres ou des plaques molles pulpeuses formant une légère saillie à la surface de la muqueuse, se présente souvent chez les enfants nouveau-nés où son développement est favorisé par Talimentation lactée. Souvent il constitue un accident sans importance. Mais chez les enfants et chez les adultes, dans le cours et surtout dans la période cachectique des maladies chroniques, il est un des fâcheux indices des troubles profonds de la nutrition. Son développement est en rapport avec l'état acide de la salive, acidité due elle-même à la présence de matières sucrées ou amylacées en fermentation à la surface de la muqueuse. Il suffit d'étaler un fragment de la substance blanche du muguet sous une lamelle de verre et de l'examiner au microscope pour voir, au milieu des cellules épiihéliales granuleuses, les différentes parties élémentaires du parasite qui sont : i" un mycélium composé de troncs et de tubes très nombreux, fistuleux, cloisonnés de distance en distance, remplis de granulations moléculaires, nageant dans un protoplasma incolore ; 2" des vésicules et des spores qui se trouvent à l'extrémité des tubes. Les spores, ovalaires ou sphériques, sont très nombreuses et plus ou moins volumineuses.

11 existe quelques rares exemples de cysticerques développés dans la lèvre et dans le tissu musculaire de la langue. Deux observations (Dupuytren, Ricord) se rapportent à des kystes hydatiques contenant des échinocoques et siégeant dans la paroi buccale.

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