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CHAPITRE V

DE L'ESTOMAC § 1. — nistologie normale de l'estomac.

L'estomac présente à considérer trois tuniques qui sont : la membrane muqueuse, la musculeuse et le péritoine, réunis par du tissu conjonctif. Ce tissu, au-dessous de la muqueuse, est assez lâche pour permettre à cette membrane de glisser facilement sur la musculeuse,

La muqueuse de l'estomac est rosée pendant la digestion, elle est pâle quand l'estomac est à l'état de vacuité; elle présente alors des rides, des plis, des mamelons qui proviennent de ce que, étant élastique dans une limite très restreinte, elle doit nécessairement se replier lorsque, sous l'influence de la contraction de la tunique musculaire, la capacité de l'estomac est amoindrie. Elle est plus épaisse immédiatement au-dessus du pylore que dans les autres régions.

Une section perpendiculaire à la surface de la muqueuse montre la couche des glandes, qui est de couleur grisâtre, plus épaisse également au pylore qu'à la grosse tubérosité.

Les glandes de l'estomac sont de deux ordres : les unes, glandes muqueuses, se trouvent dans toute la région pylorique et se rencontrent également, mais en moindre quantité, au niveau du cardia; les autres, qui occupent tout le grand cul-de-sac et la région moyenne de l'estomac, sont les glandes à pepsine. Les premières sécrètent le mucus stomacal et les autres le suc gastrique.

Lorsqu'on examine au microscope des sections minces, perpendiculaires à la surface, faites sur des fragments d'estomac de chien durcis dans l'alcool, on voit que partout les glandes en tube, qui sont ramifiées, parallèles les unes aux autres, viennent s'ouvrir dans des dépressions de la surface. Ces petites excavations superficielles sont séparées par des reliefs circulaires de la muqueuse qui apparaissentcomme autant d'élevures comparables à des papilles peu élevées et coniques. Ces saillies et ces dépressions sont tapissées partout d'une couche unique '^ non interrompue de petites cellules cylindriques

caliciformes de 20 p. de longueur, reposant sur le chorion de la muqueuse. Ces cellules présentent dans leur partie profonde un noyau compris dans une masse de protoplasma, tandis que leur partie superficielle, en forme de coupe, contient un mucus transparent qui se continue avec la couche mince de mucus qui d'habitude se trouve étalée et adhérente à la surface de la muqueuse.

Le mucus répandu à la surface de l'estomac possède une réaction acide (Cl. Bernard).

Cette couche superficielle de cellules et la portion du chorion muqueux qui lui est contiguë s'altèrent avec la plus grande rapidité après la mort, sous l'influence du suc gastrique qui, continuant son action, en détermine la digestion. Aussi ne peut-on voir aucun des détails histologiques relatifs à la muqueuse stomacale chez l'homme, si ce n'est chez les individus suppliciés.

Les glandes à pepsine sont formées par des tubes cylindriques qui se terminent dans les dépressions signalées plus haut, et qui de là gagnent la profondeur de la couche glandulaire : elles mesurent en longueur 400 ^ à 500 p, et 60 p. en largeur. Elles possèdent deux ordres de cellules : les unes sont les cellules à pepsine décrites par Kôlliker, et qui consistent en une masse sphéroïde, granuleuse, obscure, au centre de laquelle on voit un petit noyau rond. Ces cellules siègent tout le long du tube glandulaire et près de sa limite extérieure, de telle sorte même qu'elles font saillie à la surface des glandes en y déterminant de petits renflements. Elles se colorent fortement par le carmin et par le bleu d'aniline soluble dans l'eau. Les autres sont polyédriques, claires, très finement granuleuses, petites et remplissent tout le tube glandulaire. Ce sont ces cellules que Heidenhain a considérées comme des cellules à pepsine, contrairement à ce qui avait été admis jusque-là. Mais rien ne démontre encore que l'opinion ancienne ne soit pas la meilleure. Sur des coupes parallèles à la surface, les grandes cellules sphériques se montrent à la périphérie du tube glandulaire, tandis que les petites cellules polyédriques s'avancent jusqu'au centre en y ménageant une lumière très étroite.

Chacun des tubes est entouré d'une couche mince de tissu conjonctif dont les fibres suivent la même diieclion que la glande, mais les quatre ou cinq tubes glandulaires qui s'ouvrent dans la même dépression de la surface muqueuse sont isolés des groupes voisins analogues par une plus grande épaisseur de tissu conjonctif. ' Les glandes muqueuses de la région pylorique sont aussi des

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glandes ea tube composées, ressemblant par leur disposition générale aux glandes à pepsine, à cette difïérence près qu'elles sont plus volumineuses, que les tubes en sont plus larges et qu'elles ne contiennent qu'une seule variété de cellules, des cellules cylindriques. Ces cellules se rapprochent par leur structure de celles de la surface, mais leur extrémité libre n'est pas habituellement creusée en cupule et elle est seulement limitée par une mince cuticule. Elles sont très longues et étroites et leur noyau est ovoïde; la lumière centrale de ces tubes glandulaires est beaucoup plus grande que celle qu'on observe dans les glandes à pepsine.

Les glandes que nous venons de décrire composent la plus grande partie de la couche superficielle ou couche glandulaire de l'eslomac. Elles sont séparées les unes des autres par des faisceaux de tissu conjonctif auxquels s'adjoignent des fibres musculaires lisses au niveau de la partie inférieure des culs-de-sac (couche musculeuse de la membrane muqueuse).

A la surface du chorion muqueux, au-dessous de l'épithélium, il existe une couche anhyste, membrane basale, au-dessous de laquelle se ramifient de nombreux vaisseaux capillaires qui forment un réseau continu avec celui qui entoure les glandes. Ce réseau est ahmenté par des artérioles qui viennent du tissu cellulaire sous-rauqueux et il donne naissance à des veinules qui se rendent dans les grosses veines situées dans ce même tissu.,

Il importe d'ajouter que les artérioles qui fournissent les capillaires à la muqueuse naissent des coronaires, de la splénique, de la gastro-épiploïque droite et de la pylorique ; elles pénètrent toutes par la surface péritonéale et se ramifient successivement à diverses couches de l'estomac, de telle sorte que la zone de distribution de chaque artériole dans la couche muqueuse forme un cône dont l'extrémité serait au niveau du tissu sous-muqueux, et la base à la surface muqueuse de l'estomac.

Les lymphatiques forment, d'après Teichmann, deux réseaux, l'un situé au-dessous des glandes, l'autre dans le tissu sous-muqueux; les gros troncs perforent la tunique musculaire au niveau des courbures de l'estomac. Il existe en outre un réseau lymphatique superficiel appartenant au péritoine.

CORNIL ET KANVIER. II. — 18

§ 2. — Anatoinie pathologique de l'estomac

LÉSIONS DE NUTUITION.

Anémie. — L'anémie de la muqueuse stomacale paraît être très défavorable à la sécrétion normale du suc gastrique; aussi cet état est-il, selon toute probabilité, la coïncidence anatomiquc habituelle de la dyspepsie dans la chlorose.

CoNGiîSTiON ET ECCHYMOSES. — Pendant la digestion physiologique, la muqueuse de l'estomac est rouge et ses vaisseaux capillaires superficiels sont remplis de sang.

La congestion de la muqueuse s'omacale se montre à l'état pathologique au début et pendant le cours du catarrhe aigu comme dans toutes les inflammations de l'eslomac.

Lorscju'on ouvre un estomac congestionné, dans une autopsie faite vingt-quatre heures après la mort, en hiver, on voit, au-dessous d'une couche de mucus louche, la surface interne de l'estomac rouge ou marbrée de taches plus ou moins étendues, d'un rodge vif ou d'un rouge sombre, ou de couleur ardoisée. La muqueuse est souvent piquetée de petites taches d'un rouge vif, très rapprochées les unes des autres; d'autres fois il y a de plus larges îlots de congestion dont la teinte varie de la couleur rouge du sang artériel à la couleur plus foncée du sang veineux. La congestion est toujours plus marquée au sommet des plis de la muqueuse que dans les sillons qui les séparent. Il semble que la contraction de la tunique musculeuse qui a déterminé ces plicatures dans les derniers moments de la vie, a ressente leur base et retenu le sang contenu dans les vaisseaux de leur sommet. On trouve aussi de petits îlots de congestion arrondis, lenticulaires, situés sur un plan plus élevé que le tissu anémié de la muqueuse qui les entoure. Quelquefois on aperçoit une légère dépression à leur centre, sans qu'il y ait de perte de substance, cette dépressions étant causée simplement par la rétraction des muscles lisses sous-jacents.

A côté de ces plaques congestionnées et rouges, on en trouve qui ont une couleur grise ardoisée ou qui sont piquetées de points noirâtres.

Lorsqu'on pratique des sections perpendiculaires à la surface de

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