GASTRITE CHRONIQUE
liicllemcni entourés de glandes qui présenlcnt, soit ;i leurs euls-desac terminaux, soit sur leur trajet, une ou plusieurs dilatations assez petites pour échapper à l'œil uu,
Et A
FiG 102. — Dilatalion kystique des glandes de l'estomac. (Figure emprunto'e à Vircliow.
En même temps, la muqueuse est recouverte d'une couche épaisse de mucus gris, visqueux et très adhérent.
Si l'inflammation chronique persiste pendant un certain temps, la surface de la muqueuse bourgeonne , le tissu fibro-vasculaire qui sépare les glandes envoie du côté de la surface libre des prolongements en forme de villosités dans lesquelles se trouvent des anses vasculaires,
L'épithélium cylindrique n'est pas visible à la surface de ces végétations papillaires, car il est toujours tombé vingt-quatre heures après la mort. On y trouve des cellules rondes ou irrégulièrement polygonales, généralement granuleuses. Lorsque ces bourgeons ont acquis environ un demi-millimètre de hauteur, ils ont l'aspect
28i ESTOMAC.
de villosités, et la muqueuse stomacale ressemble à celle de l'intestin grêle. Ces productions sont souvent, chez les malades morts pendant la période de la digestion, remplies de corpuscules graisseux. On les trouve surtout au niveau du pylore, mais elles peuvent se montrer sur la plus grande partie ou sur toute la surface de la mu(]ueuse.
Très souvent, i'inflammalion chronique persistant, les villosités
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T:3. 1C3. — Piipilles de nouvelle formation doveîopiidos sur la nuiqucnsp stomacale, cl présoiilanl la lornio villciise. — Grossissouiciit de GO diaiiiètrcs.
grandissent et bientôt elles se soudent par leurs bases, leurs extrémités seules restant libres à la surface de la muqueuse hypertro-
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Fie. \0i. — Adcnomo à ce'lulcs cylindriques do l'estomac avec état villenx do la s-.irface de la tumeur. — Grossissciuont de 20 diamèlres.
phiée. Une conséquence de ce nouvel état des papilles est l'obstruction du conduit excréteur des glandes. Celles-ci s'atrophient
POLYPES DE l'estomac. 28.")
clans leur loLalité ou bien, répilhéliiim conl.iniiant loiijoiii's à se
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Fie. 105. —Coupe d'un polype papillo-glnidulaire de l'estomac— a, papilles de nouvelle formation; /;, tubes glandulaires; c, culs-do-sac; m, culs-de-sac profonds. — Grossissement de 40 diamètres.
lormer dans leur intérieur, elles acquièrent une forme de plus en plus sphérique; elles l'isolent, se dilatent et offrent, lorsqu'on les
i'\^. lOG. — Picprodiictioiià un grossissement de 300 diamètres dos culs-dc-sac ^l,^'urés en m dans la iigiire 105. — a, c, cloisons des culs-dc-sac avec les noyaux des cellules c'pithéliales; d, cellules muqueuses.
examine sur des coupes, l'apparence de petits kystes. La paroi
interne de ces kystes est tapissée de cellules caliciformes, et leur centre est occupé par un liquide rempli de cellules sphériques. Dans d'autres cas, ces glandes envoient des expansions du côté de la face profonde de la muqueuse ; elles peuvent s'isoler et devenir de véritables kystes analogues à ceux que nous venons de décrire. L'épaisseur de la muqueuse est ainsi notablement accrue dans un point limité.
De cet épaississement partiel de la muqueuse il résulte une petite tumeur sessile d'abord, mais qui se pédiculise si elle entraîne par glissement, en vertu de son relief et de son poids, la muqueuse qui l'avoisine. Il se produit alors un polype dont la nature et la consistance seront différentes, suivant qu'il sera composé de tissu fibreux et de papilles (polype fibreux et papillaire, polype villeux de Gruveilhier) ou de kystes muqueux (polype muqueux), ou de ces diverses parties réunies. Les polypes muqueux sont remarquables par leur transparence et leur mollesse.
La gastrite chronique, caractérisée par des dilatations glandulaires et par de petits polypes, est plus fréquente chez les personnes âgées que chez les jeunes sujets. Nous avons vu cependant une grande quantité de kystes muqueux sur toute la surface stomacale, chez une jeune femme qui avait succombé à une gastro-entérite consécutive à la fièvre typhoïde.
Le siège des polypes muqueux au niveau du pylore explique les accidents dont ils peuvent être la cause, lorsqu'ils viennent à obturer plus ou moins complètement le calibre de cet orifice et même , comme on l'a vu plusieurs fois, à faire saillie dans le duodénum. Les plus gros de ces polypes sont généralement formés, à leur partie cenirale, de tissu musculaire lisse. Nous les retrouverons en décrivant les tumeurs de l'estomac (voyez myomes de l'estomac).
Les tumeurs développées dans la muqueuse de l'eslomac déterminent aussi autour d'elles une gastrite chronique, avec des bourgeons villeux du tissu conjonctif interglandulaire, avec une hypertrophie des glandes, avec des kystes muqueux formés aux dépens de ces dernières, etc.
Gastrite diphtréritique. — Elle est très rare, très partielle et ne survient que dans la diphthérie généralisée.
pEMPniGtS DE LA MUQUEUSE STOMACALE. — DanS plusiciirS CQS dc
ASTI'.ITI': l'IlLKGMONKUSE. 287
pcmphigus généralisé, on a trouvé sur la muqueuse de l'estomac dos ulcérations noirâircs, superficielles, qui paraissaient être survenues sous l'influence des mêmes causes que les bulles de la peau. Leur couleur est souvent très foncée, car elles sont le siège de petites hémorrhagies qui deviennent noirâtres sous l'influence du suc gastrique.
Le sang contenu encore dans les vaisseaux est même habituellement coagulé, fragmenté, de couleur noire. Nous avons eu plusieurs fois l'occasion d'examiner ces ulcères sur des pièces portées à la Société anatomique, et dans un cas, ils étaient recouverts d'une bouillie brunâtre contenant une grande quantité de spores et de tubes à' oïdium albicans (muguet).
Ces ulcérations ne tardent pas à se cicatriser ; dans le tissu de la cicatrice, Chalvet a trouvé des dépôts de sous-nitrate de bismuth, qui s'y étaient accumulés pendant la période d'activité des ulcères.
Gastrite phlegmoneuse. — Elle est ordinairement considérée comme une inflammation secondaire ou métastatique survenant dans le typhus, la septicémie, l'infection purulente, la fièvre puerpérale et enfin dans la péritonite purulente généralisée. Elle peut être déterminée par l'action locale de liquides irritants ou caustiques. C'est une lésion extrêmement rare.
Le tissu conjonctif interglandulaire et sous-muqueux de l'estomac est alors infiltré par un pus épais, phlegmoneux, qui remplit ses lacunes et qui se réunit rarement en foyer; l'infiltration purulente, envahissant le tissu conjonctif interposé aux couches musculaires et le tissu sous-séreux, se propage au péritoine qui s'enflamme le plus souvent dans toute son étendue. Si l'on examine une coupe de l'estomac perpendiculaire à sa surface, on voit que ses différentes couches contiennent du pus qui forme une nappe entre chacune d'elles ; sa paroi épaissie se maintient rigide et ne peut plus s'affaisser.
Dans un fait que nous avons publié, l'estomac était infiltré de pus dans toute son étendue, ses parois atteignaient en certains points 1 centimètre de diamètre et se maintenaient rigides. Il y avait à la surface de la muqueuse deux ulcérations, et de plus il existait une péritonite généralisée. Dans cette forme de gastrite, la muqueuse finit par s'amincir et par se perforer. On y voit alors de petites ouvertures par lesquelles le pus se fait jour.