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DYSENTERIE CHRONIQUE

Lorsque réliminalion des parties nécrosées est terminée, les selles sont conslitiiécs uni([iiement pur une sanie iclioreuse, puriforme ou séi'euse, de couleur t>rise, ardoisée ou sanguinolente; ce lirpiide, qui est sécrété parles ulcérations, contient une grande (puuitité de cellules lymphatiques et de globules rouges.

Les autres organes compris dans l'abdomen sont souvent lésés consécutivement dans la dysenterie : la vessie est généralement congestionnée, et elle est le siège d'un catarrhe aigu ; les reins sont quelquefois atteints de néphrite catarrhale ou parenchymateusc. Les gan^ glions lymphatiqnes\ombiiires sont congestionnés et hypertrophiés, la raie est grosse et ramollie. Enfin on trouve souvent de la congestion et des abcès du foie (voyez plus loin la description des lésions du foie). L'intestin grêle présente souvent les traces d'un catarrhe plus ou moins intense et profond ; d'autres fois, il est revenu sur lui-même aussi bien que l'estomac et présente une atrophie remarquable de ses tuniques.

Dysenterie chronique. — La dysenterie chronique succède à la dysenterie aiguë, ou bien elle s'établit chroniquement d'emblée. Ce n'est qu'au bout de plusieurs mois, souvent de plusieurs années à partir du début de la diarrhée, que la mort arrive. A l'autopsie, la muqueuse est boursouflée par places et congestionnée. Elle est surtout très rouge sur les parties saillantes situées au bord des dépressions qui simulent au premier abord des ulcérations. Dans certaines de ces dépressions en effet, là où l'on croirait par l'examen à l'œil nu qu'il s'agit de véritables pertes de substance, on trouve les glandes de Lieberkiihn conservées ; le relief des parties voisines, dû tout simplement au bourgeonnement du tissu cellulo-vasculaire qui sépare les glandes allongées elles-mêmes, simule seul des ulcérations. Dans d'autres points, il s'agit bien en réalité de pertes de substance et d'ulcérations véritables, que celles-ci compromettent seulement la portion superficielle de la couche glandulaire, ou qu'elles pénètrent jusqu'au tissu cellulaire sous-muqueux.

La surface de ces ulcérations est brune ou ardoisée ; on y voit à l'œil nu des orifices plus ou moins réguliers, qui conduisent dans des dépressions folliculaires situées plus profondément au milieu même du tissu conjonctif sous-muqueux. De ces petites cavités qui mesurent de \/it ai et 2 ou 3 millimètres de diamètre, qui existent

en nombre plus ou moins considérable, soit sur une même ulcération, soit sur plusieurs ulcérations, on fait sortir par la pression un mucus concret semblable à du frai de grenouille.

Le mucus gélaliniforme, tiré des ulcères folliculeux, examiné à l'état frais, montre des cellules cylindriques, la plupart cupuliformes, disposées à la périphérie de la gouttelette où elles sont parallèles les unes aux autres; le centre, de la masse semi-liquide contient des cellules fusiformes allongées, ovoïdes, ou sphéiiques, qui ne sont autres que des cellules cylindriques ou des globules blancs devenus muqueux. Le mucus traité par l'acide azotique ou par l'acide acétique donne un précipité opaque.

Les coupes de la muqueuse convenablement durcie, comprenant à la fois le bord des ulcères, les ulcères eux-mêmes et les cavités pleines de mucus, montrent les faits suivants.

1° Dans les parties de la muqueuse tuméfiées, congestionnées et boursouflées (a, fig. li 1) qui séparent les ulcérations, les glandes de

FlG. m. — Coupe de l'intestin perpendiculaire à sa snrface au nivcui d'une ulcération

dysente'riquc.

a, a, parties saillantes de la muqueuse avec les glandes en tube; m, m, glandes en tubes situées sur la parlic ulcérée de la muqueuse et réduites à leurs culs-de-sac ; 6, 6, pertes de substance remplies de mucus et de cellules cylindriques qui s'ouvrent par un orifice étroit à l.i surface de la muqueuse ; d, paroi et contenu de la perte de substance ; v, vaisseaux. — Grossissement de 20 diamètres.

Lieberkûhn {g) sont très longues et très volumineuses ; elles sont séparées par du tissu conjonctif dans lequel cheminent des vaisseaux distendus par le sang.

Au-dessous de la couche glandulaire, la couche musculeuse superficielle de la muqueuse est normale, et le tissu conjonctif est simplement hyperhémic en môme temps que ses cellules sont plus volumineuses qu'à l'état physiologique. Les sections des follicules offrent

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