‹ Manuel d'histologie experimentaleChapitre 58 sur 207 · I.VMlMIAhÉNOMKS DR L'INTKSTIX · texte numérisé non relu

I.VMlMIAhÉNOMKS DR L'INTKSTIX

siroma noûncctifdc eos lumeiirs est peu abondanl et les tubes glandulaires paraissent ê!re au conlaet les uns des antres.

Ces polypes peuvent être la cause d'une chute du rectum. Lorsque, engngés dans l'nnus, ils Ibnt saillie à l'extérieur, la couche épi-

FiG. m. — Seclion à travers un polype raii.pieux ilii rectum. — 6, surface libre du polype; m, revêtement formé par de l'épitliélium cylindrique à la surface des tubes glandulaires et des cavités c, qui parcourent le polype; d, travées fibreuses ; v, vaisseaux. — Grossissement do 20 dlamclres.

Ihéliale qui est en con-tact avec l'air, change de nature; les cellules superficielles, qui étaient cylindriques comme celles de l'intestin, deviennent polygonales et, se superposant, forment un épithélium pavimenteux. Cette particularité s'observe aussi pour d'autres polypes devenus saillants à Textérieur.

Lymphadénomes. — Les lymphadénomes de l'intestin ont été étudiés déjà dans la première partie de ce manuel (t. I, p. 297). C'estsurtout dans la portion inférieure de l'intestin grêle, au niveau de la valvule iléo-cœcale, que ces tumeurs ont été observées, mais elles peuvent siéger sur toute la longueur du tube gastro-intestinal. On a vu la valvule de Bauhin, atteinte par la néoformation, constituer un véritable bourrelet. Le volume de ces tumeurs est extrêmement variable. Elles se manifestent sous la forme de plaques numraulaires,

pins OU moins étendues, plus ou moins saillantes et confluentes, déprimées ou ulcérées à leur centre. Elles envahissent la muqueuse dans toute son épaisseur et se montrent aussi bien dans les portions dépourvues de follicules isolés ou agminés, que dans celles qui en contiennent. Elles peuvent infiltrer la tunique musculaire de Tintestin et, se fondant avec les ganglions du mésentère, se trouver confondues dans une énorme masse. Elles coïncident le plus ordinairement avec des néoplasmes de même nature développés dans les ganglions, la rate, le péritoine, le poumon, les os, la peau (mycosis fongoïde ou lymphadénie cutanée dont la nature a été déterminée pour la première fois par l'un de nous : voyez la thèse de Gillot). Les lésions de l'intestin paraissent avoir existé seules dans une obseiîvation de Béhier.

Les tumeurs lymphadéniques de l'intestin ressemblent, à l'œil nu, au carcinome encéphaloïde : comme le carcinome, elles donnent un suc lactescent, et leur étendue, leur épaisseur, l'envahissement progressif des tissus voisins, la dégénérescence des ganglions lymphatiques qui les accompagnent les en rapprochent encore. Bien qu'elles débutent parfois dans les follicules clos et les plaques de Peyer, les infiltrations et ulcérations lymphadéniques diffèrent absolument, à l'œil nu, de celles de la fièvre typhoïde, parce qu'elles prennent un accroissement considérable et qu'elles s'étendent indifféremment à toutes les parties de la muqueuse.

L'examen microscopique ne laissera jamais le moindre doute sur la nature de la néoformation : les nombreux éléments lymphatiques que conlient la tumeur et qui s'en dégagent si facilement, le stroma réticulé à larges mailles, à travées bien nettes que l'on met en évidence parle traitement au pinceau, constituent autant de caractères excellents (voy. t. I, p. 293).

Carcinome. — Le carcinome primitif de l'intestin est incomparablement plus rare que celui de l'estomac, mais il affecte absolument les mêmes formes dans ces deux portions du tube digestif. Il est assez souvent secondaire à un carcinome développé dans les parties voisines, péritoine, utérus, vessie, etc.

Les parties de l'intestin le plus souvent affectées par le carcinome sont le rectum, le côlon transverse, l'angle du côlon en rapport avec le foie; le cœcum, le duodénum, l'iléon et le jéjunum en sont très rarement atteints.

Le squirrhc et Tencéphaloïde se rencontrent au rectum, le premier

ÉPITIIÉLIOME DE l/lNTESTIN. 357

pins soiivfnL que le second; ces tumeurs se développent, soil au niveau du sphincter, soil à 8 ou 10 centimètres au-dessus; elles débutent par le tissu conjonclif sous-muqueux. L'infiltration s'étend en anneau à toute la circonférence de l'intestin et détermine un rétrécissement plus ou moins étendu. — L'apparence bourgeonnante de la muqueuse, son ulcération, l'extension aux couches profondes, l'hypertrophie des couches musculeuses du rectum, La propagation aux ganglions lymphatiques, sont des phénomènes comparables à ceux qui se monti'enL dans le carcinome stomacal.

Les auteurs signalent la fréquence du carcinome muqueux au rectum. 11 est certain que les tumeurs colloïdes du rectum et du reste de l'intestin sont assez communes; mais il ne faudrait pas croire que toute tumeur colloïde à grands alvéoles remplis d'une matière gélatiniforme appartienne au carcinome. Nous avons déjà dit plusieurs fois que l'épithéliome à cellules cylindriques pouvait subir la transformation colloïde, et, par conséquent, il faut rechercher dans les parties les plus jeunes de la tumeur quelle est sa structure intime avant de se prononcer sur sa nature.

Habituellement le carcinome primitivement développé dans la muqueuse forme une tumeur unique qui s'accroît dans tous les sens et qui détermine un ou plusieurs rétrécissements. Ces derniers, de même que ceux du pylore, peuvent disparaître à un moment donné par les progrès mêmes de l'ulcération. La tumeur ulcérée détermine finalement la destruction de la paroi intestinale en un point, et il en résulte une perforation. Cet accident est moins rare à l'intestin qu'à l'estomac.

Le carcinome se manifeste exceptionnellement à l'intestin par des tumeurs multiples. Cependant, nous avons vu, dans un cas, un grand nombre de tumeurs colloïdes carcinomateuses sur toute la longueur de l'intestin grêle, tumeurs ovoïdes non ulcérées, saillantes dans l'intestin et développées aux dépens de la muqueuse et du tissu conjonclif sous-muqueux.

Le carcinome primitif de l'intestin donne lieu à des productions secondaires dans le péritoine, dans le foie, dans le poumon, le rein, etc. Les ganglions les plus voisins sont toujours atteints.

ÉPITIIÉLIOME. — L'épithéliome à cellules cylindriques est l'une des tumeurs les plus communes de l'intestin grêle, du gros intestin et du rectum. Il affecte absolument la même forme, le même aspect à l'œil

358 i:n'E.^ri:V.

nu et à l'examen microscopique que dans reslomac. Comme dans cet organe, il débute par une hypertrophie des glandes en tube; à un moment donné, la couche musculeuse de la muqueuse est perforée, et les culs-de-sac pénètrent dans le tissu sous-muqueux, où ils forment des cavités tapissées de cellules cylindriques; la surface de ces cavités présente souvent des bourgeons vasrulnires également rccou-

FiG. 423.

Coupe d'un cpithéliome à cellules cylindriques du gros intoslin. Grossissement de 40 diamètres.

g, g, couche des glandes de Lieberkiihn liyperlropliiéas de la muqueuse. Ces glandes sont détruites à la droite du dessin qui correspond à une partie ulcérée; h, h, cavités tapissées d'epithi^liiuii cy-

' lindriqiio et sur la paroi desquelles végètent des papilles p é^iloment couvertes de collu.cs cylindriques. Sur la partie ulcérée à la droite du dessin, les papilles p sont trè; longues et couvertes de cejiules cylindriques.

verts d€ cellules cylindriques. Des cylindres épithéliaux et des expansions des culs-de-sac glandulaires pénètrent ensuite dans les couches musculeuses de l'intestin, La masse morbide subit souvent partielleniènt ou dans sa totalité la dégénérescence colloïde.

L'épithéliome pavimenteux, corné ou muqueux s'observe souvent au niveau de l'anus. Ces tumeurs ne diffèrent pas dans leur structure'des épithéliomes de même nature observés dans d'autres régions.

Page 1