I.l'lS CANALICULKS lîILIAIRES DANS LA CIRRHOSE
capillaires sanguins contenant des globules blancs. Mais leur continuité, très iiicile à constater, avec les plus gros canaux tapissés d'épithéliuni cubique ou cyUndriqne ne peut laisser de doute sur leur nature. Parmi ces canalicules, les plus fins s'observent surtout à la limite des travées fibreuses et des îlots de la cirrhose. C'est là qu'on peut s'assurer de leur provenance. Ils se continuent directement, à la périphérie des lobules du parenchyme hépatique, avec les travées des cellules hépatiques, dont ils paraissent être simplement la transformation. Kelsch, Kiener et Sabourin nous semblent avoir démonti'é nettement cette continuité des néo-canalicules avec les trabécules des cellules hépatiques, non seulement par l'examen direct des travées fibreuses de la cirrhose, mais aussi par la connaissance de ce qui se passe dans une lésion que nous retrouverons bientôt à propos de l'adénome du foie. Dans l'adénome, les trabécules hépatiques montrent en effet souvent, dans leur intérieur, la lumière dilatée des canalicules biliaires intralobulaires, contenant de petites concrétions jaunes ou jaune-verdâtre, formées par du pigment biliaire. Les cellules hépatiques situées autour de ces canalicules dilatés s'aplatissent autour des petites concrétions biliaires, et se transforment en cellules cubiques, plates, formant un véritable épithélium au canalicule central (voy. fig. 152). La lumière de celui-ci est libre ou remplie de petites concrétions. Une travée de cellules hépatiques s'est transformée ainsi en un canalicule biliaire et les cellules hépatiques sont devenues l'épithélium du canalicule. Par la comparaison de ces faits avec ce qui se passe dans la cirrhose, on est porté à admettre que les pseudo-canalicules biliaires des travées fibreuses périlobulaires représentent des trabécules de cellules hépatiques. Celles-ci, comprimées, atrophiées, aplaties, transformées, sont devenues l'épithélium des pseudo-canalicules. Si l'on assimile le foie, d'après Eberth et Sabourin , à une glande en tubes composée, dont les trabécules hépatiques représenteraient les tubes sécréteurs, les cellules hépatiques ou sécrétantes entourant le fin canalicule excréteur, il est facile d'expliquer les modifications pathologiques causées par l'inflammation chronique. Les cellules hépatiques, après avoir perdu leur forme spécifique, reviennent à l'état embryonnaire et les trabécules se transforment en tubes composés de cellules indifférentes.
Quoi qu'il en soit, qu'on admette la transformation des trabécules hépatiques en pseudo-canalicules biliaires, qu'on s'en tienne à la première explication que nous avons donnée de la transformation des canalicules biliaires intralobulaires qui se laisseraient
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pénétrer par des cellules, qu'on admette avec Charcot une sorte de bourgeonnement et de multiplication anormaux des canalicules biliaires périlobulaires, retenons bien le fait de l'existence et parfois de l'extrême abondance de ces pseudo-canalicules dans les travées fibreuses de la cirrhose. Leur grand nombre (voy. fig. 1-49), la prédominance du tissu fibreux autour des canaux biliaires et l'inflammation catarrhale de ceux-ci , ont fait décrire cette maladie comme une variété distincte de cirrhose hyper trophique, sur laquelle nous reviendrons bientôt à propos de la cirrhose biliaire.
Les pseudo-canahcules biliaires se montrent souvent aussi dans tous les points où il existe une cirrhose localisée, quelle que soit sa cause. Ainsi nous les retrouverons dans les travées fibreuses qui entourent les gommes syphilitiques, les kystes séreux, les kystes calculeux du foie, les tubercules, etc.
Quel est le résultat fonctionnel de la formation de ces pseudo-canalicules? Ils prennent évidemment la place, dans la cirrhose, de parties sécrétantes du foie. Ils attestent, par conséquent, une diminution de la sécrétion de la bile. Bien qu'ils forment un réseau dont les canaux communiquent entre eux et avec les gros canaux biliaires, ainsi que le montrent les injections faites dans le canal cholédoque, il n'est pas sûr qu'ils communiquent facilement avec les canalicules intralobulaires des portions du foie qui sont encore susceptibles de sécréter la bile. Les cellules hépatiques sont d'ailleurs elles-mêmes toujours plus ou moins altérées dans la cirrhose. Aussi la sécrétion de la bile y est-elle généralement incomplète, ainsi qu'il a été dit plus haut.
État des cellules hépatiques dans la cirrhose. — Les cellules hépatiques présentent des altérations très variables, qui sont vraisemblablement contemporaines de la lésion du tissu conjonctif et qui l'accompagnent. Cependant il nous paraît probable que, dans bien des cas, les cellules hépatiques ont dû subir des lésions avant que le tissu conjonctif ne soit pris, et d'un autre côté il n'est pas rare de voir les cellules hépatiques à peu près normales, non seulement dans la cirrhose au début, mais même dans des cirrhoses atrophiques avancées, anciennes et très prononcées. Les modifications qu'on observe dans les cellules se rapportent à leurs changements de forme, à leur atrophie, à leur aplatissement, et aux diverses infiltrations par la matière colorante de la bile, par la graisse, par le pigment