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LES CELLULES HÉPATIQUES DANS LA CIRRHOSE

sanguin, par le pigment noir et par la substance amyloïde. Un mot sur chacun de ces états.

Lorsque, sur des coupes du foie cirrhose, on constate que les îlots de la cirrhose sont constitués par des cellules granuleuses, pourvues de noyaux et ayant conservé leurs caractères normaux, il n'en est pas moins vrai que beaucoup d'entre elles ont disparu et ont été remplacées, à la périphérie des îlots, par du tissu conjonctif. Dans les travées fibreuses, en effet, on trouve des cellules isolées ou en petits groupes. Leur protoplasma et leur noyau peuvent être normaux. Par suite de la compression qu'exerce le tissu conjonctif périlobulaire et intralobulaire, elles s'atrophient en conservant souvent leur forme primitive et elles diminuent dans tous les sens. Plus souvent le tissu conjonctif isole, à la périphérie des îlots, des trabécules de cellules hépatiques, et, en les comprimant, les transforme en des boyaux minces formés de cellules atrophiées qui ont été bien décrits par Klebs. Dans d'autres cas, la compression s'exerçant seulement dans un sens, elles s'aplatissent les unes contre les autres. On connaît la facilité de l'aplatissement des cellules et des lobules sous l'influence de la compression; nous avons insité déjà sur ces changements de forme (voy. p. 366). Dans les îlots arrondis de la cirrhose formés de cellules qui paraissent normales, celles-ci n'en sont pas moins disposées d'une façon toute particulière et qui s'éloigne de leur arrangement physiologique. Elles ne rappellent en rien la disposition rayonnante des trabécules cellulaires; elles sont agglomérées, rondes ou polyédriques par pression réciproque.

Lorsque les îlots sont colorés en vert, ainsi que cela s'observe dans la rétention de la bile avec ictère généralisé qui accompagne quelquefois la cirrhose atrophique et assez souvent la cirrhose hypertrophique, les cellules hépatiques contiennent du pigment biliaire sous orme de petites granulations, et même, dans certains cas, le protoplasma de la cellule tout entière est coloré en jaune clair. En faisant agir avec ménagement l'acide nitrique sur la préparation, on colore davantage les cellules qui prennent une teinte jaune-verdâtre ; on obtient le même résultat avec la solution iodée. Dans ces cellules colorées, il peut y avoir, en même temps qu'une infiltration de bile, une accumulation de gouttelettes huileuses qui les distendent plus ou moins. Les gouttelettes d'huile ne sont pas colorées, mais le protoplasma cellulaire disposé autour de la graisse, comme dans les cellules du tissu adipeux sous-cutané, est coloré par la bile. Dans les îlots de couleur vert foncé examinés sur des coupes minces, on

trouve assez souvent des canaux biliaires intralobulaires contenant de petits fragments d'une substance dure, réfringente, jaune ou verte. Ce sont là de petites concrétions biliaires microscopiques qui dépassent à peine le diamètre ordinaire des canaux, qui mesurent 4- à 5 [j.. Nous retrouverons ces concrétions et les lésions des cellules qu'elles déterminent en étudiant l'adénome du foie.

L'altération la plus commune des cellules, dans la cirrhose, est la dégénérescence graisseuse. Elles renferment alors des gouttelettes de graisse ou une grosse goutte unique qui les distendent. Leurs noyaux sont souvent conservés et rejetés à la périphérie de la gouttelette de graisse, comme dans une vésicule adipeuse du pannicule sous-cutané. Lorsque les îlots cirrhotiques sont formés uniquement de cellules infiltrées de graisse, leur couleur est généralement jaunâtre à l'œil nu. Parfois, à côté des cellules munies de graisse, on trouve des cellules plus ou moins infiltrées de pigment biliaire ou sano'uin. Ces lésions donnent à l'îlot tout entier la couleur iaune fauve ou brunâtre regardée comme caractérislique par Laennec.

Le pigment rouge, provenant des globules sanguins, est souvent prédominant dans les cellules. Celles-ci contiennent alors des granulations brunes d'hématine en plus ou moins grande quantité, et les lobules présentent une couleur brun-acajou. Cet état des cellules hépatiques est analogue à celui qu'on observe dans le foie noix de muscade lié à l'augmentation de la pression du sang dans les cavités droites du cœur et dans les veines sus-hépatiques.

On trouve quelquefois dans la cirrhose des parties tachetées de noir. Il faut toujours se défier des altérations provenant de la décomposition cadavérique ; sous son influence le pigment rouge se transforme assez facilement en pigment noir et certaines parties du foie, sa surface surtout, prenant une teinte ardoisée ou grisâtre. Mais lorsque l'autopsie est faite en hiver, vingt-quatre heures après la mort, lorsqu'il n'y a pas de signes de décomposition cadavérique visibles, on peut attribuer au pigment noir une véritable signification pathologique. C'est ainsi que plusieurs anatomistes ont mentionné et que nous avons vu également du pigment noir, soit dans le tissu conjonctif, soit dans les cellules hépatiques elles-mêmes, que les sujets aient été atteints ou non de fièvre intermittente pendant la vie (voy. fig. 146).

La compHcation du foie cirrhose et de la dégénérescence amyloïde des cellules et des vaisseaux est assez rare. Elle peut se rencontrer toutefois dans les maladies qui amènent la dégénérescence amyloïde

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des viscères, en particulier dans la syphilis, eL dans les suppurations prolongées, quelle que soit leur cause.

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