‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 2)Chapitre 10 sur 239 · TUMEURS DES FOSSES NASALES. — POLYPES MUQUEUX · texte numérisé non relu

TUMEURS DES FOSSES NASALES. — POLYPES MUQUEUX

jonctif de la muqueuse et du tissu sous-muqueux, qui a été indiqué par les auteurs comme pouvant être le point de départ de polypes des fosses nasales. Ils s'accompagnent aussi d* exulcérations et même de petits abcès dans le tissu sous-muqueux. Il est rare alors que le périoste ou les os eux-mêmes ne soient pas atteints d'ostéite ou même de nécrose.

Le coryza chronique ne s'observe habituellement que dans la scrofule ou la syphilis. Les lésions profondes de la muqueuse et du tissu sous-muqueux, les gommes ulcérées, les nécroses des os qui constituent le squelette du nez ou de la voûte palatine, donnent lieu à des perforations de la voûte ou du voile du palais, à l'issue de fragments osseux, à raifaissement du nez, etc.

Tumeurs des fosses nasales. — Polypes muqueiix. — Les polypes muqueux des fosses nasales, implantés habituellement sur la muqueuse de la région antérieure de ces cavités, sont uniques ou multiples. Leur pédicule est plus ou moins épais ; leur forme correspond plus ou moins à celle de la cavité ; leur grosseur varie entre «elle d'un pois et celle d'une noix. Ils sont mous, d'apparence muqueuse, tremblotants et faciles à déchirer. Ils proéminent le plus souvent du côté des narines, mais exceptionnellement ils peuvent faire saillie à l'ouverture postérieure des fosses nasales. Us prennent naissance dans le tissu conjonctif de la muqueuse et dans le tissu sous-muqueux. Lorsqu'on examine une section mince d'une de ces tumeurs, on voit qu'elle est limitée par la couche d'épithélium cylindrique stratifié et à cils vibratiles qui appartient à la muqueuse. Dans quelques-unes d'entre elles on voit des glandes muqueuses qui viennent s'ouvrir à leur surface. Ces glandes ont subi parfois une hî-pertrophie notable; leurs conduits excréteurs ou leurs culs-desac présentent alors des dilatations kystiques analogues à celles qu'on irouTe dans les polypes muqueux de l'utérus (voy. t. I, p. :Mb). Cestàcette variété qu'appartiennent les tumeurs kystiques du sinus maxillaire décrites par Giraldès.

Dans certains polypes muqueux des fosses nasales on ne rencontre I pas de glandes. Le tissu muqueux qui forme la masse de la tumeur esl très vascularisé; il possède des faisceaux ou des fibrilles de lissu 'ODJonctif séparés par un liquide muqueux et par des cellules de lissu conjonctif.

l^n fait assez curieux observé sur toutes les tumeurs des fosses nasales, c'est que, lorsqu'elles proéminent à l'extérieur, la muqueuse

3(> HISTOLOGIE PATHOLOGIQUE SPÉCIALE DE l'APPAREIL RESPIRATOIRE.

de ia partie proéminente est tapissée d*un épithélium pavimenteiii stititirié.

Polypes fibreux, — Les polypes fibreux des fosses nasales, de même que ceux qui naissent sur la voûte du pharynx au devant de lapophyse basilaire et à la face inférieure du corps du sphénoïde, prennent leur origine dans le périoste et même dans les os. Les polypes fibreux des fosses nasales ont généralement leur point d'implantation dans la région postérieure de ces cavités. Ils envoient des prolongements dans toutes les directions, dans toutes les cavités, en éludant les obstacles ou en les écartant, élargissant les fosses nasales, amincissant ou détruisant les os« et pénétrant par des voies nouvelles» ou par les ouvertures naturelles, à travers les trous sphéno-palatins, par exemple, dans les sinus qui entourent les fosses nasales et dans la fosse zygomatique. Ils sont constitués par du tissu fibreux, et, d'après l'observation de Muron, ils possèdent une quantité considérable de vaisseaux capillaires à parois minces et embryonnaires, ce qui les rend sujets aux hémorrhagies.

Des sarcomes peuvent avoir le même siège et la même marche. Il est possible que plusieurs des tumeurs décrites sous le nom de polypes fibreux des fosses nasales soient en réalité des sarcomes.

Les carcinomes primitifs des fosses nasales sont très rares; nous n'en connaissons pas de fait bien authentique.

Polypes papillaires. — Parmi les polypes des fosses nasales, il en est qui sont de véritables papillomes. Ils sont formés par de nombreuses papilles composées, pressées les unes contre les autres, ou comprises dans un revêtement épithélial commun. Leur stroma est fibreux et vasculaire, peu abondant, tandis que leur revêtement épithélial est épais et constitué par des cellules pavimenteuses (voy. lig. 19). Un polype de ce genre nous a été remis par M. Tillaux. Après l'extirpation, la tumeur a récidivé.

Vépillvéliome à cellules pavimenteuses peut se développer primilivenuent dans le tégument du vestibule des fosses nasales, ou bien il y arrive par l'extension d'un épithéliome développé sur la peau du nez, de la joue, de la paupière supérieure, sur le bord des narines ou de la lèvre supérieure.

Il existe en outre dans les fosses nasales une {orjne.d' épithéliome à cellules cylindriques qui s'y développe primitivement et qui ne

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