‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 2)Chapitre 103 sur 239 · LES CANALICULES BILIAIRES DANS LA CIRRHOSE · texte numérisé non relu

LES CANALICULES BILIAIRES DANS LA CIRRHOSE

capillaires sanguins contenant des globules blancs. Mais leur continuité, très facile à constater, avec les plus gros canaux tapissés d*épithélium cubique ou cylindrique ne peut laisser de doute sur leur nature. Parmi ces canal icules, les plus fins s'observent surtout à la limite des travées fibreuses et des ilôts de la cirrhose. C*est là qu'on peut s'assurer de leur provenance. Ils se continuent directement, à la périphérie des lobules du parenchyme hépatique, avec les travées des cellules hépatiques, dont ils paraissent être simplement la transformation. Kelsch, Kiener et Sabourin nous semblent avoir démontré nettement cette continuité des néo-canalicules avec les trabécules des cellules hépatiques, non seulement par l'examen direct des travées fibreuses de la cirrhose, mais aussi par la connaissance de ce qui se passe dans une lésion que nous retrouverons bientôt à propos de radénomedufoie. Dans Tadénome, les trabécules hépatiques montrent eo effet souvent, dans leur intérieur, la lumière dilatée des canalicules biliaires intralobulaires, contenant de petites concrétions jaunes ou jaune-verdâtre, formées par du pigment biliaire. Les cellules hépatiques situées autour de ces canalicules dilatés s'aplatissent autour des petites concrétions biliaires, et se transforment en cellules cubiques, plates, formant un véritable épithélium au canalicule central (voy. fig. 152). La lumière de celui-ci est libre ou remplie de petites concrétions. Une travée de cellules hépatiques s'est transformée ainsi en un canalicule biliaire et les cellules hépatiques sont deTenues l'épithélium du canalicule. Par la comparaison de ces faits avec ce qui se passe dans la cirrhose, on est porté à admettre que les pseudo-canalicules biliaires des travées fibreuses périiobulaires représentent des trabécules de cellules hépatiques. Celles-ci, comprimées, atrophiées, aplaties, transformées, sont devenues l'épi tliélium des pseudo-canalicules. Si l'on assimile le foie, d'après Eberlh et Sabourin, à une glande en tubes composée, dont les trabécules hépatiques représenteraient les tubes sécréteurs, les cellules hépatiques ou sécrétantes entourant le fin canalicule excréteur, il est facile d'expliquer les modifications pathologiques causées par l'in- Oammalion chronique. Les cellules hépatiques, après avoir perdu leur forme spécifique, reviennent à l'état embryonnaire et les trabécules se transforment en tubes composés de cellules indifférentes.

Quoi qu'il en soit, qu'on admette la transformation des trabécules hépatiques en pseudo-canalicules biliaires , qu'on s'en tienne à la première explication que nous avons donnée de la transformation des canalicules biliaires intralobulaires qui se laisseraient

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pénétrer par des cellules, qu'on admette avec Charcot une sorte de bourgeonnement et de multiplication anormaux des canalicul^^ biliaires périlobulaires, retenons bien le fait de rexistence et parfois de Textrème abondance de ces pseudo-canalicules dans les travées fibreuses de la cirrhose. Leur grand nombre (voy. fig. 149^ la prédominance du tissu fibreux autour des canaux biliaires «^t rinflammation catarrhale de ceux-ci, ont fait décrire cette maladie comme une variété distincte de cirrhose hypertrophique. sur laquelle nous reviendrons bientôt à propos de la cirrhose biliaire.

Les pseudo-canalicules biliaires se montrent souvent aussi dans tous les points où il existe une cirrhose localisée, quelle que soit >a cause. Ainsi nous les retrouverons dans les travées fibreuses qui en* tourent les gommes syphilitiques, les kystes séreux, les kystes calculeux du foie, les tubercules, etc.

Quel est le résultat fonctionnel de la formation de ces pseudo-canalicuies? Ils prennent évidemment la place, dans la cirrhose, de parties sécrétantes du foie. Ils attestent, par conséquent, une diminution de la sécrétion de la bile. Bien qu'ils forment un réseaa dont les canaux communiquent entre eux et avec les gros canaux biliaires, ainsi que le montrent les injections faites dans le canal cholédoque, il n'est pas sûr qu'ils communiquent facilement ave« les canalicules intralobulaires des portions du foie qui sont encorr susceptibles de sécréter la bile. Les cellules hépatiques sont d*ailleurs elles-mêmes toujours plus ou moins altérées dans la cirrhose. Aussi la sécrétion de la bile y est-elle généralement incomplète, ainsi qu'il a été dit plus haut.

État des cellules hépatiques dans la cirrhose, — Les cellules h«> patiques présentent des altérations très variables, qui sont vraisemblablement contemporaines de la lésion du tissu conjonctif et qui l'accompagnent. Cependant il nous parait probable que, dans bien des cas, les cellules hépatiques ont dû subir des lésions avant que le tissu conjonctif ne soit pris, et d'un autre côté il n'est pas rare devoir les cellules hépatiques à peu près normales, non seulement dans la cirrhose au début, mais même dans des cirrhoses atrophique> avancées, anciennes et très prononcées. Les modifications qu'on observe dans les cellules se rapportent à leurs changements de fonne. i\ leur atrophie, à leur aplatissement, et aux diverses infiltraiions par la matière colorante de la bile, par la graisse, par le pigment

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