PÉRITONITE CHRONIQUE GÉNÉRALISÉE
des adhérences entre les anses intestinales, entre celles-ci et les or- ^.'aoes voisins et la paroi abdominale; ces adhérences sonl constituées par da lissu fibreux filamenteux ou lamellaire plus ou moins souple e( plus ou moins abondant. Il peut en résulter une oblitération complète de la cavité du péritoine. Si le tissu conjonctif nouveau est assez mince, mou et celluleux , pour que les intestins puissent se mouvoir, la vie sera encore possible ainsi que le témoignent les autopsies de personnes âgées, qui assurément portaient depuis nombre d aimées pareilles lésions.
Dans les maladies du cœur, dans la cirrhose hépatique et dans la ••achexie palustre avec hypertrophie de la rate, ce n'est pas, à proprement parler, une véritable péritonite qu'on observe, mais un épanrhement séreux ou ascitc. Cependant, à Tépanchement asci tique pur, >'ajoulent constamment quelques lésions qu'on peut rapporter à rinflammation chronique. Ces lésions consistent dans Tépaississement des capsules propres et du revêtement péritonéal du foie et de la rate, dans des excroissances végétantes ou granuleuses de la surface du foie dans la cirrhose, du péritoine périsplénique dans la cachexie palustre et dans la cachexie cardiaque. De plus , le péritoine pariétal est épaissi ; Tépiploon et les intestins présentent quelijnefois des adhérences ou des franges épaisses et vasculaires.
Itos la cirrhose du foie, il se joint très souvent à cet état une |téritonite plus accusée, caractérisée par la présence de flocons tibrioeux dans Texsudat séreux ou séro-sanguinolent (voy. p. 417). Les ponctions abdominales ne paraissent pas être toujours étrangères au développement ou à Taggravation de ces états inflammatoires du péritoine.
La péritonite hémorrhagique chronique ou subaiguë, qu'on I observe dans la cirrhose hypertrophique, dans le rhumatisme arti- «uiaire, dans la tuberculose, dans la maladie de Bright, etc., se «'aractérise par des néomembranes vascularisées qui ont une structure analogue à celles de la pachyméningite (voy. t. I, p. 685). Ces néomembranes occupent une partie ou la totalité du péritoine pariétal, la surface péritonéale des intestins et du mésentère ; toute la >urface péritonéale du grand et du petit bassin peut en être tapissée. Elles sont simples et minces, formées d'une seule couche, ou bien
^'Ues présentent des feuillets superposés séparés par du sang épanché ;
W tissu embryonnaire qui les compose peut aussi être inflltré de
globules rouges du sang. Lorsqu'elles sont épaisses et ecchymoti-
ques, le liquide épanché dans l'abdomen contient toujours du sang
en assez grande quantité. Le tissu conjonctif sous-jaceol aux nnvmembranes est quelquefois aussi le si^e d'infiltriilions sanguine^. Cette forme de péritonite est remarquable en ce que parfois toute la surface du péritoioe est de couleur brun-noirâtre, ainsi que le liquid* épanché. Ces hématomes du péritoine se localisent quelquefois, dan^ le cul-de-sac rélrO'-utérin, par exemple, où ils constituent une variété de rhémalocèle péri-utérine.
Tubercules du jyéritoine et péritonite tuberculeuse. — Rien n'esi plus varié que la distribution et les conséquences des tubercules du péritoine. Ils peuvent être très discrets, comme on le voit chez certains tuberculeux, chez lesquels il existe seulement quelques frranulations semi-transparentes, très petites, sur le feuillet intestinal du péritoine, au niveau des ulcérations tuberculeuses de la muqueus*- Les lymphatiques qui rampent sous le péritoine sont alors enflammé^ et tuberculeux (voy. t. Il, p. 349), et à leur niveau on trouve quelquefois des traces de péritonite, des fausses membranes fibrineuse> et des adhérences molles.
Hais les choses changent de face lorsque tout le péritoine ou uor notable partie de la séreuse sont couverts de granulations miliaiiv^ Il en résulte souvent une péritonite caractérisée surtout, sinon uoh quement, par une ascite considérable; le liquide épanché est citrio, transparent et montre quelquefois des flocons fibrineux. C'est là ck qu'on observe lorsque les granulations sont petites et qu'elles siègent à la surface de la séreuse.
Dans d'autres circonstances, la péritonite est plus intense, en particulier lorsque les granulations se montrent dans le tissu conjoDclif profond du péritoine et de ses replis. Le mésentère, le grand épiploon, le mésocôion présentent alors un épaississement considérable, car les granulations sont entourées d'un tissa embryonnaire avec lequel elles se continuent sans ligne de démarcation. L'épaisseur du grand épiploon ou du mésentère atteint ainsi 1 centimètre et mèoK' 1 centimètre et demi. Le grand épiploon se ratatine et s'accole au côlon transverse. Le mésentère se rapproche aussi de son inserlion fixe en y attirant et en y fixant la masse de l'intestin grêle.
Le liquide épanché, dans cette forme de péritonite tuberculeuse. est de nature variable : citrin au début, il peut devenir purifonot* et présenter des flocons fibrineux, en même temps que des faus^^f membranes fibrineuses se déposent à la surface de la séreuse, ii se résorbe souvent en totalité ou en partie, et le ventre diminue é^