CHAPITRE IX
Le pancréas est formé de grains glanduleux, ou aciniy qui déversent leur produit de sécrétion, le suc pancréatique, par l'inlermédiaîre du canal de Wirsung, à Tainpoule de Vater, dans la seconde partie du duodénum. Il existe habituellement un second '-anal excréteur qui vient de la tête du pancréas et qui s'ouvre isolément auprès du premier (Verneuil, Cl. Bernard, Sappey). Les vésicules, ou culs-de-sac glandulaires, ont de 45 à 90 f* de diamètre ; elles sont entourées d'une membrane propre très mince et conliennent des cellules prismatiques dont le sommet correspond à la lumière de la vésicule. Les conduits excréteurs, dont la paroi mince est composée seulement de tissu coojonctif et de fibres élastiques, sont tapissés d'une seule couche de cellules cylindriques de petite ilimension.
Ces conduits étant injectés au bleu de Prusse soluble, sous une pression faible et continue, la matière pénètre d'abord dans la lumière centrale du cul-de-sac, puis dans un système de canaux formant un réseau complet autour des cellules glandulaires (Langerhans,Saviotti, Giaouzzi).
Ce réseau de canalicules est comparable à celui des canalicules biliaires intralobulaires (voy. p. 361).
Les acini de la glande sont logés dans une atmosphère celluloadipeuse, qui sert de soutien aux vaisseaux sanguins et aux nerfs. Les vaisseaux sanguins et lymphatiques affectent la même disposition que dans les glandes salivaires. Les nerfs, provenant du grand 'ympaihique, composés surtout de fibres lines, accompagnent les vaisseaux.
Le suc pancréatique, clair, limpide, un peu visqueux, alcalin, coQtient des matières albuminoîdes, et possède la propriété d'émul- ^ioimer les graisses (Eberle, Cl. Bernard). De plus, il agit à la manière de la salive pour compléter la transformation en sucre
des matières amylacées (Bouchardat et Sandras) ; enfin il concoun aussi à la digestion des aliments azotés (L. Corvisart). Le paDcrêa> est donc une des glandes les plus nécessaires à la digestion ialestinale, si elle n*est pas absolument indispensable à la vie. Lorsque le suc pancréatique n'arrive plus à l'intestin, les matières gras;^ sont incomplètement digérées, et Ton en trouve dans les fèces, qui sont alors le plus souvent liquides (diarrhée graisseuse).
§ 1. — AnaioaUe pmthialim^mpÊ» ëm ^^mm
L'anatomie pathologique du pancréas a été jusqu'ici peu étudiée, surtout parce que les modifications pathologiques des cellules glandulaires et du tissu conjonctif de la glande ne produisent pas dt changements bien appréciables à l'œil nu; aussi trouvons-nous dan> les traités d'anatomie pathologique peu de renseignements préci? sur les lésions histologiques de cet organe.
Inflammation parenchym^iteuse, — D'après C.-E.-E. HofTmano {Observations sur les lésions des organes dans le typhus abdominal^ 1869), le pancréas serait constamment altéré dans la Rèw^ typhoïde de la même façon que le foie. On observerait dans la première semaine de la maladie une hyperhémie très intense du tissu conjonctif, tandis que les cellules glandulaires seraient hypertrophiées. Dans la seconde semaine, les cellules contiendraient plusieurs noyaux ; leur protoplasma deviendrait granuleux et se remplirait de granulations graisseuses au point de masquer les noyaui; le contour des cellules serait peu marqué. L'hypertrophie des a<*ini résultant de cette lésion causerait une compression sur les vaisseaux et une anémie du tissu conjonctif interstitiel.
Il est probable qu'une lésion analogue existe dans une série de processus infectieux.
Vinflximmation suppura tive du pancréas est extrêmement rare; mais cependant elle n'est pas sans exemple, qu'il s'agisse d'abcès métastatiques disséminés, d'une suppuration diffuse de la glande ou d'une inflammation propagée à tout le tissu conjonctif qui Fentoua^ et aux ganglions lymphatiques. C'est ainsi qu'on a vu (Gendria) le pancréas baigner dans un abcès formé autour de lui, abcès qui peut s'ouvrir dans le péritoine, dans le duodénum ou dans l'estomac.