CONGESTION RÉNALE CHEZ L*HOMME
Il existe donc toujours, dans rhémoglobiourie, une sécrétion coagulable, qui provient surtout de Tépithélium strié des tubes contournés.
De la congestion rénale chez Vlwmme, — La congestion rénale 3Sl caractérisée par la rougeur de la surface du rein et par la dis- ;i?nsion des étoiles veineuses de Vereyen ; sur une section de Torfane, le sang s'écoule en abondance des vaisseaux ; on obseiTe un piqueté rouge de la substance corticale dû à la congestion des vaisseaux des glomérules.
A Texamen microscopique des coupes des pièces durcies, on peut ^'oir des globules rouges, en quantité plus ou moins grande, dans la f^psule des glomérules et dans la lumière des tubes uririifères. Le sang se mêle en nature ou sous forme d'hémoglobine à l'urine et aux exsudations tubulaires ; il teint en jaune les cylindres hyalins ; des granulations de pigment se montrent par places dans les cellules des tubes contournés ou des tubes droits.
Telles sont, en peu de mots, les lésions communes aux congestions rénales ; mais elles présentent de grandes variétés suivant qu'on a affaire à une congestion simple, à une congestion compliquant les diverses espèces de néphrites ou à des congestions empruntant leurs caractères spéciaux à des maladies déterminées.
Parmi ces dernières, il est nécessaire de décrire la congestion hémalurique des fièvres intermittentes et la congestion rénale consécutive aux maladies cardiaques.
Congestion rénale consécutive aux maladies paludéennes, — La congestion hématurique ou hémoglobinurique des affections paludéennes, due à la destruction et à Téliminaiion des globules rouges, reproduit exactement les lésions que Lebedeff a obtenues dans rhémoglobinurie artificielle chez les animaux. Kiener et Kelsch (1) ont profité de leur pratique hospitalière en Afrique pour en tracer un excellent tableau. Lorsqu'un sujet, sans antécédents paludéens, sucœrobe à un accès de fièvre pernicieuse après avoir rendu une urine brunie par Thémoglobine dissoute, contenant des cylindres hyalins, des globules blancs ou rouges et des moules formés d'une matière gi'anuleuse brune, ou même une urine rougie par la présence d'une ?^de quantité de globules rouges, on trouve à l'autopsie le rein fortement hyperhémié et augmenté de volume.
0) Krdùvt^ de phyiiologie normale et pathologique, u* du 15 février 188Î.
ATexainen microscopique, les cellules du rein obtenues par 1 ■ raclage de la substance corticale, avant l'action de tout réaaif, {«• raissent gi^nuleuses ; leur protoplasma est coloré en brun, ce qut est dû soit à une teinture diffuse, soit à la présence de très tiot> granulations pigmenlaires.
Sur les coupes obtenues après l'action durcissante de Talcool ou ila liqueur de Mûller, on voit que, dans la plupart des tubes, répi* thélium est limité du côté de leur lumière par un contour iné^'^ frangé, déchiqueté. De distance en dislance, les cellules épithélialr^ sont gonflées, granuleuses et sombres à leur base, et elles se tenninent, à leur bord libre, par un renflement hémisphérique, încolortf. translucide. Ce sont des cellules vésiculeuses toutes prêtes à vers^ leur contenu liquide. Dans la lumière des tubes, il s'accumul' des éléments sphériques translucides ou granuleux, bruns, et J» boules hyalines ou granuleuses, des globules rouges et parfois aib^: des noyaux de cellules épithéliales.
Ces divers exsudats, en se concrétant, constituent des moule^ ou cylindres hyalins, homogènes, pâles, semblables à une solutius de gomme arabique, ou granuleux, opaques, brunâtres, s'ils renferment une certaine proportion d'hémoglobine. Ils entraînent ave eux quelques globules rouges, des leucocytes ou des cellules éph théliales qui sont compris dans leur intérieur ou situés i leur surface.
L'épithélium des tubes contournés est le plus altéré dans ceUr congestion hémoglobinurique de courte durée. On voit par if< exemple avec quelle rapidité le sang modifié agit sur répithélium rénal. Les tubes droits cependant peuvent être encombrés de ''ylindres et charrier des globules rouges en plus ou moins grande abondance sans que leur épithélium soit lésé.
Les glomérules de Malpighi présentent souvent, dans leurs ans^ vasculaires , des leucocytes remplis de pigment noir. On sait, '*n effet, que dans les accès paludéens, surtout dans les accès pemirieni, les cellules lymphatiques du sang se remplissent de pigment noir (mélanémie). Mais ces éléments s'arrêtent dans les bouquets va^/!^ j laires des glomérules et ne paraissent pas pouvoir en sortir facile* ment par diapédèse. Entre le bouquet vasculaire et la capsule Jr Bowmann, on trouve un exsudât muqueux sous forme de boules; les I cellules de la capsule sont souvent tuméfiées ou détachées.
La lésion du rein est assurément secondaire dans raccès de fit^vre pernicieuse ; mais dans cet ensemble symptomatique déterminé p>r I