‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 2)Chapitre 146 sur 239 · NÉPHRITE DIFFUSE SUBAIGDE ET CHRONIQUE · texte numérisé non relu

NÉPHRITE DIFFUSE SUBAIGDE ET CHRONIQUE

i*apporle aussi la majorité des faits de néphrite scarlalineuse à la ûéphrite aiguë diffuse, au gros rein blanc, dans lequel les lésions portent surtout sur Tépithéliura.

D'après la majorité des auteurs (1), et d'après nos recherches personnelles, le parenchyme rénal présente toujours toutes les lésions des cellules et du contenu des tubes urinifères que nous avons étudiées dans les néphrites passagères, et sur lesquelles nous n'avons pas à revenir. Si Ton s'en tenait à certains faits publiés, on serait conduit à distinguer, dans la néphrite scarlatineuse, deux variétés : lune caractérisée par une gloméinilile et une néphrite interstitielle aiguë, Tautre par une néphrite diffuse ou parenchymateuse. Mais nous éviterons cette dichotomie par la raison bien simplo que la néphrite scarlatineuse se caractérise toujours par des lésions portant >ur Tépithélium et sur le contenu des tubes. Lorsque la maladie est liés intense, il existe une inflammation très marquée de Fappareil glomérulaire, une diapédèse de cellules dans la cavité du glomérule et dans le tissu conjonctif périglomérulaire. Cela ne nous surprend nullement, puisque nous avons constaté les mêmes faits dans la néphrite albumineuse cantharidienne aiguë et subaiguë, et que Tétude des néphrites passagères nous a montré aussi un certain degré de la ^lomérulite plus atténué, il est vrai, que dans les néphrites scarlatineuses. Cette combinaison des inflammations des glomérules avec les lésions de Tépithélium dans la néphrite diffuse ressortira encore avec plus d'évidence de la description de la néphrite chronique.

En résumé, la néphrite scarlatineuse est un type de néphrite diffuse aiguë. Tout le rein est altéré ; les glomérules sont enflammés quelquefois à un très haut degré, mais le parenchyme épithélial Test anssi. Dans tous les cas, Tépilhélium des canaux contournés est trouble, granuleux, tuméfié ; la lumière des tubes contient un exsudât, des cylindres, etc. Souvent les cellules épithéliales sont en dégénérescence granulo^raisseuse. C'est une néphrite passagère, analogue à celles que nous avons décrites jusqu'ici, mais plus intense, pouvant passer à l'état chronique, et revêtir alors tous les caractères de la néphrite parenchymateuse (gros rein blanc).

Néphrite albumineuse permanente^ néphrite diffuse^ subaùjnë et chronique, néphrite parenchymateuse. — 11 en existe plusieurs

(1) Cette question est très bien discutée dans rarticle Rein de M. Labadie-Lagravc ilhctumnmre prûiique de$ Se. méd„ public sous la direction de M. Jaccoud).

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variétés. Nous examinerons d'abord la néphrite permanenle subaiguë, qui a une durée de plusieurs semaines à deux ou irois moji, •". qui résulte de causes variables, le froid, l'alcoolisme entre autr---. Dans cette forme subaiguë, le rein est congeslionné; les étoil<-â i' Verheyen sont dilatées et très apparentes à la sui'fàce du rein: 1rein est de volume normal ou à peine hyperirophié ; lorsqu'on U.une section de l'organe, on ne trouve pas cet aspect blanc mal qm caractérise le rein blanc; quelquefois, cependant, la surface du mu est marbrée de blanc, ou bien la substance corticale présente sur m^ coupe une couleur jaunâtre ou jaune rouge. Mais, dans bien di's •m-, on ne peut affirmer l'existence des lésions du rein qu'après en a\^.' pratiqué t'examen microscopique. Voici le résultat de cet examen :

Les glomérules sont souvent altérés dans une ou plusieui*s de kurparties constituantes. Les lésions de ces glomérnlites portent sur IVpithélium de revêtement de la capsule et sur les cellules su|><t!:cielles des anses vascutaires.

L'épithélium plat qui revêt la surface interne de la capsule pr'sente babituellemenl une prolifération très marquée, et on trouv. alors une rangée de cellules polyédriques ou sphéroïdes, plus gr0;x'~

Fie. 181. — S^meol d'un glomtrul» ciilUiuiDt<. II. c. capiule d« Baxminn «oc ici cellul» piriouLei plu. ou moint liin.*B«i ; t. t^»itt r.. libre* itat la oiiié du glgniérulg: f, «llolei qui iiUkreal va, uki nKvUlm <!■ itavn' a, bouquel jlaiiiétsUin. — GroiiiMcmfiU du !0O dilirclm.

qu'à l'éuit normal, saillantes, souvent détachées ou adhérentes à 't capsule par une extrémité, et disposées en couches superpos-emies sont alors irrégulières ou polyédriques par pression récipruqur (fif;. 192). Quelquefois ces cellules forment un amas dans la eapsuK'. au niveau de l'embouchure du tube contourné qui en émane. Très souvent on observe en même temps une multiplication Jr-

GLOMËnULITES DE Lk NÉPHRITE DIFFUSE StlBÀICUE. 583

cellules de la couche 1res mince de tissu conjoncUf qui tapisse à l'état normal la surface libre des anses du glomérule. Les noyaux qui existent dans cette couclie prolifèrent, deviennent saillants, s'en-

lourenl d'un protoplasma granuleux, et donnent naissance à autant île cellules. Celles-ci forment une saillie très nette à la surface des anses (fig 19S)- Vues de profil, elles offrent !a forme d'un croissant ou d'une calotte à l'extrémité des anses du t^lomérule, et elles s'en (U-lachent à im moment donné. Elles ont été bien figurées par Laniilians. Leur forme variable leur a fait donner le nom de cellules à pied, cellules en massue, cellules en fronde, en battant de cloche. Apiés avoir adhéré un certain temps à la surface des capillaires du ^loniéinile, elles tombent dans la ravité glomérulaire, en même ifinps qu'elles sont remplacées par d'autres cellules. Il en résulte ime accumulation, dans la cavité glomérulairc, de cellules plates, polyédriques ou sphéroïdes, très irrégulières, souvent adhérentes tu bouquet vasculaire. Une prolifération analogue, mais moins inknse, a lieu entre les vaisseaux qui composent le glomérule, en fuêriie temps que les parois de ces vaisseaux s'épaississent et que Wm- lumière se rétrécit (D, fig: 193).

Ccslésionssont très importantes à connaître, et leurs conséquences 'l'une haute gravité. Si la plupart des glomérules sont enflammés de ■■■'ite façon, les conditions de la sécrétion urinaire sont en effet com-

584 DES REIHS.

piètemenl modifiées. Comme le passaffe de'l'eau du sérum sao^ii

Fie. 1B3. — DiTonM lariaM de l'iaflimmiioD da raTéUanl esUnbin det uuu dtt flMMiUn

d« fiisccauide llna esa>uclitN{

dbrill» d* liuu ïcuJwKUr.

K. — Ollaitt (dMciiiiOi k 1> ftm ^ <te) ■ ■■Mlcala lt*t long fiv la fani ntctMn.

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ilr^nilit «H poinl*. Lh daai isim irr^filitrca 1. 1, hrwe liHiiliiil dm UMi fMcaWna fafim pcrfadicaliima prvlilênlkia im callulH pâripbjn^n •* pir k liimiiH

Lm «Ualu l,t iHl i^lMIda f

I lieu sunout au niveau du glomérule, si ses Taisseaux soDt peu

GLOMËRDUTE DE LA NÉPHRITE DIPFDSK SUBAIGUE. 585

KTinéables, la quantité de l'urine sécrétée diminue très notableni^nl, et it en résulte des accidents urémiques. A la suite de rinflammation de ta capsule de Bowmana, il se forme

quelqœrois, i la face iateroe de cette membrane, des faisceaux de

couiL KT KAiniu. II. — n

tissu conjonctif. Ainsti, dans une observation de Biinlt, il esi&taii accolée à la face interne de la capsule de Bowniann, une gnni' quantité <le cellules rondes ou irréguliëres, munies de gros noyaui séparées par des lames ou des fibres de tissu conjonctif. Il en résultait un tissu réticulé dont les travées, unies à la membnoe i- Bowniann, étaient formées de fibres de tissu conjonctif, et doall<ï mailles étaient remplies de cellules libres ou s^lomérées, lesuneau contact des autres ou adhérentes aux faisceaux fibreux (ù%. \% et 195). C'est là le type le plus accentué de l'inflammalion de i.' capsule glomcrulaire.

Le degré le plus avancé de l'inflammation subaiguê ou chroDiqu< du bouquet glomérulaire consiste dans son atrophie fibreuse, qui \transforme en un nodule de tissu fibreux imperméable au sang.

Ces lésions du glomérule, même lorsqu'elles sont aiguës, relec tissent presque toujours sur le tissu conjonctif rénal, au pourtour d> la capsule du glomérule et sur la tunique externe des vaisseaux, iitériole et veinule, qui se trouvent au hile du bouquet vasculairc Constamment aussi la paroi propre de la capsule est très notablement épaissie.

Telles sont les lésions de la glomérulite, facteur imporlanl de t. néphrite diffuse subaiguë ou chronique, mais qui appartient auparfois, à un degré variable, à la néphrite diphlJiéritique et à la srphrite scarlatineuse.

Fia. IM, - A,ie[ii

B.C. daiuJhilH ti

n, nOfiD. — GroiiiiHiPcnt de 400 dinmilrei.

Les reins présentent en même temps, du côté des tubes uriniAref-

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