NÉPHRITE DIFFUSE CHRONIQUE. — REIN BLANC
faire des coupes du rein à Tétat frais, et à les traiter par l'acide formique ou acétique. Lorsqu'on les examine à un grossissement de V) diamètres, on voit un nombre plus ou moins considérable de tubes urinifères qui sont de couleur sombre, opaques et ne laissent pas passer la lumière directe. A un plus fort grossissement, on reconnatt que Topacité est due à une quantité de petites granulations ;,^raisseuses situées dans les cellules épithéliales des tubuli. L'acide osmique est le meilleur moyen pour colorer et conserver les préparations, dans lesquelles les granulations graisseuses sont alors noircies et fixées.
Les diverses lésions que nous venons de passer en revue dans la forme aiguë peuvent se combiner très diversement et constituer ainsi beaucoup de variétés sur chacune desquelles nous ne pouvons pas insister.
Formes chroniques de la néphrite diffuse. — Néphrite parenchymateuse. — Rein blanc. — A la forme chronique de la néphrite permanente, correspond le plus souvent ce qu'on appelle le gros rein blanc, le gros rein lisse. Cette lésion s'observe à la suite de la syphilis, de l'alcoolisme, de l'action du froid et quelquefois aussi de la tuberculose pulmonaire. On la rencontre chez les femmes en cou* ches mortes d'éclampsie. Le rein est plus gros qu'à l'état normal ; mais cette augmentation de volume présente beaucoup de variations; il peut être à peine augmenté, tandis que d'autres fois il présente un poids et un volume doubles de l'état normal. Sa coloration est blanche, tantôt d'un blanc mat, tantôt et plus souvent d*un blanc jaune. Il est de consistance pâteuse ou molle ; sur des coupes, on voit que la coloration blanc jaune appartient exclusivement à la substance corticale et tranche avec la coloration rouge <ie la substance médullaire ; on constate aussi que l'épaississement Je la substance corticale constitue presque à elle seule l'augmentalion de volume du rein ; on trouve quelquefois dans cette forme du mal de Bright une phlébite de la veine rénale, accident noté trois lois dans les observations de Rayer et que nous avons observé nousmêmes plusieurs fois.
Au microscope, les tubes contournés offrent les lésions cellulaires Jéjà connues : état vésiculaire des cellules, boules, exsudats dans la lumière des tubes ; mais ce qu'il y a de particulier dans cette forme, c'est la dégénérescence graisseuse qui est bien plus considérable que <lans les variétés que nous avons étudiées jusqu'ici ; cette dégénères-
cence est très irrégulièrement répartie ; les cellules sont quelquefois complètement dégénéiées, et elles se délachent parfois de la paroi des tubes ; mais le plus souvent elles restenl en place et il n'y a pas
Pic. 108. — Coopod'iin rein «lltinl île ludadie da Briflii. Le» celluici qui Upitunl letinbe!"' grinuttuui, nnpliei de gniiulilioiis jirolélqu» e( gnieieuKg. Aa cenlrc d« lubte, un >j: i' conpf de cylindre) hyilini.
de desquamation épitliéliale, dans le sens que Johnson avait attribut' à la néphrite desquamative. En effet, si quelques cellules épithélialf; tombent, la paroi du tube n'est pas pour cela dépouillée, car il s* forme de nouvelles cellules qui lui restent accolées, remplaçant ain^i celles qui se desquament cl qui sont enti'ainécs par l'urine.
Lorsqu'on examine une coupe de la substance corticale d'un ri'in durci par l'acide osmique, les tubes contournés, généralemenl dilatés, contenant dans leur lumière des exsudats déjà connus, pré>eDtent une rangée de cellules plus ou moins volumineuses. Quelquefois ces cellules sont ;iplaties, pourvues de noyaux; parfois elleconservent leur volume normal ou bien elles sont très volumineuse^. Les granulations graisseuses plus ou moins grosses colorées en noii
par l'acide osmique sont presque toujours régulièrement i-angées o" séries voisines de l'implantation des cellules sur la paroi propre J- • tubes {o, fig. 199). Ces granulations forment une sorte de borJui^-