INFLAMMATION DE L^OVAIRE. — OVARITE
Sotts rinfluence d'une congestion très intense de l'ovaire, pendant la menstruation ou entre les époques menstruelles, dans les maladies générales, telle que le purpura, le scorbut, le typhus, la variole, la scarlatine, la rougeole, etc., il peut se faire des épanchements san-^ guins;on a divisé ces hémorrhagies en folliculaires et parenchyraateuses.
Les premières siègent dans un ou plusieurs follicules de Graaf i la fois. L'ovaire reste alors volumineux et, en le sectionnant, on voit, au milieu de son parenchyme induré, plusieurs follicules qui sont remplis de sang coagulé. Ces follicules ont un volume moyen variable entre un petit pois et une cerise ; mais ils peuvent atteindre celui (l'une noix ou d'un œuf. Le sang coagulé qui les distend est de couleur brun foncé, noirâtre. 11 est facile de distinguer ces produo* lions pathologiques des corps jaunes : il n'y a jamais à l'état normal qu'un seul follicule qui contienne du sang, c'est celui de la dernière menstruation, et alors on constate facilement la cicatrice qui lui cor* rcspond à la surface de l'ovaire. L'hémorrhagie pathologique se fait au contraire dans deux ou trois follicules du même ovaire ou des deux ovaires, aussi bien dans les follicules profonds qu'à la surface* Les hémorrhagies folliculaires coïncident parfois avec des adhé« rences de l'ovaire, avec de la péritonite adhésive chronique péri-> ovarique, avec des adhérences pathologiques de la trompe qui em* pèchent la déhiscence normale des follicules. En pareil cas, on observe en même temps un épaississement calleux de l'ovaire et des régressions anomales des follicules de Graaf, qui sont tantôt comblés par un tissu muqueux (Slavjansky), tantôt hydropiques. Lorsque l'ovaire est libre d'adhérences et qu'une hémorrhagie se fait dans un follicule superficiel, il peut en résulter une rupture de sa paroi et une hémorrhagie plus ou moins abondante dans le péritoine (héraatocèle).
Les hémorrhagies parenchymaleuses se produisent dans les mêmes conditions au milieu du tissu conjonclif de l'ovaire.
Inflammation de l'ovaire; ovarite (oophoritis). — L'inflam* malion primitive des ovaires, indépendante de la p:rossesse, de la pelvi-péritonite ou de la pyohémie, est 1res contestable et pour le moins exceptionnelle. L'hyperesthésie ovarienne que Ton constate chez quelques femmes et en particulier dans l'hysténc ne correspond pas à des lésions matérielles appréciables.
Pendant la grossesse, les phénomènes qui se passent du côté de
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Tovaire se rapprochent de ceux de rinflammation. Son parenchyme est tuméfié et la circulation y est plus active; c'est probablement pour cette cause que le corps jaune de la grossesse acquiert un volume insolite.
L'organe est disposé, par suite de ces modifications nutritives, à une inflammation pathologique plus ou moins intense après IVcouchement ou après un avortement. Aussi est-ce chez les noufelles accouchées qu'on rencontre presque exclusivement les inflammation aiguës qui s'observent avec la métrile et la péritonite péri-ovarienne. Dans l'inflammation de faible intensité, l'ovaire est mon w imbibé de suc, son tissu est infiltré de cellules lymphatiques. Lfs follicules de Graaf volumineux contiennent un liquide trouble, teinté parfois par du sang et constitué par une grande quantité de cellules épithéliales ou de cellules lymphatiques. A un degi^ plus intense de l'inflammation, dans la pelvi-péritonite, suite de l'accouchement, on trouve, avec une congestion très marquée et des néomembranes fibrineuses de la surface ovarienne, une grande quantité de cellules lymphatiques collectées en traînées blanchâtres ou de petits abcès dans le stroma de l'ovaire. En même temps, h liquide contenu dans les follicules de Graaf est devenu séro-puralent. Enfin, dans les métro-péritonites puerpérales plus violentes, l'ovaire est situé au milieu du pus et des fausses membranes, son tissu est très congestionné et ses follicules sont habituellemeDi remplis de pus.
Lorsque l'ovarite est accompagnée seulement d'une péritonite circonscrite au petit bassin par des adhérences fibrineuses et conjonctives, l'ovaire peut se trouver au milieu d'un abcès qui se résorbera ou s'ouvrira par le rectum, la vessie, etc.; plus tard, l'ovaire sera uni intimement par des membranes ou par des filaments de tissu fibreux avec les organes voisins, la trompe, l'utérus, etc., et sa foodioa sera perdue.
On peut considérer comme dépendant d'une ovarite inlei*stiu'ell^ chronique la formation du tissu fibreux dur et dense qui succède aux congestions ovariques répétées et à l'évolution rétrograde des follicules de Graaf. Ceux-ci, en effet, se transforment, ainsi que nous l'avons vu, en un tissu cicatriciel, même après la ménopause. Che! les femmes âgées, l'ovaire est presque toujours dur et calleux; sa surface est bosselée, d'apparence carlilaginiforme; sa capsule fibreuse est épaissie et indurée comme la capsule fibreuse de la rate; si couche corlicale est absente et les follicules de Graaf ou les corps
TUMEURS DE L'OVillRE. — SARCOME. 685
jaunes de grossesses antérieures ne se montrent plus que comme des kystes à parois fibreuses, dures et rétractées. Ces ovaires possèdent leur volume normal ou sont atrophiés.
Tumeurs. — Le chondrorhe de l'ovaire a été observé deux fois par Ki^isch; dans un de ces faits, Tovaire droit avait acquis le volume du poing et était transformé en une masse cartilagineuse hyaline et dure. Scanzoni a vu un cas de chondrome au milieu d'une tumeur fibreuse.
Les tubercules de l'ovaire sont très rares; ils viennent quelquefois avec la tuberculose des organes génito-urinaires, surtout chez les enfants. Le péritoine qui revêt l'ovaire en est souvent le siège ; les granulations tuberculeuses développées dans le parenchyme sont loin d'avoir la même fréquence. Elles se présentent avec leurs caractères habituels, à l'état de granulations semi-transparentes ou caséeuses à leur centre.
Les gommes syphilitiques sont également très rares; Lancereaux en cite deux exemples» sans détails hislologiques, il est vrai, et regarde comme syphilitique un état fibreux dense de l'ovaire qu'il a observé plusieurs fois chez des femmes encore réglées.
Des tumeurs secondaires, constituées par des lymphadénomes, ont été observées une fois par l'un de nous.
Les fibro-myomes de l'ovaire, comparables à ceux de l'utérus, sont cependant beaucoup moins fréquents. Ils se présentent tantôt comme de petites tumeurs sphériques siégeant soit à la surface, soit dans la profondeur de l'ovaire , tantôt comme de grosses tumeurs dures ayant le volume du poing ou davantage, dans lesquelles l'ovaire est complètement transformé en une masse homogène. Le tissu fibreux y domine et les faisceaux musculaires lisses y sont peu abondants. Sur une coupe, les faisceaux conjonctifs sont disposés irrégulièrement et ne rayonnent pas autour d'un ou de plusieurs centres comme cela a lieu pour les fibro-rayomes de l'utérus. On y trouve quelquefois des cavités kystiques contenant un liquide clair ou sanguinolent, et leur surface est parfois calcifiée.
Sarcome. — Plusieurs exemples de sarcomes développés primiti-
veinent dans l'ovaire ont été présentés pendant ces dernières années à la Société anatomique : le volume de la tumeur est très variable; tantôt Tovaire reste peu développé, tantôt il acquiert un volomtf^ énorme. Dans une observation de Yillard (Soc. anat.j 4870, p. l!i'> la tumeur, constituée par un sarcome embryonnaire avec kystes s^oguinolents, pesait 7 kilogrammes. Dans d'autres faits, des kystes séreux se sont développés dans la tumeur sarcomateuse. La InmcQ: formée par l'ovaire sarcomateux est généralement ovoïde et lisse: les deux ovaires peuvent être envahis simultanément. On observe, s: la maladie a duré un temps suffisamment long, des métastases dans le péritoine, les plèvres, l'intestin, etc.
Carcinome. — Parmi les observations anciennes de carcinome d^ l'ovaire, il en est assurément qui pourraient être rangées aujourd'hui parmi les kystes ou les épilhéliomes. Mais le carcinome d tr existe pas moins.
Le carcinome de l'ovaire est primitif ou secondaire; il peut '■r effet se montrer consécutivement à un carcinome du col ou du coq*de l'utérus, du rectum ou d'un organe plus éloigné : la néof<imation est généralement alors petite et nodulaire. Cependant do'> avons vu plusieurs fois une infiltration diffuse et complète de toui l'organe par un cancer secondaire émané de l'utérus.
Le carcinome ovarien primitif atteint de très grandes dimension^, dans certains cas, la tumeur est, par exemple, de la grosseur d*un tête d'adulte ou davantage ; le plus souvent, il appartient à Venc^phaloïde. En général un ovaire seul est le siège de la tumeur, uv.il'autre ovaire peut aussi être atteint à un degré moindre. Le car inome médullaire ovarien constitue une tumeur plus ou moins molle, ayant généralement une consistance plus ferme que dans d'autr**organes, en raison de la structure fibreuse préexistante de l'orainv elle donne au raclage une assez grande quantité de suc laiteui. •"' sa surface de section est blanche ou blanc grisâtre et opaque. Li capsule fibreuse ovarienne est le plus souvent envahie quand le rarcinome n'est pas absolument récent, et on trouve à sa surface de< végétations et des bourgeons constitués par du tissu carcinoroateux. Le péritoine participe toujours à la dégénérescence de l'ovaire; I' carcinome envahit sa région pelvienne, le grand épiploon et le^ villosités épiploïques de l'intestin. La structure de la tumeur répood à la description générale du carcinome encéphaloîde ; les cloisons qu' limitent les alvéoles présentent cependant quelquefois, avec lesfibn'5