KYSTES DE L'OVAIRE
de tissu coDjonctif, des fibres musculaires lisses ; des cellules épi» thélioîdes sont disposées sans ordre dans les cavités du stroma, ou bien elles sont implantées perpendiculairement à la surface de ces cavités. Les vaisseaux, dans Tencéphaloïde, acquièrent quelquefois un développement considérable ; il se produit ainsi un cancer hématode. Dans le carcinome de Tovaire, de même que dans les autres (umeurs ovariques, on peut trouver des kystes, que ces derniers se soient formés dès le début du carcinome ou qu'ils Talent précédé. Des bourgeons constitués par le tissu de la tumeur font alors en général saillie dans la cavité des kystes.
Le carcinome primitif se présente quelquefois sous forme de tumeur colloïde ou de squirrhe.
Les tumeurs secondaires de l'ovaire offrent la même structure que les tumeurs primitives; il se produira, par exemple, des épilhé" Homes à cellules cylindriques ou à cellules pavimenteuses dans Tovaire, consécutivement à des tumeurs de même nature développées dans Tutérus.
Des épithéliomes à cellules cylindriques peuvent, d'après Tobservation de Rindfleisch et de Klebs, se développer primitivement dans Tovaire. Dans un cas cité par ce dernier auteur, la tumeur ayant été extirpée, il survint une récidive dans la peau au voisinage de la plaie.
Kystes de l'ovaire. — Les kystes sont, de toutes les néoformations et maladies de l'ovaire, les plus communes et les plus importantes par leur développement et par leurs conséquences; l'ovaire est, avec le rein, l'organe où ces productions ont le plus de tendance à se développer. Nous avons déjà vu des kystes dans les tumeurs de l'ovaire précédemment décrites ; il nous reste à étudier les kystes proprement dits qui sont très variés au point de vue de leur développement et*de leur nature.
I' Hydropisie des follicules de Graaf. — Rokitansky a montré que les follicules de Graaf peuvent se laisser distendre par un liquide séreux et limpide, de manière à former de petites cavités kystiques de la grosseur d'un haricot ou d'une noisette. Dans une tumeur ovarique composée de kystes de ce volume, Rokitansky a trouvé un ovule dans chacun d'eux. Les kystes par distension des follicules sont généralement petits; la tumeur de l'ovaire n'acquiert
fSm OVAIRE.
pas un volume considérable , et elle dépasse rarement celui du poing.
3° Kystes uniloculaires. — On rencontre quelquefois un ky^le ovarien unique, ayant acquis un volume considérable et dont la parai esl formée simplement par le feuillet péritonéal, une couche de tissu conjonctif lamellaire et un revêtement épilhélial inleme. On serait tenté de considérer ces tumeurs comme résultant à'\ioi bydropisie et d'une dilatation considérable d'un follicule de Grssl. Mais rien ne le prouve, et, au contraire, tout porte à penser que ce; kystes résultent de la réunion en un seul de plusieurs kystes préexistants, et qu'il s'agit d'un mode particulier de la dégénérescenc'^ kystique de l'ovaire dont nous avons déjà donné, 1. 1, à la page Xû, une description que nous complétons dans le paragraphe suivaoi,
3° Kystes prolifères; kystes gélatinifonnes ou muUilocuhiret; épilhéliome myxoide. — Ces kystes multiloculaires ou aréolairci contiennent généralement un liquide muqueux. Leur volume est variable, mais il est en général considérable. Ils sont plus ou moim
régulièrement spbériques, les kystes secondaires faisant une saillit: plus ou moins distincte. Ces tumeurs sont généralement pédiculéef : le pédicule, assez épais, est formé .par le ligament utéro-ot^n
KYSTES PROLIFÈRES DE L'OVAinE. 68&
au^eolé de volume et parcouru par de ^tos vaisseaux, l'ailëre ovarienne en particuliei' devenue très volumineuse.
Lorsqu'on sectionne une tumeur de cette espèce, on voit qu'elle est constituée par plusieurs grands kystes ou par des loges plus ou moins volumineuses. Lorsqu'il n'y a qu'une grande poche et que le li^-ste paraît être uoilocutaire, on trouve toujours, dans un point de sa paroi, spécialement au niveau du pédicule, un épaississement où l'on observe de petits kystes secondaires en voie de formation, llo'eiisle plus aucun vestige de l'ovaire normal.
La paroi des grandes poches présente trois couches distinctes : l'externe el t'interne sont fibreuses ; la moyenne, interrompue par places, est formée de tissu coojonctif lâche. Les artères, souvent liélicines, sont situées dans la couche moyenne ainsi que les veines, qui cependant siègent aussi dans la couche externe. Les veines sont volumineuses et présentent des parois épaisses, très musculaires, ce qui les a fait souvent prendre pour des artères. La disposition des veines est parfois comparable à celle des sinus de la dure-mère. Les lymphatiques très nombreux, étudiés par Halassez et de Sinéty i l'aide d'injections au nitrate d'argent, se continuent avec ceux des ligaments laides. Les faisceaux musculaires sont quelquefois trèsdéveloppés dans la paroi du kyste.
La surface externe des kystes de l'ovaire est tapissée d'une couche d'épiihélium cylindrique bas tout à fait différent de celui du périloine.
la membrane iolerne des poches kystiques, qui est presque cod-
slamment le siège de végétations papillaires ou veriuqueuses, est lapissée par an épithéliura. Cet cpitbéliuro s'implante sur une mem-
brane formée par une couche endothéliale d'après Malassez el de Sinety (i), aux travaux desquels nous empruntons la plupart des àttails histologiques concernant ces tumeurs. Que la paroi interne d^ kystes présente ou non des végétations, elle est tapissée d*im'' couche simple d'épithélium cylindrique. Ces cellules subissent très souvent^ en totalité ou en partie, une dégénérescence moqueur. Les unes deviennent caliciformes ; elles sont réduites à une cupule i paroi mince, présentant un noyau en leur point d'implantalion, •** leur cavité contient et sécrète constamment un liquide muquem D'autres deviennent sphéroîdales ou sphériques et se creusent ti. cavités contenant aussi du mucus. En tombant dans la cavité <ic kyste, elles se détruisent et augmentent la quantité du liquide iddqueux qui y est contenu. On a rencontré aussi quelquefois des pilules à cils vibratiles.
Par rimprégnation d'argent, on voit très bien, sur une surface, les figures présentées par l'extrémité ouverte des cellules caliciform^. et, après avoir chassé mécaniquement ces cellules, on peut impiv gner de même les grandes cellules d'endothélium qui sont piam: au-dessous. Par ce procédé, on met aussi en évidence répithélium des capillaires de la paroi kystique et on apprécie la situation saperficielle de ces vaisseaux.
Le contenu des kystes consiste en un liquide muqueux ou gélaiiniforme qui se coagule par Talcool, se gonfle ensuite et reprend s transparence dans Teau. Les cellules qui s'y trouvent sont dispo>''^ sans ordre au milieu de la masse colloïde, ou bien elles sont disposées en rangées parallèles. Ce sont des cellules caliciformes disposées en séries comme si elles venaient d'être desquamées, ou bien des cellules sphériques, ou des cellules rameuses i prolongements multiples, ressemblant à celles du tissu muqueux, In^n qu'il n'y ait pas de formation de tissu muqueux à l'intérieur drs kystes. On y observe des amas de cellules en dégénérescence gralseuse.
Ce liquide, d'après Méhu, contient de grandes quantités d*albumine, de la métalbumine et de la paralbumine ; c'est cette demièrt substance qui lui donne sa consistance gélatiniforme. Eichwald ) r trouvé encore de la peptone albumineuse, de la mucine et de b peptone muqueuse. Ces difl'érentes substances sont le produit de !;. filtration de l'albumine du sang et de l'élaboration spéciale de<
(1) Sinéty, Traité pratigue de gynécologie, 2* édiUon. 188i. 0. Dota, édilecr.
ETSTES PnOUrtRES DE L'OTAIRE.
elloles caiiciformes. ËxceplionDellenieiil on y trouve du sucre et e l'urée.
Le conteou des kystef; qui sont tapissés par des villosités très vas- Qlarisées est souvent mélangé avec du sang qui lui donne une couiUT brune ou chocolat ; il peut y avoir aussi une grande abondance iecellules lymphatiques et une véritable suppuration, surtout à la Dite d'une ponction ou d'un traumatisme.
Les kystes peuvent communiquer entre eux par une ouverture irculaire qui se fait dans le point opposé à l'arrivée des principaux aisseaux, c'est-à-dire là où la paroi était primitivemeut le plus abce et le moins vascularisée. Rien ne prouve qu'un kyste unique fabord puisse se diviser; il est certain au contraire, que des
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Iiïsles voisins s'ouvrent l'un dans l'autre cl communiquent entre ^Qx par suite de l'amincissement et de la i-upture des cloisons de ^puatioQ.
Dans les kysles tubo-ovariens décrits en particulier par RidnnL rouverture d'un kyste s'est produite dans la trompe qui loi ètau préalablement fixée par des adhérences.
Le tissu conjonctif qui sépare plusieurs kystes ainsi coftstiluê^, présente habituellement lui-même de petits kystes» en voie daccroissement, situés dans son épaisseur, et qui offrent à considérer les mômes détails de structure que les précédents ; ces kystes ton: saillie dans la cavité des premiers lorsqu*ils augmentent de volume.
On observe quelquefois par places une dégénérescence graisseuse de répithélium ou des parois.
Dans aucun des kystes les plus petits en voie de développemeol on n'a pu rencontrer d'ovules ni de disque proligère, ce qui permet d* mettre de côté l'hypothèse d'une fonnation de ces kystes par la Abtension des follicules de Graaf préexistants.
Nous avons décrit (t. I, p. 358) la structure des végétations de h paroi des kystes ; nous n'y reviendrons pas : nous avons aussi in* diqué (t. I, p. 357 et 359) le mode de développement des premi^ts kystes dans les tubes ouverts à la surface de l'ovaire (c, fig. W) d de ceux qui naissent ensuite sur leurs parois d'après les tranox it Waldeyer, Malassez et de Sinéty, ce qui nous dispense d'y reveniî ici. Ces derniers auteurs considèrent les kystes comme une fonn: particulière d'épithéliome, l'épithélijome myxoïde. Les pièces qii leur ont servi de matériel d'études leur avaient été communiquée^ par Péan, Trélal, Terrier, etc.
Lorsque ces kystes sont anciens, ou même pendant leur période d'accroissement, ils peuvent, par suite de péritonites productifcs, yt souder intimement aux parties voisines, au grand épiploon, aux intestins, à l'utérus, etc., ce qui rend l'opération de l'ovariotomie pic? difficile.
Habituellement, un seul ovaire est envahi et constitue toute h tumeur ; mais il peut se faire que l'autre ovaire présente déjà quel* ques petits kystes en voie de développement, de telle sorte que. l'ovaire le plus volumineux étant enlevé, son congénère deneup à son tour le siège d'une tumeur kystique volumineuse. Les tumeurs très anciennes montrent un épaississement fibreux cartilaginifonne de leurs parois; le tissu conjonctif est alors incrusté de sels calcaires, et le kyste renferme une bouillie blanchâtre formée de cellules en dégénérescence graisseuse, de granulations calcaires et à^ cristaux de cholestérine.
KYSTES DERMOlOES. 693
Les tumeurs de ce genre ne se généralisent pas. Cependant il iste des cas exceptionnels où elles ont revêtu le caractère de meurs malignes et se sont génémiisées à Tutérus, au rectum et à la vite péritonéale.
Kystes dermoïoes. — Les ovaires sont un des sièges de prédilecon des kystes dermoîdes de la troisième variété admise par Lebert ; 3 sont quelquefois très volumineux, gros comme une tête d'adulte, i montrent dans leur intérieur des cheveux, des dents, etc. Nous 'avons rien à ajouter à la description qui en est donnée tome I [). 321 et 352). Nous avons vu deux fois la paroi d'un kyste derloîde de ce genre devenir le point de départ d'un épithéliome avimenteux lobule.