‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 2)Chapitre 184 sur 239 · INFLAMMATION PUERPÉRALE · texte numérisé non relu

INFLAMMATION PUERPÉRALE

conception, les hypertrophies partielles du col, alloogements, chute de la matrice, etc., à la métrite parenchymateuse. Pour d'autres anatomistes, Rokitanski, Kiwisch, etc., Tépaississement des parois est causée par une néoformation de tissu fibreux. D'après de Sinéty, on observe, sur les coupes, une dilatation considérable des espaces lymphatiques, et une hyperplasie très accusée du tissu conjonctir drcumvasculaire. Ce tissu nouveau est formé de faisceaux fibreux el il est pauvre en éléments cellulaires. C'est une sclérose périvasculaire distincte de l'épaississement athéromateux de la tunique externe des vaisseaux. Elle a pour effet de rétrécir leur calibre et même de les oblitérer partiellement.

Lorsque l'inflammation de la muqueuse est très intense, on y trouve une infiltration de son chorion par des cellules lymphatiques et de la fibrine en assez grande quantité pour qu'une mortification superficielle, une ulcération en soit la conséquence ; c'est ce qu*on observe, très rarement, il est vrai, dans la fièvre typhoïde et dans les fièvres éruptives graves.

Inflammation puerpérale. — La métrite puerpérale, qu'elle débute aussitôt après l'accouchement, dans les jours qui le suivent ou plusieurs, semaines après (métrite post-puerpérale), n'est jamais une simple métrite interne, et elle s'étend au parenchyme, aux sinus veineux, aux vaisseaux lymphatiques, au revêtement péritonéal, aux trompes, etc.

L'utérus est, en effet, ainsi que nous l'avons vu (p. 698), profondément modifié par la parturition dans toutes ses parties, dans sa muqueuse, dans sa paroi musculaire, dans ses vaisseaux, et il est prédisposé, par ce surcroît d'activité physiologique de tous ses éléments, à l'inflammation aiguë qui n'en est qu'une exagération; aussi toutes les parties qui le composent participent-elles à l'inflammation puerpérale. L'économie tout entière est profondément troublée et elle est apte, plus que dans tout autre état physiologique, à se laisser envahir par les bactéries qui accompagnent les inflammations purulentes (1). Les efforts, le traumatisme, les manipulations et opérations subis pendant l'accouchement, la plaie qui résulte du décollement du placenta, les Assures ou déchirures de la vulve el du vagin, qui constituent les portes d'entrée des bactéries, sont les

(1) I>olcrh. La fièvre puerpérale et les organismes inférieurst 18K0« in-8, thèso de Paris.

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causes occasionnelles et adjuvantes de l^inflammation. La pulridiû du contenu de l'utérus, les phlébites, lymphangites, Télat du san; qui transporte les germes infectieux, sont les causes des phênomèoe^ fébriles si rapidement terminés par des abcès métaslatiques multiples, par la péritonite généralisée et par la mort.

A Taulopsie des nouvelles accouchées mortes de mélro-péntonite, on trouve Tutérus non revenu sur lui-même; ses parois sont flasques, imbibées de sucs, ses sinus veineux sont habituellement plus ou moins remplis de pus ou d'un coagulum fibrini^ puriforme.

La muqueuse de l'utérus présente une coloration rouge lie à vin, elle est imbibée d'un liquide puriforme sanieux, et la caduqo* utérine est pulpeuse, ramollie. Au niveau de l'implantation plartDtaire, on voit une surface végétante formée par les cotylédons J la muqueuse. A la partie saillante des cotylédons il existe som^E de petits caillots Tibrincux. Tout le disque placentaire est mou, itfiltré de sang sanieux mêlé à un liquide puriforme et d'une odf'ij; fétide. Souvent toute cette partie de la muqueuse est gangrenée, d couleur brun noirâtre, et, lorsqu'on y laisse tomber un lilel d'eau, on en détache des lambeaux. D'autres fois, il existe au même poiii ime pseudo-membrane grisâtre qui se détache par lambeaux et >oc^ laquelle le tissu de la muqueuse est rouge brun. Celte pseudmembrane diphthéritique ou gangreneuse est quelquefois étend»: sur toute la muqueuse utérine. Lorsqu'on examine au microscop le liquide obtenu par le raclage de la surface, on y trouve une grand quantité de cellules lymphatiques. Ces cellules présentent à hr surface et dans leur protoplasma une quantité plus ou moins grandi' de diplococci ou de chaînettes de microbes ronds. Dans les court. ^ profondes de la muqueuse et du chorion infiltrées de sérosité. i« obtient par le raclage un peu de liquide qui contient des cellul*^ lymphatiques et de grandes cellules du tissu conjonctif tuméfiées * granulo-graisseuses.

Le col de l'utérus est ramolli, rouge violacé, pulpeux, souvtci couvert de pseudo-membranes grises sous lesquelles le tissu est ft»rtemcnt congestionné. La même lésion gangreneuse existe par plaiv> sur la muqueuse vaginale et sur la vulve .

La cavité des sinus veineux est libre ou bien elle contient, romm» nous l'avons déjà dit, un liquide puriforme ou de la (ibrino coagulée ou ramollie, semi-liquide, mêlée à des cellules lyropfaatiqu'^ et â des cellules endothéliales tuméfiées et granuleuses. La pait)i

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