CARCINOME DE LA MAMELLE
boui^geonnante, mène dans une cavité irrégulière, à diverticules multiples. La surface des cavités est tapissée par une membrane molle, tomenteuse, grisâtre ou jaunâtre par places. Elle contient une bouillie puriforme avec des grumeaux jaunâtres. Le tissu périphérique induré, gris blanchâtre, présente des groupes de petits nodules semi-transparents ou opaques et jaunâtres surtout à leur centre. Ces nodules offrent h Texamen microscopique tous les caractères des tubercules, avec des cellules géantes et des oblitéralions vasculaires. Il n'est pas rare de voir des culs-de-sac mammaires au centre de pareilles granulations, et les cellules géantes peuvent naiire dans ces culs-de*sac.
Syphilis. — 11 parait y avoir des indurations syphilitiques du sein qui ont guéri par le traitement antisyphilitique ; mais nous ne connaissons pas d'examen histologique de ces lésions.
Carcinome. — Le carcinome primitif de la mamelle se présente sous la forme du squirrhe ou de l'encéphaloîde, rarement sous celle du cancer colloïde.
Le carcinome fibreux ou squirrhe débute par une tumeur dure, généralement petite, qui se conduit très différemment suivant les cas. Ainsi elle peut s'étendre avec une grande rapidité, et adhérer de bonne heure à la peau, qui est elle-même envahie, épaissie, rugueuse, inégale, ou bien elle se propage sous forme de cordons ramifiés et anastomosés qui sont dus à l'altération consécutive des vaisseaux lymphatiques superficiels; d'autres fois on observe de petites nodosités développées dans le tissu cellulaire sous-cutané et dans le derme. Nous avons vu deux fois â la Salpêtrière, dans le service de M. Charcot, des vaisseaux lymphatiques très volumineux, durs, faisant saillie sous la peau et se rendant de la tumeur mammaire aux ganglions du creux axillaire. Dans l'un de ces faits que nous avons examiné au microscope, la périphérie du vaisseau lymphatique présentait, sur les sections transversales et sur tout son trajet, un tissu carcinomaleux avec ses alvéoles et ses cellules caractéristiques. Nous avons déjà insisté suffisamment, tome I,à la page 305, sur le développement du carcinome dans le sein et sur la formation de cellules volumineuses dans les espaces interfasciculaires du tissu œnjonctif pour n'avoir plus à y revenir. Il est inutile d'ajouter que les ganglions axillaires sont toujours de bonne heure indurés et dégénérés (par induration iibreuse simple ou par altération carci-
Domateuse, voy. p. 206). Dans ces carcinomes flbreai k marrbe rapide, la peau s'indure non seulement sous forme de petites frnnulations, mais sous forme de plaques ou de brides denses; le s«io in côté opposé est quelquefois envahi à son tour (cancer en cuiras» A'. Velpeau), et la généralisation de la tumeur aux muscles pectoram. au tissu fibreux de l'aisselle, aux côtes, aux muscles ÏDtercostaDi.i laplèvre, au poumon, etc.. s'effectue de proche en proche avec unassez grande rapidité.
Dans une série de cas un peu différents obsei'vés surtout chei Irfemmes âgées, le squirrbe devient alrophique. La tumeur rKk petite, le sein lui-même est ratatiné, le mamelon se rélracle; lt> ganglions axillaires se prennent, il est vrai, mais pendant plusiear années, quatre, cinq ans et davantage, on n'observe ni nodoksecondaires à la peau ni généralisation aux oignes inlcrnes. CtF. toutefois à ces productions secondaires que les malades fînirra; par succomber. Les granulations cancéreuses qu'on trouve iilordans tous les organes et tissus sont remarquables par leur pelitKx et par leur dureté qui pourraient les faire confondre, à un eima superficiel à l'œil nu, avec les granulations tuberculeuses.
Lorsque le squirrhe alrophique s'ulcère, ce qui est fréqueni, du- i
-e conduii [liuiliiliin: i.
le point central et rétracté, enfoncé, de la tumeur, on coaslate, îi^ une section qui passe à la fois par l'ulcération, par ses bords et fla base de la tumeur, on constate, disons-nous, les phénomènes iiu' nous avons décrits déjà, lome I, à ta page 315, à propos de nnfhB
CAnCINONE DE LA MAMELLF:. ^^V
mation du carcinome. La partie ulcérée et enflammée montre une graode masse de tissu embi^onnaire. Ses bords et son Tond préseDleut les alvéoles, le tissu conjonclir épais et les cellules du carcinome. Cette ulcération peut se continuer à sa partie profonde avec un canal galactophore et un lobule mammaire comme le montre la figure 241 .
Le squirrhe mammaire, complètemenl développé, exanniné sur une coupe, montre, au milieu d'un tissu lisse, blanc et peu riche en suc, les sinus et les gros conduits galactophores remplis d'un liquide jaunâtre laiteux ou d'une matière caséeuse, opaque el jaunâtre ou brune consistant en des cellules grauulo-graisseuses. Les conduits d'un plus petit calibre sont également remplis de cellules épithéliales granuleuses et se distinguent à l'œil nu comme des lignes arborisées qu'on peut suivre jusqu'à la périphérie de la tumeur. Sur les coupes examinées à l'état Trais, on peut s'assurer que les culs-de-sac glandulaires sont remplis de cellules volumineuses pourvues de noyaux et de nucléoles également volumineux. Les préparations obtenues sur les pièces durcies montrent, dans la
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partie centrale et la plus ancienne de la tumeur, des conduits bien reconnaissables à leur membrane d'enveloppe, contenant des cellules épithélioïdes, disposées en plusieurs couches, et au centre du
conduit, dans sa lumière, une aggloméralion de cellules granulograisseuses bien distinctes de celles du revêtement épithélial. Le> culs-desac mammaires préexistants et le tissu conjonctirsont transformés en alvéoles carcinomaleux contenant de grosses cellul*^. A la périphérie de la tumeur, dans les points les plus récemment atteints, on peut suivre les modifications des Ilots glandulaires et du tissu conjonctif. Ainsi, à côté d'un ilôt glandulaire normal, doDi les cellules sont seulement un peu tuméfiées et dont les culs-d^ sac sont plus volumineux qu'à Tétat de vacuité, on verra des ilob dont les culs-de-sac sont distendus par de grosses cellules finemen* granuleuses, claires et qui possèdent aussi des noyaux et des dqcléoles volumineux. Ces culs -de-sac possèdent encore leur membrane d'enveloppe. Tout le lobule ainsi altéré devient beaucoup plus considérable que les lobules qui l'entourent. En même temp? le tissu conjonctir périphérique montre des cellules tuméfiées av^i des noyaux en prolifération, et les espaces plasmatiques se remplissent de cellules de nouvelle formation ou de cellules lymphatiqiie>. Le tissu conjonctif se transforme en tissu carcinomateux par la formation nouvelle de ces éléments cellulaires entre ses fibres. A uc moment donné la membrane propre des culs-de-sac disparaît et toai le tissu préexistant est creusé d'alvéoles remplis de grosses cellules. Les vaisseaux lymphatiques se prennent à leur tour et contieDoeoi les mêmes éléments.
Lorsque le squirrhe est ancien, le tissu fibreux est très épais ^' les alvéoles petits. Dans les parties centrales du carcinome atith phique il existe une dégénérescence graisseuse avec atrophie de^ cellules; le tissu fibreux dense contient aussi des granulations graisseuses.
Dans cette variété du carcinome, les ganglions de l'aisselle sodi toujours indurés. Ainsi que nous l'avons dit, ces ganglions sooi souvent transformés en tissu fibreux (voy. t. I, p. 908). Pour ce qui concerne la formation des alvéoles cancéreux des ganglions, voyc: t. I, p. 205 et 651). Nous ajouterons que le tissu conjonctif d** 'aisselle qui accompagne les nerfs et les vaisseaux est aussi extrêmement dur, présentant des alvéoles carcinomateux en certains points, mais surtout une formation nouvelle considérable de tissu fibreux dense qui resserre les vaisseaux et comprime les nerfs. U circulation est interrompue dans les veines, qui sont remplies d as thrombus organisé, et dans les artères, dont la membrane est plissêc en long et le calibre très rétréci, sinon effacé complètement. Il en
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résulte un œdème dur de tout un membre supérieur. Les nerfs comprimés montrent une dégénérescence de leur myéline dans leur trajet périphérique.
Le carcinome encéphaloide du sein est en général beaucoup plus volumineux que le squirrhe et s'accroît d'habitude avec une plus giiinde rapidité. La peau, envahie de bonne heure et épaissie par une formation nouvelle de tissu embryonnaire ou de tissu carcinomateux dans ses couches profondes, montre à sa surface une hypertrophie des papilles, qui sont infiltrées de cellules lymphatiques et dont les vaisseaux sont très développés. Ces modifications du derme précèdent les ulcérations, qui sont généralement bourgeonnantes. Les bourgeons charnus, très vascularisés, qui recouvrent les parties ulcérées, donnent souvent lieu à des hémorrhagies répétées, incessantes, parfois très considérables. Ces hémorrhagies, qui peuvent se montrer aussi dans le squirrhe, sont incomparablement plus iréquentes et plus abondantes dans Tencéphaloïde.
La section de la tumeur présente un tissu mou, vascularisé, blanc I^Misàtre, riche en suc laiteux, possédant, en un mot, tous les caractères de Tencéphaloïde. Le développement, la propagation aux tissus voisins et aux ganglions s'y effectuent comme dans le squirrhe, le tissu nouveau offrant toujours les mêmes caractères que la tumeur primitive.
Le carcinome colloïde est plus rare que les précédents.
Carcinome villexix. — Nous avons vu plusieurs fois une tumeur de la mamelle qui se conduit comme le carcinome au point de vue de son extension, de Tinfection des ganglions lymphatiques et de sa généralisation, et qui cependant diffère des formes précédentes par ses caractères histologiques. Son aspect à l'œil nu la rapproche du carcinome encéphaloide ; on fait sourdre à la surface de la tumeur actionnée une grande quantité de liquide laiteux, mais on peut voir à Tœil nu, sur une section, des cavités et des kystes qui ont de l/^à 2 millimètres ou davantage, qui sont remplies de suc laiteux et montrent des filaments dendritiques. Certaines de ces cavités ouvertes suivant leur longueur ne sont autres que des conduits galaclophores remplis de végétations qu*on détache facilement avec une aiguille. Ces végétations dendritiques, étalées sur une plaque de verre et colorées au picrocarminate, montrent à Texamen microscopique une disposition rameuse très élégante. Les principaux troncs
se divisent en fonnaDt de longues papilles subdivisées elles-mèineï et terminées par des extrémités libres allongées ou renflées; tout»^ sont parcourues par des vaisseaux capillaires qui se terminent en anses à Textrémilé des papilles et qui sont entourées d'une très petite. quantité de tissu conjonctif. Elles sont couvertes partout de cellule prisaitiques ou cylindriques formant une ou plusieurs couches; la première oouche s'implanle perpendiculairement sur la surface de> papilles, et les cellules cylindriques qui la constituent sont pressée» les unes contre les autres, allongées, grenues , claires et munie> d'un noyau ovoïde. Les cellules qui sont plus superficielles d qui se détachent sont plus gnwses, prismatiques ou polygonales, plus claires, présentant un noyau volumineux et un ou plusieon gros nucléoles. Ces dernières cellules deviennent libres dans I' liquide des cavités et y subissent la dégénérescence gi'anulo-;;rai»' seuse. Lorsqu'on étudie des préparations obtenues après le durcie sèment de la pièce, on voit les végétations villeuses précédenle prendre naissance sur la paroi fibreuse des cavités et végéter dim leur intérieur. La surface interne des cavités est tapissée des mèms cejlules que les végétations. La plupart de ces petits kystes mt soA autres que des canaux galactophores dilatés, remplis de végélitiom qui poussent sur leur paroi et se prolongent suivant le trajet à canal qu'elles remplissent en partie. Les culs-de-sac glandulaires subissent ainsi un agrandissement en forme de kyste , leurs paroi* présentent des cellules épithéliales disposées comme dans lescasaiu précédents, et souvent aussi il existe des végétations saillantes i leur surface.
Les canaux galactophores montrent une paroi assez nette; 1^ tissu conjonctif voisin présente ses fibres disposées concentriqoe' ment autour d'eux. Mais il n'en est pas de même des culs-de-sac. dont la membrane hyaline disparait et qui sont entourés par un tissu conjonctif transformé en alvéoles remplis de grosses cellule^ tuméfiées à noyau ovoïde volumineux.
On pourrait considérer ces tumeurs comme des épithéliomes en raison de leur début probable à la surface des canaux galactophores. et de la forme cylindrique des cellules qui tapissent ces caaaui. Toutefois l'infiltration du tissu cellulaire voisin transformé eo alvéoles contenant de grosses cellules les assimile au caimoiD^ plutôt qu'à l'épilhéliome à cellules cylindriques dans lequel les pn>* ductions épithéliales, lorsqu'elles envahissent le tissu cellulaire, affectent la forme de boyaux contenant des cellules cylindriques rt^