‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 2)Chapitre 193 sur 239 · CINQUIÈME SECTION · texte numérisé non relu

CINQUIÈME SECTION

§ 1. — Blstologle Bormalc de la peao.

On dislingue dans la peau i'épiderme et le derme. Il convient de rattacher à 1 epiderme les ongles et les poils qui sont des produits épidermiques et même les glandes sébacées et les glandes sudori pares.

L*épiderme proprement dit, entièrement composé de cellules, contient deux couches principales : le corps muqueux de Malpighi el la couche cornée.

Les cellules qui entrent dans la constitution du corps muqueux de Malpighi sont molles, chargées de sucs et douées d'une grande vitalité, qui se traduit par des modifications nutritives et une évolution active. Elles contiennent toutes un noyau nettement dessiné, limité par un double contour et dans Tintérieur duquel on distingue un ou deux nucléoles.

Leur corps présente une structure délicate, qui a été mise récemment en relief par Fun de nous. On y voit des stries ou des fibrilles qui s'enlre-croisent autour du noyau en formant des arcs. Entre ces iibrilles, qui sont extrêmement nombreuses, se trouve une substance amorphe ou très finement granuleuse, qui correspond au protoplasma cellulaire proprement dit.

Les fibrilles intraprotoplasmiques atteignent les bords de la cellule, les dépassent et se poursuivent dans les cellules voisines, qu'elles traversent pour gagner d'autres cellules.

Ces cellules ne se touchent pas ; il existe entre elles de petits espaces qui sont traversés perpendiculairement par les fibres dont nous venons de parler (filaments d'union). C'est dans ces espaces, entre les filaments d'union, que circule le plasma nutritif du corps mu-

queux de Malpighi. Ces espaces se poursuivent jusqu'au derme; ilexistent, en eiïel, entre les cellules de la première rangée, qui n,'|>osenl sur le corps papillairc. Les cellules de la première rangée sont cylindriques, elles contiennenl des granulations pigmentaires. i.id peut y observer tous les phénomènes de la division des noyaui ei <j<: la mulliplicalion cellulaire. De leur face d'implantation sedéga^eoi des dents simples ou bifurquées, qui pénètrent dans la couche supcifîcielle du corps papillairc et établissent une union très solide eoln le derme et l'épidcrme. Dans le plasma qui circule entre les cclluli." du corps muqueux de Malpighi se montrent souvent des cellules Km-

colonlim par le picr

phaliques. Ces cellules, qui viennent du derme, sont coloréci; •v violet foncé et même en noir dans les préparations obtenues aa moyen de la méthode de l'or. Langerlians, qui les a découveile- à l'aide de cette méthode, les avait considérées d'abord comme d" cellules nerveuses. Dans ces préparations, elles se montrent sounn: avec un prolongement assez large dirigé du côté du derme et une série de prolongements périphériques plus minces; les uns cl \f> autres sont des expansions amiboïdes, dont la forme et la direriioD sont dcicrminces jusqu'à un certain point par les canaux ou espar--dans lesquels les cellules migrati-ices sont comprises.

La couche cornée ou stitttum corneum est composée de rellub

HISTOLOCiE NOnilALE DE LA PEAU. 7M

desséchées, aplaties perpenciiculairement à la surface de la peau, soudées soUdemenl les unes aux autres et dans lesquelles on ne trouve plus trace de noyau. Sous l'influence de la potasse à 35 pour 100, elles se séparent, se gonflent, deviennent sphériques et paraisscDt limitées par une membrane. Entre le corps muqueux el la rouche cornée s'étagent deux couches minces: le stratum granuleux du côlé du corps muqueux cl le stratum lucidum du côté de la couche cornée.

Le stralum granulosum est formé en général par deux rangées de cellules qui, sur les coupes perpendiculaires à !a surface de la peau, fnilcs après durcissement par l'alcool et colorées par le picrocarminate d'ammoniaque faible, paraissent losangiques. Sous l'influence du réactif colorant que nous venons d'indiquer, elles prennent une couleur rouge carminé, tandis que le reste de la préparation est à peine coloré et présente une teinte jaunâtre. La couleur spéciale que prennent les cellules du stratum granulosum est liée à la présence d'une substance particulière qui se montre dans leur intérieur sous

K jiinbe unpulds jiwir i

[orme de gouttelettes réfringentes, qui ont la propriété de se teindre vivement par le carmin. Cette substance, A laquelle l'un de nous a donné le nom d'éléidine, n'existe pas encore dans le corps muqueux proprement dit. Dans le stratum lucidum, elle est h l'éLil diffus, et, à son niveau, elle se montre à la surface de la préparation sous la

forme de gouttes ou de flaques à bords.sinueux, dont la consistance et la réfringence paraissent être à peu près celles d'une huile essentielle. Dans lestratum iucidumqui commence brusquement, les cellules ont perdu leurs granulations; elles sont fortement aplaties et déjà soudées les unes aux autres; il n'y a plus entre elles d'espaces parcourus par des filaments d'union. Le stratum lucidum peut être considéré comme une dépendance de la couche cornée; il se comporte absolument comme cette dernière dans les processus patliologiques.

En résumé, les cellules de l'épiderme se forment incessammeni dans la première rangée du coi*ps muqueux et refoulent vers la surface celles qui les ont précédées; celles-ci, au fur et à mesure qu'elles s'élèvent, grossissent, deviennent régulièrement polygonales et leur organisation se perfectionne. Quand elles arrivent au stratum granulosum, leur structure se modifie profondément : elles s'aplatissent un peu, leur fibrillation disparaît ainsi que les filaments d^mion et, à la place de fibrilles intraprotoplasmiques, se monlreol des granulations et des gouttes d'éléidine. Une cavité se forme aioH dans leur intérieur, leur noyau s'atrophie et disparait complètemeol ainsi que les gouttes d'éléidine quand elles atteignent le stratum lucidum, oii, étant en contact, elles se soudent intimement lesuoe^ aux autres, probablement par l'interposition d'un ciment à la formation duquel Téléidine doit concourir. Le but de cette évolution cellulaire est la fot^mation de la couche cornée, qui, par sa solidité et sa résistance aux agents chimiques, aâsui*e à la surface du corps une protection efficace. Cette évolution nous fait comprendre également que des cellules massives, sans membranes, comme celles du coi-p-s muqueux, peuvent devenir des soties d'écaillés dans lesquelles la potasse fait découvrir une membrane d'enveloppe et une cavité.

Ongles. — La lame cornée, qui constitue l'ongle proprement dit, repose sur une couche épithéliale molle qui correspond au corp> muqueux; seulement, tandis que, dans l'épidei^me proprement dit, la croissance épithéliale se fait perpendiculairement des coudiez profondes vers les superficielles, l'ongle, comme on le sait, poussa d'arrière en avant, ce qui indique une évolution cellulaire dont b poussée se fait dans le même sens; cela tient à ce que la croissante active de l'ongle ne s'effectue pas également dans toute l'étendue du corps muqueux sur lequel il repose. Dans ce corps muqueux on distingue deux régions : l'une antérieure, le lit de l'ongle, rautr^

Page 1