‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 2)Chapitre 195 sur 239 · STRUCTURE DES POILS · texte numérisé non relu

STRUCTURE DES POILS

les cellules qui en contenaient deviennent homogènes et transparentes comme du verre ; leur noyau s'atrophie et finit par disparaître complètement.

La gaine épithéliale interne tout entière monte donc avec le poil dans Tintérieur du rollicule pileux. Dans son ascension, elle glisse sur une couche épithéliale qui remplit le reste du follicule et que Ton connaît sous le nom de gaine épithéliale externe.

La gaine épithéliale externe a la même structure que le corps muqueux de Malpighi : lep cellules épithéliales qui la composent sont unies par des filaments et elles laissent entre elles des espaces parcourus par des cellules migratrices.

Entre la gaine épithéliale externe et la couche fibreuse du sac du follicule se trouve une lame mince, transparente, amorphe, sur laquelle s'implantent les cellules de la première rangée. Cette lame est connue sous le nom de membrane vitrée du follicule pileux ; il existe une membrane analogue bien plus mince autour des glandes sébacées et sudoripares, et à la surface des papilles du derme.

L'éléidine manque absolument dans la gaine épithéliale externe jusqu'à l'embouchure des glandes sébacées ; mais au-dessus, dans la région qu'on désigne sous le nom de col du follicule pileux, cette ^aine qui n'est plus doublée de la gaine épithéliale interne, montre révolution épidermique complète et possède dès lors un stralum granulosum et un stratum corneum.

L'extrémité naturelle d'un poil est conique, ce qui indique que la papille sur laquelle il se forme, petite à Torigine, a augmenté progressivement de diamètre, ce que l'on peut, du reste, constater par l'étude des poils en voie de développement. La papille conserve ensuite le même diamètre aussi longtemps que le poil sur lequel elle se forme demeure cylindrique; puis, à une certaine époque qui, chez l'homme, varie suivant les espèces de poil (cheveu, barbe, poil follet, vibrisses), époque fixée par les saisons chez un grand nombre d'animaux, la papille commence à s'atrophier.

Le poil diminue alors progressivement de diamètre, puis il s'arrête de croître, c'est-à-dire qu'il ne se forme plus de nouvelles cellules piligènes. Le poil se détache de la papille, l'excavation qui le terminait dans l'intérieur du follicule s'efTace peu u peu et disparait complètement; le poil à bulbe creux devient ainsi un poil à bulbe plein. Ce dernier, sous l'influence des mouvements imprimés an follicule par le muscle redresseur, — c'est du moins l'interprélalion que nous avons donnée, — s'élève peu à peu jusqu'au

niveau de Tinserlion folliculaire de ce muscle, c*est-à-dire immédiatement au-dessous de l'embouchure de la glande sébacée. Dans son ascension, il laisse derrière lui les cellules de la gaioe épithéliale externe qui forment un amas plein (ligament cpithélial). Al fond du ligament épithélial, on retrouve encore la papille plus oq moins atrophiée, qui disparaît d'une manière complète dans le ras d'alopécie; mais la papille, à l'état physiologique, peut reprendre une activité nouvelle et concourir à la formation d'un nouveau pcH à bulbe creux destiné à remplacer le poil à bulbe plein. Lorsque \t poil à bulbe plein se sépare de la papille, la gaine épithélial^ interne qui l'accompagne s'en détache avec lui et le suit danss^ ascension à travers le follicule pileux; mais elle s'use, s'efTril^ pour ainsi dire peu à peu, à mesure qu'elle gagne l'embouchure d*» hi glande sébacée. Il en résulte que le poil à bulbe plein, arnV au terme de son évolution, ne possède plus de gaine épilhéliak interne.

Glandes sébacées. — En général, une seule de ces glandes e-i annexée à chaque poil et située sur le côté du follicule pileux, dans l'angle obtus que forme la surface de la peau avec ce follicuir toujours implanté plus ou moins obliquement. On doit même ajoutai que la glande sébacée est comprise dans un triangle limité par l'épiderme, le follicule et le muscle redresseur du poil. Ce rausrie. muscle lisse, s'insère en bas à la paroi folliculaire et en haut daosl' couches superficielles du derme. Lorsqu'il se contracte, il redre>> le poil et favorise l'excrétion du sébum (Hesse). Les acini de la pland sébacée s'ouvrent largement les uns dans les autres et se vident dan^ un canal excréteur commun qui va déboucher dans le follicule pil' i'V à la limite inférieure de son col. Chaque acinus est entouré duO' membrane propre extrêmement mince au-dessous de laquelle on observe une première couche de cellules polygonales, qui généralement ne contiennent pas encore de granulations graisseuses. Clucune d'elles possède un noyau très net. A cette première ranp'. s'en ajoute une série d'autres dans lesquelles les cellules se chargent progressivement de gouUeleltes graisseuses d'autant plu^ nombreuses et d'autant plus grosses qu'elles se rapprochenl du centre de l'acinus. En même temps, leurs noyaux subissent une atrophie progressive et finissent par disparaître d'une manière compièî»' Elles se séparent alors les unes des autres et se détruisent i>^u'" former le sébum qui, s'engageant dans le canal excréteur, pénèirt

Page 1