‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 2)Chapitre 207 sur 239 · PEMPHIGUS · texte numérisé non relu

PEMPHIGUS

Pemphigus. — Le pemphigus est tantôt aigu, tantôt chronique. Le pemphigus aigu est comparable à une fièvre exanthématique ; il est caractérisé par une éruption de bulles qui guérissent spontanément et ne se reforment plus. Le pemphigus chronique se divise en deux principales variétés. Dans l'une, les différentes bulles, après avoir suivi leur marche typique, se terminent par la reproduction de Tcpiderme à leur niveau : tel est le pemphigus vulgaire. Lorsqu'on exa-

Fio. 36i2. — Bactéries du pemphigus (d'après Gibier).

rnine la sérosité d'une bulle de cette variété de pemphigus recueillie avec soin, on y trouve des micrococci en chaînettes. L'urine en contient aussi. Dans l'autre, après la formation des bulles, Tépiderme ne se reconstitue plus à leur niveau; il se détache, et le chorion, mis à nu, apparaît rouge et suintant. Tel est le pemphigus foliacé. Lo!*sque ce dernier a duré pendant un certain nombre de mois ou d'années, la surface de la peau est envahie dans presque toute son étendue; maison n'y découvre aucune bulle parce que l'épiderme a perdu sa cohésion, s'élimine en squames et ne peut plus être soulevé. La surface de la peau est dénudée, rougie, excoriée, fendillée, humide et suintante par places, plus ou moins couverte de croûtes. Des bulles se développent sur la muqueuse des lèvres, des joues et même du pharynx. L'état général est très mauvais; souvent il existe de la fièvre hectique, et la maladie se termine habituellement par la mort.

Déjerine (1) a trouvé de la névrite parenchymateuse^ dans un cas de pemphigus aigu chez un individu atteint de paralysie générale. Leloir (2) a constaté une lésion des nerfs analogue chez un individu

(t) Archives de physiologie, 1876.

(^) Note luo n la Société de biolo(ric, 1881, en cominun avec Brocq, et article Trophonévrose du Nouveau Dict, de médecine.

atteint de myélite et de pemphigus aigu et dans le pemphigus chr(>nique. Schwiminer a constaté les mêmes altérations, et P. Meyerd' les a observées dans un fait de dermatite pemphigoide mortelle.

Le pemphigus des enfants nouveau-nés^ lorsqu'il est syphilitique, occupe la paume des mains et la plante des pieds; il correspond à la syphilide papuleuse que Ton observe si souvent dans les mêmes régions chez l'adulte et que l'on désigne sous le nom impropre d-f psoriasis (OUivier et Ranvier).

RupiA. — Cette éruption syphilitique débute par de laides soulèvements de l'épiderme par de la sérosité incolore ou teintée de san^\ qui devient bientôt trouble et puriforme. La bulle, en se crevant, en laissant échapper un peu du liquide qu'elle contient et qui se codcrête à sa surface, est bientôt recouverte d'une croûte. Les croùlo desséchées, restant en place à mesure que de nouvelles couchers forment par le même mécanisme au-dessous des premières, coo^tituent une imbrication de croûtes grises ou noires qu'on a comparé' à une écaille d'huître. Le rupia est Téruption syphilitique qui pr:sente les croûtes les plus épaisses, les plus laides, les plus noires d les plus caractéristiques. Sous la croûte, le corps papillaire et l derme sont en pleine suppuration et ulcérés. Le rupia, qui commence par une bulle, appartient aux syphilides pustulo-cnislawi ulcéreuses, qui se terminent après un temps assez long par dts cicatrices déprimées.

ÉRUPTIONS PUSTULEUSES.

Le type des éruptions pustuleuses nous est fourni par la variol Aussi donnons-nous à sa description tous les développemenb uécessah'es, ce qui nous dispensera d'insister sur les pustules d' l'ecthyma, qui présentent la même structure. Nous avons déjà iiuntionné les pustules de l'eczéma (impétigo), et nous n'y reviendrcn.^ pas. Les pustules de Tacné seront décrites à part, avec les inflammations des follicules pileux et des glandes, car, par leur modr J^ formation, elles se rattachent aux lésions de l'appareil pilo-sébacé.

Entre une pustule et une vésicule, il n'y a qu'un degré d'inflammation en plus ; la pustule n'est autre qu'une vésicule dans laqu ••!£?

(1) Virchow's Archiv, l. XCIV, p. 185.

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