APOPLEXIE PULMONAIRE
quelquefois on y observe des ûlaments très délicals de fibrine disposés en un réseau à larges mailles.
Apoplbxie PULMONAIRE. — L'apopIexie pulmonaire consiste es* seotiellenient dans un épanchement de sang dans les alvéoles et les petites bronches. Cette lésion s'observe le plus souvent dans les maladies du cœur, surtout dans celles de la valvule mitrale. Elle est quelquefois liée aux fièvres éruptives, au scorbut, à la fièvre typhoïde, etc.
Lorsque la pression sanguine dans le système capillaire du poumon est démesurément augmentée, surtout lorsque le sang éprouve une gi*ande difficulté à revenir du poumon au cœur par suite d'une tension exagérée dans Toreillette gauche, il se fait une congestion passive du poumon qui aboutit à la rupture de quelques capillaires et au remplissage des alvéoles par le sang.
Les parties du poumon atteintes par l'apoplexie sont tendues, absolument privées d'air, non crépitantes, et elles plongent immédiatement lorsqu'on les jette dans un vase rempli d'eau. Elles sont généralement sphériques ou en forme de cône à base dirigée du côté de la plèvre. Leur section est rouge foncé, comme le sang veineux, ou de teinte sépia. Lorsqu'on regarde avec soin cette section , on voit qu'elle est granuleuse. Les bronches ouvertes contiennent un mucus rouge, sanguinolent; les vaisseaux, artérioles et veinules de la partie affectée, sont thromboses, remplis d'un caillot adhérent à la paroi vasculaire. Ce coagulum est rouge quand il est récent, déco^ loré lorsqu'il est ancien.
La zone du poumon qui entoure les Ilots apoplectiques est rouge, très congestionnée ou atteinte de pneumonie.
Si, après avoir fait durcir dans l'alcool ou dans l'acide chromique tme partie d'un poumon ainsi altéré, on en fait une coupe mince, on constate que les alvéoles sont remplis de globules de sang aplatis et déformés par pression réciproque et formant une sorte de mosaïque d*un aspect tout particulier. Sous TinQuence du liquide durcissant, surtout de l'alcool, l'aspect du globule sanguin est en efTet complètement modifié ; au lieu d'apparaître comme à l'état normal sous la forme d'un disque aplati, mais plein, il ressemble maintenant à une petite vésicule ; à cause de la pression qu'exercent ces éléments les uns sur les autres, leurs contours, au lieu d'être circulaires, sont polygonaux, d'où l'apparence d'une mosaïque. Dans cette
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mosaïque on trouve toujours de grosseE celtutes granuleuses cl !^)i^ riqucs isolées ou disposées en llols. Ces cellules conLiennent presque constammeot des granulations pigmentai res jaunes ou rouges si l'épanchemeat est récent, noires si l'apoplexie est ancienne. On peui
môme y trouver des cristaux d'hématoïdinc. Ces cellules, sur ii's préparations colorées au carmin, sont les seuls éléments qui *■; colorent. Elles proviennent soit de l'épithéllum de l'alvéole, soit de cellules lymphatiques qui ont absorbé des globules rouges voisins et qui se sont hypertrophiées. Elles sont disséminées dans tous les alvéoles, h leur bord ou dans leur centre. Elles passent aussi daos les bronches et de là elles sont expulsées avec le mucus sanguinolenl que contiennent ces canaux.
Dans les crachats d'apoplexie pulmonaire on rencontre ces mêmes éléments granuleux nat^eant dans un liquide rouge, muqueux, presque colloïde, et contenant une grande quantité de globules sanguins.
Les dernières ramifiratioos bronchiques sont complètement remplies de saog coagulé.
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Dans l'apoplexie récente, on voit aussi, sur les coupes du poumon ilurci, un réticulum fm de fibrine englobant les globules du sang; et ki grosses cellules rondes contenus dans les alvéoles et dans les dernières bronches; mais au bout de quelques joui-s les travées de [ibrine n'existent plus.
U surface de section présente une apparence granuleuse, ce qui tieat au remplissage complet des broncbioles acineuses et des infundibula qui leur font suite par le sang coagulé. Chaque bronchiole aciaeuse Torme, avec les alvéoles qui constituent les infundibula, un système cavitaire qui, rempli d'uu caillot solidifié, apparaît comme un petit grain isolé, formant un relief visible à l'œil nu et mesurant environ 1/2 millimètre de diamètre. Les grains qui résultent du remplissage des infundibula, placés les uns près des autres, séparés seulement par les cloisons pulmonaires, les vaisseaux et les petites bronches, donnent à la surface de section son apparence granuleuse. Notons en passant que c'est le remplissage des infundibula par la fibrine et par le pus qui constitue les grains de la pneumonie. Dans l'apoplexie, les grains sont d'un rouge foncé, colorés par le sang veineux, tandis qu'ils sont rosés ou gris dans la pneumonie fibrineuse.
Les vaisseaux sanguins de toute la partie malade sont remplis de snng coagulé. Lorsqu'on examine une section d'une artériole, on voit
qu'elle est complètement comblée par des couches de fibrine conceniriques {fig. 42). Les plus extenies, accolées à la tunique interne, sont plus ou moins exactement parallèles, mais celles de la parlie centrale du vaisseau sont souvent tout à fait irrégulières. La tunique
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interne de rartériole est enflammée si la thrombose remonte à un certain temps.
Un fait assez curieux, que l'un de nous a observé plusieufs fois, c'est que, dans l'apoplexie pulmonaire, les vaisseaux lymphatiques du poumon sont remplis de sang coagulé et distendus absolumenl de même que les alvéoles pulmonaires. Ainsi le vaisseau lymphatique ly qui entoure le vaisseau sanguin dans la figure 4â, est rempli complètement de globules rouges. La facilité du passage du san;: dans les lymphatiques pulmonaires tient à ce qu'ils communiquent avec les alvéoles.
Il est probable que le sang épanché dans les alvéoles pulmonaires provient de la rupture de quelques capillaires, mais on ne voit pas au microscope les déchirures ou stomates par où les globules rouge:^ ont dû sortir.
Les parties du poumon atteintes d'apoplexie pulmonaire peuvent se présenter à l'œil nu sous deux aspects diiîérents :
l"" Infarctus hémoptoiqn£s de Laennec. — Ces infarctus sont caractérisés par un ou plusieurs noyaux fermes, d'une couleur brune ou sépia, ordinairement bien circonscrits, de telle sorte qu'il y a une ligne de démarcation tranchée entre le point induré et les portions du tissu sain ou congestionné qui l'entoure. Lorsqu'on incise le tissu altéré, on voit que sa surface de coupe est rouge foncé, qu'elle présente un aspect grenu, et, en pressant, on en fait sortir avec difficulté une petite quantité de sang épais, sans aucune bulle d'air. Le tissu environnant est parfois souple, crépitant, ou bien il présente une légère infiltration sanguine.
Les bronches qui s'y rendent contiennent un mucus épais, sanguinolent, renfermant, comme les crachats, du sang et des cellules sphériques infiltrées de granulations graisseuses et de granulations colorées.
Les vaisseaux sanguins visibles à l'œil nu sont remplis d'un caillot rouge si l'apoplexie est récente, fibrîneux et décoloré lorsque la lésion est plus ancienne.
Le siège le plus fréquent de ces infarctus est au centre du lobe inférieur ou dans le voisinage de la racine du poumon; souvent aussi ils sont superficiels et occupent le bord tranchant du poumon ; oo les aperçoit alors à travers la plèvre.
Lorsque ces noyaux siègent au-dessous de la plèvre, ils font un léger relief, et à leur niveau la séreuse est enflammée et recouvertt*