‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 2)Chapitre 38 sur 239 · PNEUMONIE INTERSTITIELLE DANS LA PHTHISIE PULMONAIRE · texte numérisé non relu

PNEUMONIE INTERSTITIELLE DANS LA PHTHISIE PULMONAIRE

Les cavernes anciennes, à la surrace desquelles rinflammation est éteinte et que l'on considère comme à peu près guéries, présentent une surface lisse comme si elles étaient recouvertes d'une muqueuse. 11 n'existe cependant pas d'épithélium à leur surface, mais simplement une couche de cellules lymphatiques rondes ou cubiques par pression réciproque. Ces cavernes se continuent quelquefois avec une bronche dilatée, et elles peuvent alors être prises pour la dilatation terminale d'une bronche. Nous avons déjà dit (voy. t. II, p. 70) que la tuberculose était la cause la plus commune des dilatations des canaux bronchiques. Une caverne dont la surface est lisse peut de nouveau suppurer et s'ulcérer partiellement ou sur toute sa surface.

Le tissu fibreux qui double les cavernes très étendues, lorsqu'elles siègent près de la surface du poumon, se continue jusqu'à la plèvre vi>4 érale qui est alors elle-même épaissie, fibreuse, adhérente à la plèvre costale. Il résulte de cette disposition une dépression du «reux sous-clavicnlaire lorsque, ce qui est la règle, les cavernes siè^^^nt au sommet du poumon.

Des communications peuvent s'établir entre des cavernes et un foyer caséeux ganglionnaire à la racine des bronches, entre une caveine et un abcès provenant d'un mal de Pott vertébral, et même -nlre une caverne et Textérieur par une fistule cutanée*

Pneumonie interstilielle. — Nous avons déjà dit (voy. t. 1, p. 162) que les tubercules fibreux et pigmentés déterminent gé-* oéralement autour d'eux un épaississement des cloisons du poumon, ^i qu'ils siègent souvent au milieu d'un tissu conjonctif induré ne présentant plus de caviU'S alvéolaires. Ce tissu est pigmenté, ardoisé ou tout à fait noir, et les granulations tuberculeuses qu'il renferme présentent, elles aussi, les variétés de pigmentation de leurs petites ►*! grandes cellules que nous avons décrites (voy. p. 162). Autour de •►> masses qui n'ont plus rien de la structure du poumon, le tissu pulmonaire présente toutes les lésions de la pneumonie interstitielle. Nous venons de voir aussi que la paroi des cavernes est doublée J'une zone fibreuse dure contenant des tubercules et qui se continue îiN^c une portion du poumon atteinte de pneumonie interstitielle.

Lorsque tout le sommet du poumon est occupé par de grandes favemes anciennes entourées ainsi d'un tissu induré, la partie supérieure du lobe supérieur ou ce lobe tout entier est transformé

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en un tissu calleux plus ou moins pigmenté et ardoisé. On y trouve souvent en môme temps des îlots de tubercules à difterenls états ou des nodules de pneumonie caséeuse d'origine catarrhale ou fibrineuse. Les lésions que nous venons de décrire, en les considérant isolément, sont en effet habituellement groupées et se présentent dans le même poumon à leurs divers stades.

De plus, il existe une forme de tuberculose dans laquelle les granulations, le plus souvent fibreuses et distribuées par îlots, sont accompagnées d'une pneumonie interstitielle pigmentée.

Sur des sections du poumon examinées à l'œil nu, on voit alors des nodules durs, ayant la dimension d'un petit pois à une noisette ou une noix, sphéroïdes ou irréguiiers à leur circonlérence. Ces nodules présentent des tubercules soit semi-transparents, soit opaques à leur centre, qui se continuent à leur périphérie avec un tissu pulmonaire dur, ardoisé ou noir. Lorsqu'on cherche à déchirer avec le bord tranchant de l'ongle de pareils îlots, ils résistent assez fortement pour qu'on ne puisse pas les entamer. Ces nodules sont disséminés partout dans le poumon, mais leur siège le plus habituel est dans la partie moyenne de poumons dont le sommet est occupé par des cavernes entourées de pneumonie interstitielle, et dont la base présente des tubercules isolés et moins nombreux. Cette prédominance de la pneumonie interstitielle noire ou ardoisée, formant des nodules au milieu desquels siègent de nombreuses granulations, n*einpêche pas d'observer aussi, dans les mêmes poumons, des lobules ou îlots de pneumonie caséeuse plus ou moins volumineux. Ces îlots de pneumonie interstitielle et de granulations fibreuses peuvent être aussi, à leur centre, le siège de cavernules en voie de formation, déterminées par une bronchite suppuralive ou par une péribronchite.

On a journellement l'occasion d'observer des exemples de ce genre, qui ont été bien décrits dans la thèse de M. Thaon (1). La tuberculisation présente alors une marche assez rapide.

Quels que soient le siège et Je mode d'origine de la pneunionio interstitielle pigmentée, elle présente toujours les lésions hisloloy^iques que nous avons décrites plus haut : épaississement des cloisons constituées par des fibres de tissu conjonctif et des cellule:^

(!) Recherches sur Vanatomie pathologique de la tuberculose, 1873.

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plaies dont le protoplasma contient du pigment noir; remplissage incomplet des alvéoles par de grosses cellules rondes pigmentées i\i- noir; cloisons alvéolaires tapissées d'une couche de grandes rel-

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Iule-, épithéliales tuméfiées à ventre saillant, à noyau volumineux et qui constituent une sorte de membrane; rétrécissement des slvéoies, etc.

Emphysème du poumon dans la phthisie. — L'emphysème pulmonaire est assez commun dans les poumons des plithisiques. ]1 s'y présente sous deux formes : l'emphysème vulgaire ou cette variété de l'emphysème qui est la conséquence de la pneumonie interstitielle. Comme nous avons déjà décrit ces deux formes, il n'y a plus lieu 'l'y revenir ici.

Lésions des bronches dans la phthisie. — Les lésions des bronches jouent un rôle très important dans tout le cours de la phthisie. Ces orjranes sont toujours le siège de congestion et d'inflammation ralarrhale dans toute phthisie à son début en même temps que se forment les granulations tuberculeuses. Ci'Ucs-ci peuvent occuper le

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chorion muqueux (voy. l. Il, p. 78) ou le tissu conjonctif péribronchique. La bronchite, qui se continue pendant toute la duire de la maladie, accompagne les pneumonies catarrhales et fibrineuses, lobulaires et pseudo-lobaires, et joue un rôle important dans la formation des cavernes (voy. p. 176 et suiv). De plus les broncW sont souvent dilatées dans la phthisie consécutivement aux alténtions que nous avons décrites à propos de la broncho-pneumonie simple. Enfin, lorsque des cavernes ouvertes les unes dans les aulre^ communiquent largement avec les dernières divisions d'une bronch.» dilatée, lorsque ces cavernes elles-mêmes présentent une surface interne lisse et sèche, on pourra hésiter à se prononcer entre ces deu\ diagnostics analomiques : dilatation bronchique simple ou bronches dilatées, ouvertes dans des cavernes. Mais la nature du revêlemenl cellulaire de ces cavités, jointe à la présence de tubercules dans leur paroi et l'étal du poumon tout entier permettront de résoudn? la difficulté.

Formes anatomiques et cliniques de la tuberculose pulmonaire.

— Nous avons jusqu'ici, dans l'élude analomique de la phthisie, analysé dans ses détails chaque lésion pulmonaire considérée isolémeni. Il convient maintenant d'examiner quelle est la distribution général.» de ces lésions et quel est à l'œil nu l'aspect des poumons tuberculeux considérés dans leur ensemble. Les poumons d'un même sujet peuvent les présenter toutes, depuis les granulations récentes jusqu'aux tubercules fibreux et aux cavernes, depuis l'engoûment jusqu'à la pneumonie caséeuse ou interstitielle. Mais cependant les lésions soni habituellement, sinon constamment, réparties dans un ordre déterminé suivant qu'il s'agit d'une phthisie aiguë, d'une phthisie sul>aiguë ou chronique.

a. Phthisie aiguë ^ phthisie pulmonaire granuleuse généralisée,

— Dans cette forme de la phthisie, les deux poumons sont farcis d'un nombre considérable de granulations tuberculeuses récemment formées. D'autres organes, le péritoine, les reins, le foie, etc., présentent aussi assez souvent une éruption plus ou moins confluente i^'> mêmes granulations. Mais la poussée tuberculeuse est quelquefoi> limitée uniquement aux poumons, aux bronches, à la trachée, aux ganglions bronchiques et à la plèvre, c'est-à-dire à l'appareil respiratoire tout entier. Ces granulations constituent parfois la seule

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