PLÈVRE
iiitiui-s. La broncho-pneumonie secondaire qu'elles déterminent est, à un moment donné, une lésion des plus graves parce qu'elle • uopère, pour une grande part, à Tulcération, à la fonte suppuralive (lu tissu el à la formation des cavernes.
Broussais avait tenté de ramener àTinflammation simple toutes les l/'sioQs de la phthisie. Cruveilher classait les tubercules parmi les inflammations et depuis, plusieurs anatomistes, entre lesquels nous riterons Lancereaux, les regardent comme le produit d'une inflammation chronique spéciale. Tel a été le thème de la discussion élevée entre Broussais et Laennec.
Lopinion de Laennec sur la nature parasitaire et spécifique du tubercule s'est imposée pendant longtemps à la majorité des méde- «ius. Aujourd'hui les expériences de Yillemin, relatives à l'inoculation «lu tubercule, vériliées par le plus grand nombre des expérimentateurs et reconnues comme exactes par beaucoup de ceux qui, comme <k)hnheim, les avaient contestées tout d'abord, ont modifié la con- «eptioo générale de la phthisie. Elles ont affirmé a nouveau l'unité ile la phthisie et tendent à la faire considérer comme une maladie infectieuse chronique due à la pénétration dans les poumons de microbes infectieux entraînés avec l'air respiré, comme une maladie d'inhalation (Cohnheim).
Klebs et Reinstadler ont décrit, dans les tubercules, un organisme I xtrèmement petit, le monas tuberculosunif sous forme de grains accouplés deux à deux ou par trois et aniuiés d'un mouvement fort vif. Linoculation faite aux chiens et aux lapins avec des liquides de culture contenant cet organisme a donné à ces auteurs quelques résultats positifs. Plus récemment Toussaint a cultivé un micrococcus très petit et immobile disposé par groupes de trois à dix ou en amas qu'il considère comme le parasite du tubercule. Tout dernièremenl Kock, en cultivant des fragments de tubercules, a réussi à isoler des microbes ayant la forme des bâtonnets de la lèpre {bacillus leprœ), mais plus minces. Par leur inoculation, il a donné la tuberculose à UDe série d'animaux (singes, cobayes, lapins, etc.).
§ 0. — Plèvre.
Nous avons donné, a propos de l'histologie pathologique générale des membranes séreuses (voy. 1. 1, p. 501 à 510), des détails suifisinls pour n'avoir pas à y revenir ici. Presque tout ce que nous
avons dit, en effet, relativement aux séreuses en général, s'applique à la plèvre, et nous n'aurons à rapporter dans ce chapitre que ce qui lui appailient en propre. Dan» la plupart des cas, les lésions de la plèvre sont subordonnées à celles du poumon, et leur empruntent tout ce qu'elles ont de spécial.
Congestion ; ecchymoses ; pleurésie hyperplastique d'emblée. — La congestion de la plèvre viscérale s'observe toutes les fois que le poumon est lui-même congestionné. Les vaisseaux capillaires qui appartiennent à la mince couche de tissu conjonctif transparent, qui forme la plèvre viscérale, sont remplis et distendus par le sang. La plèvrjB viscérale laisse voir par transparence les cloisons interlobulaires du poumon parcourues par les vaisseaux sanguins et lymphatiques. Les polygones qui forment la base des lobules pulmonaire.^ à la surface de la plèvre, sont en effet limités par une traînée blan^ châtre ou pigmentée en noir chez les sujets âgés, et l'on y reconnaît très facilement à l'œil nu les vaisseaux sanguins plus ou moiD.< remplis de sang et les vaisseaux lymphatiques, au moins aussi volumineux que les veines interlobulaires, qui sont très superQciels, transparents, et qui, possédant des parois minces, sont aplatis.
Lorsque la congestion pulmonaire est très intense et qu'il y a eu de la dyspnée, qu'il s'agisse d'une maladie du cœur, du poumon ou d'une asphyxie due à toute autre cause (maladies de la trachée, du larynx, submersion, strangulation, etc.), on trouve à la surface de la plèvre pariétale de petites ^cc/fymo5e5 dont le diamètre peut atteindre plusieurs millimètres. Ces ecchymoses sont caractérisées par une extravasation des globules rouges dans le tissu conjonctif de la plèvre survenue à la suile de la distension des capillaires. Lorsqu'elles sont récentes, elles laissent même suinter un liquide sanguinolent à la surface libre de la plèvre, où elles forment un léger relief. Bicntôl après leur formation, les globules sanguins sortis des vaisseaux se modifient, se transforment en granulations pigmentaires bl*une^ et noires, et la saillie de l'Ilot, rouge d'abord, s'affaisse en même tenip^ qu'il devient brun ardoisé, puis finalement noir.
Il est rare que dans les autopsies de sujets morts de maladie du cœur avec emphysème et dyspnée intense, on ne trouve pas, disséminées sur la plèvre viscérale, de nombreuses ecchymoses dont h'< unes sont rouges et récontes, les autres brun foncé, les autres noires ou ardoisées.