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PLEURÉSIE CHRONIQUE

tibreuses ou la plèvre viscérale épaissie ne gênent pas nolablement Fexpansion du poumon et le mouvement des côtes. Mais, à la suite d'un épanchement considérable, dont la résorption s'est lait longtemps attendre, les fausses membranes fibreuses organisées et la plèvre fortement épaissie entravent le jeu normal du poumon dans l'inspiration et Texpiration. Ces fausses membranes unissent solidement la plèvre viscérale à la pariétale ; aussi , à mesure que le liquide se résorbe et que l'espace qui sépare les deux plèvres se rétrécît, les fausses membranes rétractées attirent la paroi costale du côté de la racine du poumon. La cage thoracique qui avait été dilatée par Tépanchement se resserre, et les côtes se rapprochent, se touchent, surtout à la partie inférieure, de telle façon que le côté malade devient plus étroit que le côté sain. L'épaule s'abaisse, et la colonne vertébrale présente elle-même un certain degré de scoliose à concavité tournée du côté malade.

 la suite des pleurésies aiguës où la plèvre est divisée en loges

limitées par des fausses membranes épaisses, une portion plus ou

moins considérable de l'épanchement liquide reste enkystée dans

Qoe poche dont la paroi est constituée par des fausses membranes

llbrineuses et fibreuses. Lorsque la lésion est très ancienne, cette

poche pleurale est souvent remplie d'une masse semi-liquide formée

par des globules blancs en dégénérescence caséeuse; la surface

interne de sa paroi est tapissée d'une couche très épaisse de fibrine

dense à reflet ambré, transparente, et qu'au premier aspect on

pourrait confondre avec une membrane hydatique; mais Texamen

microscopique ne permet pas une semblable méprise. Ces fausses

membranes fibrineuses adhèrent à la plèvre pariétale épaissie, dure,

fibreuse, quelquefois calcifiée.

Dans les pneumonies chroniques interstitielles, la plèvre viscérale est toujours fortement épaissie. Qu'il s'agisse d'une pneumonie interstitielle sans tubercules, de l'induration du poumon autour de eavemes anciennes ou de dilatations bronchiques, ou de tout autre processus amenant l'induration du poumon, la lésion pleurale est la même. La plèvre forme une coque fibreuse, dense, élastique, blanche ou grisâtre, peu vasculaire, épaisse de 1/i à1, 2, Sou 5 millimètres et même quelquefois davantage. Ce tissu inextensible est formé de faisceaux épais et serrés de fibres de tissu conjonclif ; il possède des cellules plates de tissu conjonctif et des vaisseaux à parois denses

202 HISTOLOGIE PATHOLOGIQUE SPÉCIALE DE l'APPAREIL RESPIRATOIRE.

et rigides. Souvent, en certains points, il est œdéraatié. Cetœd^Mii" ne diffère pas de celui du tissu conjonctif ordinaire (voy. 1. 1, p. 4W et suiv.) .

L'induration fibreuse de la plèvre siège habituellement au sommel du poumon comme la lésion primitive qui la produit ; elle s'étend du poumon aux côtes et détermine l'union complète des deux surface* de la séreuse. Il est impossible d'enlever le poumon, si ce n'est en décollant le périoste des côtes, ou en coupant avec le scalpel la plèvre malade à leur niveau. Lorsqu'on a réussi à détacher la plèvre et le poumon, on voit des bandes blanches, qui indiquent sur la fare externe de la plèvre pariétale le trajet des côtes ; le périoste épai>5i fait corps avec le tissu conjonctif de nouvelle formation. Le tis>» osseux des côtes est quelquefois atteint au même niveau d'une ostéite

condensante.

Dans la pleurésie chronique, on trouve quelquefois des plaques calcaires plus ou moins étendues, qui forment comme une cuirassr, soit à la surface du poumon, soit à la surface de la plèvre pariétale.

La pleurésie suppurée, lorsqu'elle passe à l'état chronique, s'accompagne de lésions analogues à celles que nous venons de décrire. II peut y avoir aussi des métamorphoses caséeuses du pus, des loge? constituées par des pseudo-membranes, un épaississement fibreux de la plèvre, des lésions des côtes, telles qu'exostose, périostile, nécrose, etc.

Tumeurs de la plèvre. — Les plus communes des tumeurs d«* la plèvre sont les granulations tuberculeuses. Lorsqu'elles sont peu nombreuses et récentes, elles donnent lieu à une inflammation pleurétique à peine notable; mais pour peu qu'elles soient nombreuse? ou anciennes, elles déterminent toujours l'une des formes de la pleurésie, de telle sorte qu'en étudiant la tuberculose pleurale on n^ peut faire autrement que de passer en revue les diverses formes de la pleurésie. Nous avons décrit déjà (t. I, p. 512 et 681) le développement des tubercules des séreuses et les inflammations qui ^^^ accompagnent; nous n'avons donc à donner ici que ce qui est spécial à la plèvre.

Les granulations débutent, soit à la surface de la plèvre viscéiiile, soit dans des fausses membranes unissant la plèvre viscérale à b pariétale, soit sur la plèvre costale. Ainsi, dans certains cas où l»'î^ granulations pulmonaires ne sont ni assez nettes ni assez récentes pour être caractéristiques à l'œil nu, on en trouve parfois de parfai-

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