‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 2)Chapitre 47 sur 239 · GRENOUILLETTE · texte numérisé non relu

GRENOUILLETTE

aigfuë, c'est-à-dire de tumeurs acquiérant très rapidement un volume plus ou moins considérable. Ils ont allribué ce rapide développement, soit ;\ la rupture du conduit de Wharton, soit à sa dilatation brusque, soit à une inflammation survenant au plancher de la bouche, alors qu il existait déjà un commencement de grenouillette. Ces faits ne sont pas encore bien élucidés.

Le siège de la grenouillette classique que nous venons de décrire dans un conduit de la glande sublinguale est bien établi, non seulement par les données qui précèdent, mais aussi par ce fait que les ronduils de Wharton sont généralement faciles à sonder avec un slylel et qu'alors on voit sourdre des gouttelettes de salive par l'ostium umbilicale^ lorsqu'on excite la sécrétion salivaire. Les autres conduits des glandes salivaires sont également libres.

Pour comprendre le mode de développement de la grenouillette, il faut, suivant Recklinghausen, la rapprocher des autres kystes qui ont pour siège les conduits glandulaires et en particulier de ceux de la ;'iande vulvo-vaginale. Ils seraient dus h une inflammation chronique avec sclérose du tissu conjonctif qui entoure les conduits glandulaires, d'où il résulterait un rétrécissement de ces conduits en un point. La sécrétion continuant produirait une dilatation en arrière du rétrécissement.

Ce serait donc une myxangiie fibreuse portant primitivement sur le conduit glandulaire. Il est beaucoup plus facile, en effet, de comprendre la dilatation d^un conduit entouré de tissu conjonctif lâche que ta distension des culs-de-sac glandulaires. Ces derniers cependant sont souvent remplis de mucus. Le conduit glandulaire étant tlitatépeu à peu, sa paroi se trouve doublée par les tissus voisins, lissu fibreux, faisceaux musculaires, etc. Le revêtement épithélial de la paroi interne du kyste ainsi formé possède des cellules cylindriques qui, il est vrai, diffèrent des cellules normales du conduit l^landulaire en ce qu'elles sont pourvues de cils vibratiles.

Les tumeurs kystiques, dont le diagnostic doit être fait avec la grenouillette vraie, sont les kystes résultant de la dilatation du conduit <1«^ Warthon ou du conduit de la glande sous-maxillaire, les kystes ^reuxdu tissu cellulaire ou de la bourse muqueuse de Fleischmann, qui existe rarement du reste, et les kystes congénitaux multilocu- Vires analogues à ceux du cou. Enfin on a trouvé, dans la région du plancher de la bouche un kyste hydatique (Gosselin et Laugier) et

un épanchemenl sanguin (Dolbeau). Il n'est pas jusqu'aux kysle^ dermoïdes de cette région, très rares à la vérité, dont on n'ait lait une variété de la grenouillette.

Les sarcomes et leurs diverses variétés sont très communs aux gencives et dans les os maxillaires.

Les petites tumeurs connues sous le nom d'épulis sont des sarcomes myéloïdes ou ossifiants (voy. 1. 1, p. 161 et 162).

On trouve quelquefois de petits fibromes durs, sphériques et scssiles développés dans le tissu conjonctif de la muqueuse au niveau des amygdales.

Les polypes fibreux partis de l'apophyse basilaire peuvent proéminer dans les directions les plus diverses et venir, par exemple, dans la bouche par les fosses nasales après avoir perforé la voûte palatine.

A la face interne des lèvres et dans la langue on observe des angiomes qui se traduisent pendant la vie par une ou plusieurs tumeurs sous-muqueuses de volume variable et quelquefois par la présence de petits kystes séreux superficiels saillants à la surface de la muqueuse. Ces kystes qu'on pourrait confondre avec des kystes glandulaires contiennent un liquide transparent. Ces tumeurs, examinées sur des coupes perpendiculaires à la surface de la muqueuse, montrent à leur base un tissu caverneux dont les lacunes sont pleines de sang. Les kystes séreux superficiels ne sont autres que des lacunes du tissu caverneux siégeant dans les papilles et arrivant jusqu'à leur surface. Ces kystes, remplis d'un liquide contenant de fines granulations et quelques globules rouges, sont limités par une mince couche de tissu fibreux et par le revêtement épithélial aminci de la muqueuse. Leur surface interne est tapissée d'une couche d*endothélium vasculaire. A côté d'eux on voit des papilles dont les vaisseaux capillaires dilatés, communiquant les uns avec les autres, aboutissent à la constitution d'un tissu caverneux. Les lacunes de ce tissu finissent par s'isoler, ne communiquent plu^ avec les autres, ne reçoivent plus le sang de la circulation générale et deviennent de véritables kystes séreux.

Des angiomes existent souvent au bord libre des lèvres ou à leur commissure (angiomes fissuraux, voy. 1. 1, p. 284 et 288).

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