CHAPITRE III
GLANDES SÀLIVAIRES
S 1. — ■latolosle BMmae des sUuidcs
Les glandes salivaires proprement dites, c'est-à-dire la parotidt^. la sous-maxillaire et la sublinguale sont des glandes acineuses. Tous les culs-de-sac de la sublinguale renferment des cellules à mucus ; dans la sous-maxillaire, un certain nombre seulement des culs-d*"sac en contiennent; la parotide n'en possède pas. Les culs-de-sac de cette glande sont occupés par des cellules finement granuleuses. On observe des cellules analogues dans la plupart des acini de la sou^• maxillaire. Les autres acini de cette glande et tous ceux de la glandesublinguale contiennent deux espèces de cellules, les unes, cellul«> à mucus, sont grandes, claires, réfringentes, pyramidales, ayant leur sommet dirigé du côté du centre du cul-de-sac glandulaire, tandis que leur base en occupe la périphérie. Au niveau de cette base se trouve le noyau, dans un petit prolongement protoplasmique de forme conique. Ce noyau affecte une forme irrégulière en rapport avec la pression que lui fait subir la masse muqueuse accumulée dans la cellule. ,
C'est à cette masse de mucus qu'est dû l'aspect spécial des cel^ Iules. Quand on les examine, sur de bonnes coupes faites après Taction de l'alcool et colorées au picro-carminate d'ammoniaque, on reconnaît, dans leur intérieur, un réticulum légèrement coloré Qi jaune, formé par des travées granuleuses, d'inégale épaisseur, mai^ très fines, qui se poursuivent au delà du globe de mucus dans U proloplasma répandu à la périphérie de la cellule ou acxrumulé au< tour du noyau. De celte disposition il résulte que la subslanci muqueuse élaborée par 1r cellule s'est formée au sein de son proio* plasma dans une série de départements distincts et que les goutte*
HISTOLOGIE KORHALG DBS GLANDES SALITAIRES. 245
l«^tlr!s de cette substance, tout en augmentant de volume et tendant u se TusionDer, restent cependant séparées les unes des autres par de minces couches protoplasmiques qui probablement concourrent encore à les accroître.
la seconde forme de cellules, que l'on observe dans les acini contenant des cellules à mucus, diffère totalement des précédentes.
Elles sont petites, granuleuses, irrégulières et réunies en petits groupes qui, occupant le (ond des cu)s-de-sac glandulaires, y sont comme comprimées par la masse des cellules à mucus contre la membrane glandulaire et s'y montrent sur des coupes sous la forme de croissants {croissants de Gianuzzi). Ces cellules, qui sont Tortement soudées les unes au\ autres, présentent une face externe conveie, une face interne escavée pour recevoir la partie périphérique d'une cellule à mucus et souvent munie de crêtes qui s'insinuent entre deux cellules muqueuses.
U membrane propre des culs-de-sac glandulaires, qu'ils contien- Dent ou non des cellules à mucus, n'est pas constituée par une fimple lame anhiste, mais bien, ainsi que fioll l'a établi, par des cellules aplaties, munies de crêtes et soudées les unes aux autres.
Les différents culs-de-sac laissent entre eux des fentes dans lesquelles <*• fait la circulation du plasma lymphatique élaboré par les vaisseaux capillaires.
Tous les conduits glandulaires, qu'on les considère dans la parotide, la sous-maxillaire ou la sublinguale, possèdent un épithélium LAlindrique à une seule couche. Dans les conduits les plus fins qui
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succèdent immédialement aux culs-de-sac glandulaires, les celluK > cylindriques sont basses et c'est à peine si le nom de cellules cylindriques leur convient. Mais, dans les petits canaux qui leur font suit** et qui résultent de Tabouchement de plusieurs canaux entre eu\, ces cellules sonl franchement cylindriques et montrent une structure intéressante. La portion comprise entre le noyau et la base d'implantation de la cellule possède des stries très régulières, parallèles à son axe (Henle). Pflûger a pensé que ces stries étaient produites par des fibres nerveuses terminales. Il est bien plus probable, ainsi que nous l'avons fait remarquer il y a longtemps, que cette disposition indique la présence de parties contractiles qui agiraient activement pour favoriser l'excrétion, et ce rôle parait d'autant plu< utile que, sur tous les conduits des glandes salivaires, depuis les plus fins jusqu'aux canaux de Warlhon et de Sténon, il n'existe pas une seule fibre musculaire.
§ 2. — Phjslologle normale et patholof Iqae dce ^kuidee MOIvalves.
Le mécanisme de la sécrétion des glandes salivaires et les raodilications qui surviennent dans ces glandes lorsqu'elles fonctionnent d'une manière active, sont deux questions liées intimement l'une à l'autre et qui ont une grande importance.
Heidenhain est le premier physiologiste qui ait fait l'analyse histologique d'une glande à mucus après qu'on l'eut fait abondamment sécréter en excitant les nerfs qui s'y rendent. 11 se proposait ainsi de déterminer exactement le mécanisme de la sécrétion et bien qu1l se soit trompé dans ses conclusions, il ne lui en reste pas moin^ un grand mérite.
Après avoir excité pendant plusieurs heures, chez le chien, au moyen d'un courant d'induction inteiTompu, la corde du tympan qui est par excellence le nerf sécréteur de la sous-maxillaire, il ciiit reconnaître, sur des coupes de cette glande, que toutes les cellules à mucus avaient été rejetées pour former le produit de la sécrétion, et qu'elles avaient été remplacées, dans l'intérieur des culs-de-sac glandulaires, par les cellules des croissants de Gianuzzi hypeilrophiées .et proliférées.
En réalité, les choses ne se passent pas ainsi, comme nous l'avoof établi depuis longtemps déjà (1).
(1) Voy. Frey, première édi lion française, 1871, note, p. 437.
PHYSIOLOGIE PATHOLOCtQOE DES CLANDES SALIVAIRES. 247
Lorsque chez un chien, après avoir fixé un tube dans le canal de Wharlon, afin de recueillir la salive, on a excilé pendant quatre ou cinq heures la corde du tympan mise à nu, et recueilli 100 grammes de salive environ, la glande sous-maxillaire correspondante a déjà subi des modifications considérables ; on l'éludiera alors par comparaison avec celle du côté opposé qui n'a été soumise à aucune irrilation.
Pour obtenir de bonnes préparations de ces glandes, on peut employer divei-s procédés. Le plus simple consiste à en faire durcir dans l'alcool des fragments dans lesquels on pratique ensuite des
chien. *pn» qu'on l'a dit IriUlion d* l( conlg du Ijmpin {atiae ftiftnl ■ B^rt 9â|. — g, uUuIel gUnduliIrea dont lo mui OUI lufnmilï te toIuo»; c, mIIiiUsi doi iroiiu
coupes extrêmemeot minces qui doivent être colorées par le picrocarminate d'ammoniaque et conservées dans la glycérine. On peut aussi faire durcir les glandes dans le bichromate d'ammoniaque et eolorer les coupes par la purpurine. Enfin l'acide osmique peut être employé comme liquide durcissant, pourvu qu'on le fasse agir sur de très petits fragments.
On constate sur ces préparations que les cellules muqueuses ne sool pas expulsées en masse pour former le produit de la sécrétion comme Heîdenhain l'a dit, mais que le mucus élaboré dans leur inlprieur est seul éliminé ; en même temps le protoplasma qui avoime le noyau se gonfie, devient plus abondant et s'avance dans l'intérieur de la cellule pour remplacer le mucus à mesure qu'il est éli* miné. Sur les mêmes préparations on peut apprécier les différentes
phases de ce processus, parce que tous les acini ne sont pas égalt- 'ment modifiés. Il en est qui paraissent encore intacts alors qu» d*autres ont subi une transformation complète. Dans ces derniers, toutes les cellules, aussi bien les cellules muqueuses que celles du croissant de Gianuzzi , possèdent les mêmes caractères, et si Iod n'étendait pas Tobservation à des acini voisins dans lesquels les
Pio. 96. — A. Cellolet ï mucuf de la glande sous-maxillaire du chien isolées de la glande nen> >•
après Taciion de l'alcool an tiers et colorées par le picnxarminale. B. Cellules de la glande sous-maxillaire du chien préparées par le môme procède, aprfcs qne la glai'i'
a sëerélë sous l'influence de Tcxcltation de la corde du tympan.
cellules muqueuses présentent encore au niveau de leur bord libre des masses de mucus d'étendue variable, on pourrait être conduit à admettre l'interprétation de Heidenhain.
La salive que l'on obtient par l'excitation de la corde du tympan est muqueuse, filante, mais beaucoup moins épaisse que celle qui résulte de l'excitation des filets sympathiques qui se rendent à la glande, beaucoup moins épaisse également que si l'on a adrainistiv au chien de la morphine, avant d'exciter la corde du tympan. Sur uo chien morphinisé, la salive, examinée au microscope, montra un nombre très considérable de corps transparents comme du verre, un peu plus réfringents que le liquide dans lequel ils nagent et affectant des formes variées. Ils sont cylindriques, avec des extrémités mousses, pyriformes, en fuseau, et quelquefois presque sphérique^. Ce sont ces corps, moules salivaires^ formés uniquement par d^s globes de mucus, qui ont été pris par Heidenhain, lequel employait la morphine dans ses expériences, pour des cellules muqueuM'^ expulsées tout entières des acini glandulaires. On rencontre encorp dans la salive, qu'elle soit produite sous l'influence de l'excitation de la corde du tympan, avec ou sans morphine, ou à la suite de Texciuition du symphatique, un certain nombre de cellules lymphatiques bien caractérisées. Ces cellules se sont probablement introduil('< dans les conduits excréteurs par le fait d'une diapédèse d'autant plus