‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 2)Chapitre 62 sur 239 · LÉSIONS DES GLANDES DE L'ESTOMAC · texte numérisé non relu

LÉSIONS DES GLANDES DE L'ESTOMAC

lations gi'aisseuses, et la glande elle-même en parait enlièrement remplie.

Senfllebea qui observa le premier cet élat de la muqueuse stomar^ale, sous l'iDiluence des idées doctrinales de Virchow, qui voulait que les dégénérescences graisseuses primitives fussent de nature inflammatoire, le rapporta à une gastrite déterminée par Taotion directe du phosphore. Il est incontestable que, dans certaines conditions qu^on ne peut pas toujours déterminer, le phosphore donne lieu à des lésions inflammatoires primitives de la muqueuse stomacale. Il est probable qu'il se forme alors de l'acide phosphorique et que cet agent caustique agit directement. Mais le phosphore luimême, ainsi que nous l'avons établi il y a longtemps, n'irrite pas les tissus dans lesquels on l'introduit. C'est ainsi que, lorsqu'on place un fragment de phosphore dans le tissu sous-cutané ou dans one cavité séreuse, il ne produit pas autour de lui de réaction inilammatoire. Nous ne voulons pas nier cependant que la dégénérescence graisseuse primitive des glandes de l'estomac ne puisse dt^venir le point de départ d'iihe. ulcération. On conçoit, en effet, que des portions de cette muqueuse en dégénérescence et frappées de mort se laissent attaquer par le suc gastrique et deviennent ainsi !«' point de départ d'une ulcération.

Ce n'est pas seulement dans l'empoisonnement par le phosphore qu'on observe la dégénérescence graisseuse des glandes de l'estoniar; on la rencoûtre parfois chez les alcooliques et parfois aussi chez des sujets où il est difficile de déterminer sa cause productrice. Elle se présente sous la forme de taches blanchâtres opaques qui ïBectent une certaine ressemblance avec des plaques de muguet et qui, examinées au microscope sur des coupes perpendiculaires à la surface, montrent une dégénérescence graisseuse des glandes et de rêpithélium. A côté de ces taches, on peut observer soit des ulcérations, soit de petites escharcs. Ces dernières semblent résulter de l'action directe du suc gastrique sur la muqueuse qui n'est plus protégée par son revêtement épithélial. En les examinant au microscope on y trouve des vaisseaux sanguins remplis d'une substance brune qui n'est autre chose que du sang coagulé et transformé par l'acide gastrique.

Cette observation vient à l'appui de l'hypothèse que nous avons formulée un peu plus haut, relativement aux ulcérations qui se produisent dans l'empoisonnement par le phosphore.

Lésions des vaisseaux. — Il n'est pas très rare de rencontrer un»* artère athéromateuse plus ou moins volumineuse de l'estomac, en coïncidence avec une lésion analogue de l'aorte. On conçoit que ceiif altération, provoquant des obstructions vasculaires plus ou moins étendues, puisse être une cause d'ulcération de la muqueuse.

Nous avons aussi constaté plusieurs fois la dépénérescen»'.' amyloïde des artères qui rampent dans les parois de Testomar ; el!* coïncidait avec une dépénéiescence analogue des arlèrcf; d» l'intestin.

Inflammation de la muqueuse stomacale.

Gastrite gatarrhale aiguë. — Il est à peu près impossible d'apprécier, chez l'homme, les degrés légers du calarrhe sforoa^a! qui, suivant toute probabilité, constituent la lésion anatomique dr certaines dyspepsies. Les cellules épithéliales qui tapissent la surface de la muqueuse tombent très rapidement après la mort, pan t^ qu'alors le suc gastrique les attaque, tandis qu'il était sans action sur elles pendant la vie. On n'en trouve généralement aucune irar»' vingt-quatre heures après la mort. Les altéi-ations des cellules glan* dulaires sont, par la même raison, d'une appréciation très douteuse». Le tissu conjonctif superficiel de la muqueuse est également altorr Aussi devons-nous demander à l'expérimentation et à l'étude d'^ lésions produites par elle sur l'estomac des animaux des pnseignemenls indiscutables. Lorsque, chez le chien, on a détermina. par une injection d'émétique dans les veines, une irritation d^ !i muqueuse stomacale, celle-ci est injectée fortement par places »! couverte d'une sécrétion muqueuse ou muco-purulente. On peut l'examiner directement ou après l'avoir traitée par un liquid-' fixateur et durcissant (alcool, liquide de Mûller, acide osmique).

Le mucus gastrique est louche et fluide, il contient une praml quantité de globules blancs, des lambeaux formés de cellul'-^ épithéliales, des cellules isolées et des globules rouges.

Les coupes faites perpendiculairement à la surface, sur les piè'>> durcies dans l'alcool, montrent, au microscope, dans les parties congestionnées, une distension très notable des capillaires du rést-a" superficiel qui occupe l'extrémité des saillies intei^landiilaiiv> Ces saillies, qui sur les coupes se présentent comme de petites m'losités, sont plus proéminentes qu'à l'état normal et renflées «^o

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