INFLAMMATION CATARRHALE DE LA MUQUEUSE INTESTINALE
dans les parties de la muqueuse où, sous rinfluence d'une irritation intense et productive du tissu conjonctif, celui-ci s'est développé sous forme de prolongements villeux entre les glandes. Dans lo. gros intestin par exemple, où les villosités n'existent pas à l'état normal, on voit, dans les catarrhes chroniques chez les enfants, des végétations du tissu ronjonclif interglandulaire proéminer à la surface de la muqueuse. Là, de même qu'à la surface de l'estomac, l'accroissement en longueur des glandes suit le développement du tissu conjonctif qui les entoure. i>lui-ci ne larde pas à faire entre ces glandes des saillies coiffées d'êpilhélium analogues à des villosités ; toute la portion de la muqueuse épaissie forme un relief et pourra plus tard se pédiculiser, »^n entraînant par glissement la muqueuse voisine restée normale. D'autre fois l'hypertrophie des glandes est tout-à-fait prédominante ({u elle aboutisse à la formation de polypes muqueux ou à un épais- >i«sement irrégulier de la couche glandulaire du gros intestin» comme nous l'ayons vu chez un phthisique. C'est ainsi que se produisent au rectum et dans d'autres régions de l'intestin, ces polypes papillo-glandulaires si fréquents chez les enfants, et qui deviennent quelquefois le point de départ d'une invagination. Le contenu muqueux des glandes dilatées et kystiques fait donner à les petites tumeurs le nom de polypes muqueux. Ils sont absolument ^mblables aux polypes muqueux de l'estomac dont la structure a été décrite plus haut (voy. t. II, p. 286 et suiv.). Les cellules contenues dans les tubes glandulaires hypertrophiés sont toujours remplies de mucus et caliciformes.
Linflammation catarrhale de l'intestin a reçu différents noms suivant le siège du mal : telles sont la duodénite, Tiléite ou inflammation de l'iléon, la typhlite ou inflammation du caecum, la colite ou inflammation du côlon et la proctite ou inflammation du rectum.
La duodénite^ simple ou catarrhale, a été rarement vue isolée. La tuméfaction de la muqueuse de la seconde portion du duodénum, et <*n particulier de l'ampoule de Vater, a pour conséquence une rétention de la bile et l'ictère.
Dans YUeite^ ou inflammation de la dernière partie de l'intestin ^tAIp. on observe presque constamment, en outre des signes anatoroiques de tout catarrhe intestinal, une tuméfaction des follicules lymphatiques ou follicules clos, isolés ou agminés dans les plaques de Payer. Cette tuméfaction a reçu le nom de psorentérie. On
observe tout particulièremeDt cette lésion dans le cholén», dans la fièvre typhoïde, dans la plupart des maladies inrectieuses, dans 1^ exanlhèmes fébriles, la fièvre puerpérale, etc.
Les follicules isolés qui ne font pas, à l'état normal, de reliel sensible, sont alors développés et saillants comme de petits grains arrondis ; ils sont deux ou trois fois plus gros qu'à Tétat normal : leur surface est rosée ou pâle; leur section montre un tissu semi-transparent gris on rosé. Lorsqu'on examine à un très faible
Fio. iiO. — Coupe de a muqueuse intestinale montrant les follicules clos. les glande» ei les Tillo* u au niveau des follicules enflammés (p»oreatéile). — Grussissoment de 15 aiaoïèires.
grossissement une de ces petites tumeurs enlevée avec les ciseaux, on voit que sa surface saillante est partiellement recouverte par lesvillosites et par les glandes de la muqueuse qu'elle a poussées au devaol d'elle en se développant. Par l'examen de coupes minces de ers parties, pratiquées après le durcissement de l'intestin, on peut s'assurer que les follicules clos sont hypertrophiés et que leur hypertrophie est due à la distension des mailles du tissu réticulé qui les constitue par des cellules lymphatiques; dans des préparations obtenues au moyen du raclage, on voit souvent, à côté des cellules lymphatiques, des cellules endothéliales plates qui sont tuméfiées, granuleuses, et qui présentent deux ou même un plus grand nombre de noyaux.
Cette tuméfaction des follicules isolés, qui se montre dans la plupart des diarrhées, est plus visible à la fin de l'iléon que dansle> autres portions de l'intestin, parce que les follicules clos y sontpém'*ralement plus nombreux ; mais on peut l'observer dans toute Télendue du canal intestinal, aussi bien sur le gros intestin que sur l'intestin grêle.
TYPHLITE ET PÉRITYPHLITE. 317
Lorsque la psorentérie est très développée, comme cela a lieu par exemple dans le choléra, les follicules hypertrophiés peuvent finir par s'ulcérer, ainsi que l'ont observé Bouillaud et Cruveilhier. L'ulcéralion se lait comme dans la fièvre typhoïde, où la lésion spéciale porte primitivement sur les follicules clos isolés ou agminés ^voy. t. II, p. 332), c'est-à-dire par une mortification de la porlion du follicule saillante dans l'intestin. Nous étudierons ces inflammations ulcéreuses des follicules (ulcères folliculaires) à propos de la fièvre typhoïde, et leurs inflammations caséeuses à propos de la tuberculose intestinale.
Typhlite el périlyphlite. — La typhlite est l'inflammation de Tappendice vermiforme du caecum. Très souvent, lorsqu'elle est intense, elle s'accompagne d'une inflammation du péritoine , de telle sorte que l'on doit décrire en même temps l'inflammation de Tappendice et la péritonite localisée ou pérityphlite, qui en est la •conséquence.
Aucune partie du canal intestinal n'est plus disposée que l'appendice vermiforme à l'arrêt et à la stagnation des matières fécales ou des corps étrangers. En eflet, sa forme en cul-de-sac est telle que les matières qui y sont engagées ne peuvent que très difficilement en sortir; la contraction des muscles lisses de l'appendice est la seule force qui puisse les chasser. En outre de cette disposition particulière de l'appendice, le cœcum dans lequel il s'ouvre constitue, lui aussi, une sorte de renflement et de diverticule du côlon à son origine, et les matières fécales ont aussi de la tendance à y séjourner. Ces conditions expliquent la fréquence des lésions inflammatoires de l'appen* dice, que ces lésions soient primitives ou qu'elles soient consécutives à la présence de petits corps irritants, tels que des pépins de raisins ou d'autres fruits, des noyaux de cerise, de prune, des grains de plomb, de petits calculs biliaires, etc.
Lorsque ces corps étrangers séjournent un certain temps dans l'appendice vermiforme, ils se recouvrent habituellement d'une couche de phosphate tribasique et constituent des calculs. On a vu aussi des calculs de ce genre avoir pour centre un amas d'oeufs d'ascarides (Lûcke).
La muqueuse de l'appendice enflammée, soit spontanément, soit^ ce qui est plus habituel, consécutivement à la présence de corps étrangers, sécrète un liquide puriforme ou muqueux; elle est épaissie, plus ou moins vascularisée, et souvent les follicules clos qu'elle
y 18 INTESTIN.
possède sont ulcérés. L'appendice tout enlier est distendu; separois sont plus épaisses qu'à l'état normal ; l'infiltration et Tcpaisissement de sa couche muqueuse rendent impossible la contraction de sa tunique musculaire, et par suite empêchent absolument qu'il puisse se vider ni changer de position." Il reste par conséquent pendant un certain temps dans la situation qu'il affectait au débii' du mal.
Comme l'inflammation se propage très souvent au revêtement pêritonéal de l'appendice, il se recouvre d'une couche mince de fibrioe qui est pénétrée par des vaisseaux et du tissu conjonctif de formation nouvelle; il en résulte que l'appendice immobilisé contracte de> adhérences avec les parties qui sont en rapport avec lui.
Cette péritonite est, dès le début, adhésive et limitée, le plus ordinairement sans gravité. Elle ne se guérit qu'en laissant des adhérences filamenteuses ou complètes de l'appendice vermiforme ave» les organes voisins. Le plus souvent il s'unit au caecum dans toute son étendue, et il s'atrophie. D'autres fois il s'unit à Tutérus, a la vessie, à la paroi abdominale, mais seulement alors par son extn'mité libre. 11 s'ensuit, lorsque l'adhérence est devenue solide i»ar Torganisation fibreuse du tissu nouveau, qu'il forme un pont, une espèce de bride au-dessous de laquelle l'intestin grêle pourra s'étrangler.
Une ulcération, ayant pris son point de départ dans la muqueus»* de l'appendice, peut envahir toute sa paroi et se continuer dans le tissu inflammatoire qui l'unit à des organes voisins. C'est ainsi que se forment des abcès de la fosse iliaque, qui auront de la tendanoà s'ouvrir au dehors, au-dessus du ligament de Poupart. C'est ain>i que se forment des fistules communiquant ou non avec le uocuni. Klebs a vu un canal constitué par une muqueuse et une enveloppe fibro-séreusc , faire communiquer l'appendice vermiforme avec le rectum .
pROCTiTE. — U est rare que le gros intestin soit enflammé dan> toute sa longueur ; le plus souvent il est atteint seulement dans la partie inférieure de TS iliaque et dans le rectum. La proctite, ou inflammation rectale, est primitive dans les cas de dysenterie ^po• radique ou épidémique. Elle succède souvent aux hémorrhoïdc^ (flux catarrlial hémorrhoïdaire), aux corps étrangers arrêtés dans les dépressions de la muqueuse, aux affections syphilitiques de Tanus et du rectum, rhagades, placiues muqueuses^ ulcérations tertiaiiv^
DYSENTERIE ÂIGUE. 319
Syphilitiques. Dans les cas de cancer de Futérus, même lorsque les l^arois du rectum ne sont pas envahies par la néoformation, il y a généralement une inflammation catarrhale plus ou moins intense de la muqueuse rectale.
Dysenterie. — La dysenterie est une inflammation ulcéreuse du ;:ros intestin. Son siège de prédilection est le rectum et TS iliaque ; lorsqu'elle est très intense, les lésions remontent dans tout le gros intestin. Les variétés de cette afleclion, c'est-à-dire la dysenterie sporadique de nos climats, la dysenterie sporadique et épidémique de TÂlgérie et des pays inlertropicaux, la diarrhée chronique de ces derniers, présentent une analogie complète au point de vue des lésions anatomiques et ne diflèrent que par leurs causes et leur intensité. Les lésions ne sont pas les mêmes au début de la maladie (dysenterie aiguë) et pendant sa période de chronicité; c'est pourquoi nous décrirons d'abord la dysenterie aiguë, puis la dysenterie chronique.
I' Dysenterie aùjuè. — Dans la i'oiine bénigne ou catarrhale de la dysenterie aiguë, la surface de la muqueuse est très rouge, très roogestionnée et parsemée de petites ecchymoses. La lésion qui existe dans toute l'étendue du rectum et dans la partie inférieure de rS iliaque, est surtout bien caractérisée au niveau des plis saillants de la muqueuse. Celle-ci est épaissie et boui^eonnante. Ses follicules forment un relief à la surface. Elle est couverte d'un exsudât muqueux peu abondant, analogue à Talbumine de Tœuf, ou puriforme par places, habituellement mêlé de filets sanguios ou coloré uniformément t:n rose ou en rouge par le sang. Ce liquide constitue les selles dysenlériques qui sont muqueuses, glaireuses, comparables au frai de grenouille , peu abondantes, souvent striées de sang, fréquentes, accompagnées d'épreintes et de sensation de brûlure à Tanus *il qui, par tous ces caractères, suffisent à faire reconnaître la dysenterie.
Peu de jours après le début de la maladie, la muqueuse présente déjà des ulcérations généralement petites, taillées comme à Temporte-pièce. Ces ulcérations sont couvertes d'un mucus transparent ou louche, et lorsqu'elles en ont été dégagées, elles paraissent plus profondes qu'elles ne sont en réalité, parce que la muqueuse qui les avoisine est épaissie. Ces lésions sont très limitées dans les dysen-
terics simples qui guérissent assez rapidement dans notre dimal.
L'examen microscopique des parties épaissies de la muqueuse montre les faits suivants :
V Dans la couche glandulaire, les vaisseaux sont turgides; k tissu conjonctif qui les entoure est inPillré de cellules lymphatique^ et les cloisons interglandulaires sont accrues en longueur aussi bien qu'en épaisseur par suile de l'infiltration inflammatoire. Les glandes de Lieberkiihn subissent alors une élongation, et, comme elles sont comprimées, elles montrent des rétrécissements et des dilalatiooi successifs. Les cellules épithéliales des glandes sont consenées; elles sont généralement hypertrophiées et cupuliformes. Quant aux cellules épithéliales de la surface, il serait, ainsi que nous Tavoib dit, bien inutile de les chercher vingt-quatre heures après la mort, mais on peut être sûr qu'elles sont partiellement détachées pendant la vie, car on en trouve, ainsi que nous le dirons bientôt, dans le^ selles dysentériques au début de la maladie.
â"" Dans le tissu conjonctif sous-muqiieux, les cellules lymphatiques épanchées autour des vaisseaux sont extrêmement nombreuses. Le tissu conjonctif de la muqueuse est également infiltré de cellules lymphatiques, au-dessous des glandes de Lieberkûhn et autour des follicules clos. Ces derniers, remplis de cellules lymphatique^ sont tuméfiés, et ils font saillie à la surface de la muqueuse; finalement ils se ramollissent à leur centre, se vident de leur contenu, suppurent et donnent naissance à un ulcère folliculaire.
Lorsque l'inflammation est très intense et que Texsudat, qui contient des cellules lymphatiques et de la fibrine, infiltre le tissu conjonctif au point de comprimer les vaisseaux, il se produit uoe véritable mortification d'une partie limitée de la muqueuse. Une inflammation suppurative éliminatrice se montrent bientôt autour des parties mortifiées* Alors des lambeaux plus ou moins étendus de la couche glandulaire sont détachés par la suppuration qui a lieu audessous d'eux et sont expulsés par fragments plus ou moins grand:}, plus ou moins reconnaissables à l'œil nu ou à Texamen microsco* pique. On les trouve dans les évacuations diarrhéiques. Lorsque la mortification comprend une portion de la couche glanduleuse, il en résulte une ulcération plus ou moins étendue à fond plat, à bords irréguliers et siégeant en général au sommet d'un pli. Lorsque l'eschare a intéressé un follicule lymphatique et le tissu qui l'entoure, il se produit un ulcère plus profond, petit et circulaire.
Les ulcérations, une fois formées, continuent à s'étendre par I»
DYSKNTKHIE ÂIGUE GUÂYE. S^l
Toute suppuralive des parties infiltrées de cellules lymphatiques; '^lles doDDent du pus à leur surface pendant tout le temps que dure la dvsenlerie à lelat ai^^u.
Celle-ci peut guérir par la réparation des pertes de la substance, pria végétation d'un tissu de bourgeons charnus et par la cicatrisalion qui en est la suite, ou bien elle passe à Tétat chronique.
La dysenterie aiguë grave^ qu'elle s'observe à Tétat sporadique dtius les pays chauds, ou à Tétat épidémique, consiste dans des altélalioDb analogues, mais ayant une intensité beaucoup plus grande en même temps que les lésions se généralisent à la plus grande partie 0(1 à la totalité du gros intestin. Il peut même y avoir dans cette maladie un catarrhe plus ou moins étendu de la muqueuse de Tini^îslin grêle.
A Tautopsie d'individus morts pendant la période aiguë de la
dysenterie grave, on trouve les ulcérations, décrites précédemment,
))eaucoup plus grandes, plus profondes et réparties sur presque
toute la surface du gros intestin, depuis le caecum jusqu'à Tanus. La
>urrace des ulcérations est tantôt recouverte de débris infiltrés de pus
•l non encore détachés de la couche glanduleuse superficielle ou de
li couche muqueuse: tantôt elle est rouge ou rosée, bourgeonnante
«•u brune, ardoisée par suite de la décomposition du sang. Le bord
•le> ulcérations est taillé à pic et limité par la muqueuse boursou-
iVr, très congestionnée, ecchymotique et molle. Les ulcérations
l'<^uvent atteindre une étendue telle qu'il reste à peine quelques Ilots
<m la muqueuse ne soit pas complètement détruite. Ainsi, dans
>ine observation de M. Kelsch qui a fait dans le laboratoire de
lun de nous une série de recherches très intéressantes sur la
ii)Nenlerie {Arch. de physiologie^ 1873), la partie ulcérée du gros
inMin comprenait environ les troi^ quarts de sa longueur; sur la
Mirface ulcérée, lisse et unie, de couleur rosée, se dressaient, de dis-
«ince en dislance, des îlots de la largeur d'une pièce de 5 francs au
Kiuios, sorte de champignons d'un tissu très h'iable, colorés en rouge
li^*auco«p plus foncé que l'ulcération et représentant tout ce qui
iv>(ail de la couche glanduleuse.
Dans les portions de la muqueuse conservées, on retrouve les ;lande^de Lieberkùhn avec leurs cellules cylindriques; mais ces glandes sont déformées, irrégulières, déviées, ici comprimées, là <ii^lenducs : les vaisseaux sanguins qui entourent ces glandes sont iii> distendus et gorgés de sang. Autour d'eux, le tissu conjoncti!
COMIL ET RAlfTIER. 11. — ^1
contient des cellules lymphatiques et de nombreux filament» de fibrine.
Le tissu conjonctif sous-glandulaire qui forme le fond de ce< ulcères, est lui-même infiltré par un exsudât inflammatoire, compo>^ de cellules rondes et de fibrine; les vaisseaux sont très dilatés, remplis de sang, et leurs parois sont revenues à l'état embryonnaire. Les vaisseaux lymphatiques contiennent des cellules endothéliale> gonflées, très volumineuses. Le tissu cellulaire sous-muqueux est U siège d'un véritable phlegmon. Il a doublé ou triplé d'épaisseur, el sa portion la plus superficielle, au-dessous des glandes, est lran^formée par places en un lac de pus, qui isole la couche glanduleibe et rend sa destruction inévitable. Aussi n'est-il pas rare de voir de> malades évacuer, avec les selles, des fragments considérables de la muqueuse, soit en lambeaux, soit en cylindres pouvant avoir jusqu à plusieurs décimètres de longueur.
Il semble presque inutile d'ajouter que les dysenteries dont les lésions sont aussi étendues et aussi profondes se terminent fatale ment par la mort, arrivée soit par épuisement, soit, ce qui est plu> rare, par perforation de l'intestin et péritonite suraiguë, soit pai suite d'un abcès hépatique.
L'examen des selles, dans la dysenterie aiguë, donne les résultai suivants : Au début, elles sont constituées par une petite quantité d** matière glaireuse, vitriforme, pelotonnée ou ressemblante des crachats muqueux. On a comparé ce mucus au frai de grenouille. Souvent il est coloré par du saug, soit intimement mêlé à lui comme dao.^ les crachats de pneumonie, soit disposé en stries. II contient de^ cellules lymphatiques, des corpuscules rouges du sang, des cellule'* cylindriques, des globes muqueux et de nombreux microbes. Tel> sont les caractères de la première période.
Dans la période d'ulcération commençante, les selles sont constiluées par un liquide séreux, coloré en rouge par le sang, dans lequt*! nagent des fiagments blanchâtres membraneux, plus ou moins étendus, quelquefois de véritables cylindres qui sont constitués par la partie superficielle de la muqueuse nécrosée, infiltrée de pus et détachée. On peut, en examinant ces lambeaux au microsropo. reconnaître des portions de glandes de Lieberkûhn, ou même (le^< séries de ces glandes unies entre elles. Les caractères de ce liquide diarrhéique rouge&tre mélangé à des débris blancs, l'ont fait canh parer à de la lavure de chair.
DYSENTERIE ClinOMQUE. 323
Lorsque l'élimination des parties nécrosées est terminée, les selles sont constituées uniquement par une sanie ichoreusc, purifnrrae ou séreuse, de couleur grise, ardoisée ou sanguinolente ; ce liquide, qui est sécrété parles ulcérations, nonlient une grande quanli(ê de cellules lymphatiques et de globules rouges.
Les autres organes compris dans Tabdomen sont souvent lésés consécutivement dans la dysenterie : la vessie est généralement con* geslionnée, et elle est le siège d'un catarrhe aigu ; les reins sont quelquefois atteints de néphrite catarrhale ou parcnchymaleuse. Les gan* glfons ljfmphaliques\omhmres sont congestionnés et hypertrophiés, la rate est grosse et ramollie. Enfin on trouve souvent de lacongeslioD et des abcès du foie (voyez plus loin la description des lésions du foie). L'intestin grêle présente souvent les traces d'un catarrhe plus ou mm intense et profond; d'autres fois, il est revenu sur lui-même aussi bien que l'estomac et présente une atrophie remarquable de ses Puniques.
Dysenteiuë curoniquë. — La dysenterie chronique succède à la fcenlerie aiguë, ou bien elle s'établit chroniquement d'emblée. Ce if^sl qu'au bout de plusieurs mois, souvent de plusieurs années à partir du début de la diarrhér, que la mort arrive. A l'autopsie, iâ muqueuse est boursouflée par places et congestionnée. Elle est surtout très rouge sur les parties saillanles situées au bord des déptessi' ns qui simulent au premier abord des ulcérations. Dans certaines de ces dépressions en effet, là où l'on croirait par l'examen à lœil nu qu'il s'agit de véritables pertes de substance, on trouve les r'Iandes de Lieberkûhn conservées; le relief des parties voisines, dû 'oui simplement au bourgeonnement du tissu cellulo-vasculaire qui ^pare tes glandes allongées elles-mêmes, simule seul des ulcéralions. Dans d'autres points, il s'agit bien en réalité de perles de substance et d'ulcérations véritables, que colles-ci compromettent ^•'ulement la portion superficielle de la couche glandulaire, ou qu'elles pénètrent jusqu'au tissu cellulaire sous-muqueux.
La surface de ces ulcérations est brune ou ardoisée ; on y voit âTûeil nu des orifices plus ou moins ré^^uliers, qui conduisent dîins lies dépressions folliculaires situées plus pi*ofondémenl au milieu rnème du tissu conjonclif sous-muqueux. De ces petites cavités qui mesurent de 1/2 à 1 et 2 ou S millimètres de diamètre, qui existent
3i4 INTESTIN.
en nombre ^lus uu moins cuiisidérabie, soil sur une même uk-érjlion, soit sur phisieni-s utcéiations, un r:iil inoi'lii' par la pression un mucus conciel semblable à du (rai de }j;rcnouille.
Le mucus gélaliniforme, lire des ulcères folliculcux, esnmiiiO a l'élal fruis, montre des cellules cylindriques, la plupart cupuUfornie::, disposées à la périphérie de la goutlcletle où elles sont pa^allèlc:^ k'? unes aux autres; le centre de la masse semi-liquide contient di'? cellules fusiformes allongées, ovoïdes, ou sphériqucs, qui ne font autres que des cellules cylindriques ou des globules blancs dc\i;nus muqueux. Le mucus Imité par l'acide azotique ou par l'acide acétique donne un précipité opaque.
Les coupes de la muqueuse convenubleiuent durcie, couipreuaulH la lois le bord des ulcères, les ulcères eux-mêmes et les cavili-^ pleines de mucus, montrent les laits suivants.
1' Dans les parties de la muqueuse tuméliécs, congestionnées ul boursouflées (a, fig. 111) qui séparent les ulcérations, les jilandes di;
Lieberkùtin (;/) sont 1res longues cl très vuluiuineuses ; elles sinn séparées par du ti^su coiijont lit' dans lequel cheminent des vai^sea1l^ distendus par le sang.
Au-dessous de la couche glandulaire, la coudie musculeusc siip'-rficiellc de la muqueuse est normale, et le tissu conjonclifesl sirtijilemeot byperbémie en même temps que ses cellules sont plus vuliiuiineuses qu'à l'étal ptiysiolo^'i<|ue. Les sections des l'ollicules oItV'iil
HYâENTSniE CBHOMUl'K. ^H^
lanlôl une foirae ellipsoïde dont le pi-and diamètre est parallèle à la muqueuse, lanlôt une forme circulaire.
^ Au niveau des parties ulcérées el déprimées, la surface de la muqueuse ne présente plus que des vestiges des p;Iandes en tube. Cetie^'-ci (m, m, lig.1 H) sont réduites à leiirpartic inférieure, à leur fond, à un tiers environ de leur longueur, et même elles manquent iilisnlument par places. Les culs-de-sac appartenant à ces glandes en liilii' ea gmnde partie détruites contiennent des cellules cylindriques, pour la plupart ciipulîformes. Ils sont séparés les uns des autres par ilii tissu conjonclif infiltré de cellules lymphatiques et qui se continiip avec le tissu conjonctif également altéré de la couche sous-glandiiiaire. Il semble que sur ces parties ulcérées la couche superficielle iIl' la muqueuse ait été rasée, les glandes et le tissu fibreux qui les sépare ayant été détruits en même temps. Dans les points où les ïlandes eo tube n'existent plus, le tissu conjonclif en rapport avec 1'' contenu intestinal ne parait pas revêtu de cellules épiihéliaies.
.">■ GVsl toujours au niveau des parties ulcérées que viennent s'nii-
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