‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 2)Chapitre 73 sur 239 · FIE VUE TYPHOÏDE · texte numérisé non relu

FIE VUE TYPHOÏDE

cinq jours, la muqueuse est congeslioanée et elle sécrète uue quantité vai'iable de liquide, ce qui détermine une diarrhée plus ou moins abondante. Les follicules clos isolés et les plaques de Peyer, surloul à la partie inférieure de l'iléon, sont tuméfiés dès le début de la maladie. Les follicules isolés forment de petites saillies perlées, rosées et semi-transparenles comme dans le choléra (psorentérie) ; les plaques de Peyer s'accusent déjà par un relief bien marqué.

^î" L'hypertrophie des follicules isolés et des plaques de Peyer augmente. A l'autopsie de sujets morls de la fièvre typhoïde au cinquième ou sixième jour de la maladie, dans sa forme grave et délirante d'emblée il est vi-ai, nous avons vu les follicules isolés à Tétat déboutons siillants et coniques, durs, mesurant deâà 4 millimètres de K'ur sommet à leur base, et les plaques de Peyer épaissies de la même façon. Ce sont là les lésions que Louis a décrites sous le nom de plaques dures; elles paraissent répondre aux formes cliniques les plus graves.

Pendant le second septénaire, les plaques de Peyer les plus voisines du ciecum, c'est-à-dire les premières atteintes et celles qui le sont au plus haut degré, commencent déjà à s'ulcérer partiellement, eu un ou deux points sur une même plaque, tandis que, dans la partie supérieure de Tiléon, leur surface est régulière et non ulcérée.

Après avoir sectionné avec le scalpel un follicule isolé, on voit qu'il est constitué par un tissu blanchâtre, gris ou légèrement rosé^ de consistance molle. Aussi lui a-t-on donné le nom de tissu médullaire en le comparant à la substance du cerveau. Ce tissu, quand on le racle, fournit une petite quantité de liquide louche. En regardant avec atlenlion la surface de section, on ne voit pas de limite tranchée entre le follicule et la muqueuse, de telle sorte <|u on peut supposer au premier abord que Pinfillration patholo- }iique porte à la fois sur le follicule clos et sur le tissu conjonctif qui l'entoure.

Les plaques de Peyer présentent des lésions analogues. Seulement rinhilration y est généralisée : tous les follicules ou une grande partie d'entre eux, ainsi que le tissu conjonctif voisin, sont lésés à Va fois.

Le nombre des plaques altérées est très variable : tantôt il n'y en a que deux ou trois, et ce sont alors les plus voisines do la valvule iléo- «î'wle, tantôt on en peut compter 20, .iO, jusqu'à 50. Lorsque la

lésion est plus marquée, la plaque est tout entière hypertrophiée ei très épaisse : elle fait par exemple une saillie de 2 à 3 millimèlies. quelquefois même davantage, et elle montre, sur une surface de section» chacun des follicules qui la composent formé d*un tissu gri> et chargé de sucs. Les plaques tuméfiées et hypertrophiées à o* degré sont encore les plaques dures de Louis.

Lorsque la lésion est moins prononcée, les follicules isolés el les plaques ne font pas un relief aussi accusé; les plaques ne sonl tuméfiées que partiellement, un petit nombre de leurs lollicuh•^ seulement étant malades (plaques molles de Louis).

Les plaques dures et les follicules très acurainés qui ressembleul grossièrement à Tœil nu à des boutons de variole sont les plus favorables pour l'examen microscopique.

Il ne faudrait pas chercher à voir Tépithélium superficiel en place 8ur les villosités ou sur la surface des plaques; Tautopsie étant faite vingt-quatre heures après la mort, les cellules cylindriques sont toutes détachées et forment le liquide muqueux, opaque, puriforme. qui recouvre la surface de la muqueuse.

Lorsque, sur une surface de section, on enlève par le raclage avec un scalpel ou avec des ciseaux de petits fragments de la substance grise des plaques et qu'on les examine dans le picro-carminate, ou y voit une quantité considérable de cellules lymphatiques, les une.^ possédant un seul noyau, les antres plusieurs noyaux plus petits. Il existe en outre dans ce liquide une assez grande quantité de cellules plus volumineuses, sphériques, polygonales, à angles mousses, plates ou tuméfiées, à proloplasma granuleux et contenant un ou plusieurs noyaux ovoïdes. Ces grandes cellules ne sont autre» que les cellules endolhéliales du tissu réticulé des follicules et des .>inuslvmphalîques, tuméfiées et enflammées. Ces éléments sont semblabb's à ceux qu'on observe dans les productions leucémiques de la rate el dans les lymphadénomes.

Ces cellules, qui ont été appelées cellules typhiques et regardée> comme spéciales à la fièvre typhoïde, n'ont en réalité rien de caractéristique.

Pour étudier !n situ les modifications qu'ont subies les diverse> parties de Tintestin, on fait durcir des lambeaux de la partie malade' dans l'alcool absolu ou dans le liquide de Miiller, la gomme et l'alcool, après les avoir étendus sur une plaque de iiège.

Des coupes pratiquées au niveau des plaques non ulcérées, offrent les détails suivants :

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a. Les villosités sont élargies, en même temps qu'elles paraissent plus courtes; elles tendent à se rapprocher et à se confondre les uoesavec les autres par leur base. Celte modification de forme est due à ce que le tissu des villosités est infiltré de cellules lymphatiques.

Cet effacement des villosités est tel que la surface des plaques examinée an microscope parait à peine ondulée et qu'à l'œil nu elle ^emble tout à fait lisse.

6. Les glandes en tubes ou glandes de Lieberkûlin augmentent en longueur et en largeur à mesure qu'on les observe en allant de la partie normale de la muqueuse à la plaque malade.

On voit dans la figure 115 une coupe de la muqueuse normale.

htt. fl5. — Porti4M de la rau<|aeu9e intestinale dans un cas de 9èrre typhoïde au voisinage d'une plaque de Peyer. — Grossissement de 40 diamètres.

i une ceilaine distance d'une plaque altérée, et dans la figure H6 la muqueuse au niveau d'une plaque de Peyer hypertrophiée. Ces l 'lu ligures dessinées au mè'.ne grossissement, montrent bien la •liilôrence qui existe dans ces deux parties de la muqueuse. Dans la (remière. les villosités sont bien distinctes et les glandes petites; dans la seconde, les villosités sont gonflées, comme fondues les unes uec les autres à leur base ; elles sont distinctes seulement au niveau <ie leurs extrémités. Les glandes de Lieberkûhn sont deux ou trois feplus longues qu'àTéiat normal, et leur diamètre transversal est a>rru dans la même proportion.

Les cellules épithéliales cylindriques des glandes hypertrophiées >ool plus longues que d.ins les glandes normales. La lumière de ces glandes contient des cellules rondes ou des cellules cylindriques ^i'^formées.

Le tissu conjonctif situé entre les glandes et au-dessous d'elles est

aafi iNTEstix.

inlilli'é d'éléments ronds cl petits ; il se eonlinue diieclemem av.. tissu des villosités altéiws de la même façon.

Les lésions des villosités el des glandes sont les même;', soil au niveau des plaques de Peyer, soit au niveau des follicules isolés.

c. La couche profonde de la rnuqtteuse, qui forme la plus j:rnniio partie de la plaque dure, parait au premier abord liomogène. EU' est parcourue par des vaisseaux qui sont considérablement di^li'iiduel remplis de gloliulcs rouges et de globules lilancs. Ces derui^tsont en beaucoup plus {^rand nombre qu'à l'état normal.

Lorsqu'on Iruitc par le pinceau des coupes obtenues ayiv durcissement dans l'acide picriqiie, on chasse le contenu des vai;seaux el la plus grande quantité des cellule^ lymphatiques dont nonavons parlé tout d'abord. Ces cellules étaient enfermées dans timailles du tissu réticulé des follicule-s lymphatiques et du lissu cunjonclif.

Le tissu, ainsi nettoyé des éléments libres qu'il contenait, monli'' de laryes espaces ciiculaires qui, par la dispo.Mlion du tissu rélieul'' qu'ils contiennent el des couches condensées qui les circonscrive m. laissent facilement reconnaître les follicules lymphatiques

Telle est la structure des plaques hypertrophiées dans la lic>i' typhoïde; on voit qu'elle consi«le cssenliellement en une inlillralioD du tissu adénoïde et du lissu conjonctif de la muqueuse {tar da cellules lymphatiques (1). Les glai.dei en tube de la surfaci' ^0DI

FIÉVKE typhoïde. — ULCÉRATIONS DES PLAQUES UE PEYER. 337

en même temps hypertrophiées, et les lésions qu'elles présenteat paraissent être simplement la conséquence des altérations du ti^u conjonctif qui les entoure.

Pendant celte seconde période de la maladie, Tulcération débute toujours par les plaques et par les follicules isolés les plus rapprochés de la valvule iléo-cœcale.

Sur les plaques dures, il est facile, par l'observation & Toeil nu, de reconnaître le mécanisme de l'ulcération : elle se fait à la suite de la mortification d^une partie plus ou moins étendue, soit d'une plaque, soit d*un follicule isolé. La partie la plus saillante du follicule ou de la plaque qui se nécrose prend une teinte jaunâtre produite par le liquide intestinal. La circulation ne s'y fait plus, elle est bientôt circonscrite par un liséré, puis par une rainure, enfin elle est éliminée par petits fragments. A côté d'une de ces petites escharcs encore en place, on en voit d^autres qui sont presque complètement expulsées ; elles sont remplacées par une ulcération dont le fond se délerge peu à peu.

Les plaques dures montrent successivement de nouveaux points nécrosés, et T ulcération totale se fait généralement ainsi par ilôts qui sont pris les uns après les autres.

Les follicules isolés présentent au début du processus une petite eschare à leur partie la plus saillante ; celle-ci est expulsée, et il en résulte une ulcération qui occupe uniquement au début le centre du follicule et qui s'agrandit progressivement en l'envahissant tout entier. Les ulcérations ainsi produites ont souvent une grande ten^ dance à progresser en profondeur, et bien qu'ayant un faible dia* mètre, elles peuvent arriver jusqu'à perforer la tunique musculaire et la séreuse intestinale.

Le péritoine viscéral qui est en rapport avec une plaque dure est rouge à son niveau; tous les vaisseaux, et en particulier les petites veines, sont dilatés et remplis de sang. Lorsque cette plaque est ulcérée, la séreuse qui la recouvre est épaissie et présente des taches grises ou blanchâtres, opaques, à peine saillantes, qu'à l'œil nu on pourrait prendre pour des granulations tuberculeuses.

latés par Murchisson et surtout par Budd, démontrent le caractère infectieux de la maladie. Tout porte à penser que Tagent contagieux est transporté par Teau employée ea boissons et qu'il consiste en micro-organismes. D'après Klebs, le microbe de la fièvre typhoïde serait un bacillus qui se fixe dans les plaques de Peyer, les follicules clos, les ^Mnglions mésentériques et la rate.

GOUfIL ET lANVIER. "• ^ '^

L'inQammalion , après avoir débuté dans, la muqueuse, se propage très prorondément et il se produit souvent une infiltration Ak cellules lymphatiques dans le tissu conjoDctiT qui sépare les deui couches de la tunique musculaire et dans la séreuse.

Sur les coupes minces de l'intestin perpendiculaires à la surface liu péritoine, on ne voit efTet un grand nombre de cellules lymphatiqu<-> dans le tissu conjonclir de cette membrane et daus la couche &>

- Coupr di la einchs oviciUair» tupuilci nitMii iTiiiia plaqua d* Pejcr byptrlnphMa ■ce du pdrilaiog; t, liun cunJMCIitKut-përili ■0 ^i'«ir«ai tUéii, — GrooiiHincnl de 80

libres rnuscul lires longitudinales (tig. 1 17). A la surface du péritoiii'' il existe, au niveau des taches blanclies visibles à l'œil nu, une a;v'"mératiou de cellules embryonnaires dans une substance ItmJjmentale amorphe. Celle inflammalion superficielle du périlorii''. qui ressemble, au premier abord, à une infiltration tubercul-'u--. s'en dislingue parce qu'il n'y a pas de granulations distinctes ni 'i' dégénérescence caséeuse. Cette néoformation siège à la surtace niémr' du péritoine et elle est immédiatement recouverte par rendothéliuin do celte membrane.

L'infiltration de toutes les tuniques intestinales par des rfllul? et le ramollissement des faisceaux du tissu conjonctif qui cd '•! ta roii séquence sont des conditions qui favorisent l'ulcération. ?■' inaiclie en profondeur du colé de la séreuse péritonéale et ta |i''i'i l'ulion de i'intesiin.

Les plaques molles et les follicules hypertrophiés qui les aifomj>apiieiit s'ulcèrent habituellement de la même manière que les plaqii'dures; seulomeat les eschares sont moins neltemcut limitéos,el il paraît s'y produire une destruction et une élimination molèfiilaif'' dos parties superficielles plutôt que de véritables eschares.

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