GANGLIONS TUMÉFIÉS DANS LA FIÈVRE TYPHOÏDE
Les ganglions lymphatiques du mésentère sont constamment altérés laos la fièvre typhoïde. Ils sont d'abord turgides, hypertrophiés et ongestionnés, puis gris ou gris rosé; ils sont alors intiltrés d'une luanlilé considérable de cellules lymphatiques. Lorsqu'après les noir divisés on racle leur surface de section, on obtient un iquide dans lequel, à côté de cellules lymphatiques, il existe de îrandes cellules endothéliales tuméfiées qui possèdent un ou pluîi»*urs noyaux.
Il n'est pas absolument rare de trouver, chez des sujets ayant suc-
1 (»mbé à la fièvre typhoïde, des ganglions présentant des îlots puru-
li»Dls ou des nappes de pus étendues à presque toute leur couche
•^ilicalo. Si l'on examine au microscope des coupes de ces ganglions,
on voit leur capsule infiltrée de cellules lymphatiques faire corps
:nfr le tissu conjonctif périphérique également enflammé et dans
Kquel les cellules adipeuses sont remplacées par des cellules em-
bnonnaires. Au-dessous de la capsule, les vaisseaux lymphatiques
afférents sont parfois remplis et distendus par un coagulum fibrineux
dont les mailles enserrent des cellules lymphatiques en quantité
• onsidérable. Les follicules sont assez volumineux et, dans leur in-
lérieur, les artérioles sont entourées de zones de prolifération ;
oniln, les sinus lymphatiques périfolliculaires el le tissu caverneux
(ODliennent un grand nombre de cellules endothéliales gonflées ei
proliférées. Les capillaires et les veinules sont remplis de globules
rouîîes. Ce sont là, comme on le voit, des lésions inflammatoires com-
l^rablcs à celles des follicules clos de l'intestin.
Les ganglions du mésentère contiennent quelquefois, à la suite de
li fièvre typhoïde, des masses caséeuses qui proviennent d'une
'laasformation des produits inflammatoires.
U rate, dont la lésion est constante dans la fièvre typhoïde, est Upertrophiée, gorgée de cellules lymphatiques, rosée ou rouge, le plus souvent pâle et molle. Les corpuscules de Malpighi, lorsqu'ils ^onl visibles, sont généralement plus volumineux que d'habitude '\'>y. plus bas le chapitre Rate).
.Nous avons déjà vu que le pharynx et le larynx étaient fréquemment altérés dans la fièvre typhoïde. Le gros intestin l'est assez rarement ; l^'*^qu'il est atteint, ses follicules gonflés et la muqueuse épaissie f'jnnent de petites tumeurs rondes ou des plaques. Ces plaques, comparables à celles de l'intestin grêle, siègent soit au caecum, soit au '•''♦•n, soit au rectum; elles sont également envahies par l'ulcération.
Le foie et les rems sont toujours ou presque toujours atteints d'uno inflammation parcnchymatcuse ainsi que cela se voit dans toutes les maladies fébriles infectieuses. Nous y reviendrons à propos des maladies des reins et du foie.
Pour ce qui concerne Testomac, voy. t. II, p. 283.
Les muscles subissent très souvent, sinon toujours, la dégénérescence graisseuse ou vitreuse. Ce sont surtout les muscles adducteurs de la cuisse et ceux de la paroi abdominale, les muscles droits par exemple, qui sont atteints (voy. t. I, p. 71).
Le muscle cardiaque n'échappe pas plus que les autres à la dégénérescence granulo-graisseuse. A cette altération correspond quelquefois, pendant la dernière période de la maladie, un aflaiblissemenl considérable des contractions du cœur et des intermittences. Enfin notons des congestions et inflammations du poumon qui sont constantes dans cette maladie. En outre de la congestion et de la bronchite, on trouve souvent de la pneumonie catarrhale,de l'atélectasie, des infarctus pulmonaires et même de la pneumonie lobaire aiguë ou fibrineuse. Souvent aussi on rencontre, à l'autopsie d'individus qui ont succombé dans le cours ou dans la convalescence de la fièvre typhoïde, des tubercules pulmonaires, ce qui montre que, contrairement à l'opinion de certains auteurs, il n'y a pas d'antagonisme entre la tuberculose et la fièvre typhoïde.
Le cerveau^ la moelle et leurs enveloppes sont quelquefois congefitionnés.
Telles sont les lésions de la fièvre typhoïde, qui, comme on le voit, est une maladie totms substantiœ comme toute maladie infectieuse fébrile, mais dont les lésions principales siègent à l'intestin. Aujourd'hui beaucoup d'auteurs les attribuent à révolution de microbes parasitaires, microroccus et bactéridies.
Lésions de l'intestin dans les hernies. — Nous ne décrivons pas ici les difl'érenles espèces de hernies dont l'étude rentre moins dans l'histologie pathologique que dans l'anatomie pathologique descriptive, mais nous devons donner brièvement le résumé de ce qu'on connaît sur les lésions de l'intestin dans les inflammations et les étranglements herniaires. Ces lésions ont été bien étudiées en France par Malgaigne, Jobert, Gossclin, Broca, Labbé, et par Nirnise dans sa thèse de doctorat.
Dans les hernies engouées ou enflammées^ le sac peut ne pas renfermer de liquide; d'autres fois, il contient un liquide séreux trans-
LÉSIONS DE L'iyTEFTI?f 1»AK- iX- HII'Mï-
il-'î-
parenl, de couleur rosée ou m^mf- saunnii'i-^îii. u»:- ■• lequel il existe des fausses membraii*^ iiii:*iL-*u>t*î. L. f îf^::-- ni: — linale est tantôt presque norinaie, laniô: r-^r t'^^- . ■:::.:.!• Cah^ :; [kTilonile aiguë. Parfois alors eli^ moui't- d- ' ':>a i * . a ^- :.tUr^er membranes ou même desbour^*'on> va^-^iiian — ^ L'-y^A-. rr ii. mirqueuse n'a pas été faite d'une lijç(»D suivi* e* ••••m: :*-■- : «»i ^ i c m* (le la rougeur. On a également signai»^ li*^ i»-iii- ai» *-- ^liii't 1**lUDÎques intestinales. L'inflammation se i^rmin* . ^. ;i iiemi* l -^: pas réduite, par des adhérences iiiireu^**!^ entr- i- ^i *^: Tiui^-^iiL, par répaississement du sac el dt^-f membriin*^ initr-UL^^-.
Dans les hernies étranglee$>. la couleui ù» k >ur;y ■•' vTr-u^-e otrinleslin est d'un roujre plus kmcé eu*- cîin? i**.- h^ru\^^ *'iilianini*^^. Elle est ecchymotique, brune, tirant sur 1- vi rj-*: iwi sur le noÎT. L anse herniée esl tendue, remj»iie dt- baujot-- e: ù* ;:a7 i^aiGan* it*premiers temps de Tétrang^lemeDl.
La séreuse tendue présente des ér*iijur^> ou a*-*-* éyo^ion- au niveau des parties étranglées : le ti>su ceiiujair*- s(»us->*^r^ui *•< i^ si^;!*d'ecch\*moses. Plus tard la séreuse j»r*^>enle uDf- ♦'xsudaii.in liij:*ineuse, et le sac contient un liquide plus ou mo:n> r-unw^ }»ai i* •viai;:. Uanse étranglée renferme un liquid*^ muqueui a>--*îz aîriDdari, souvent rougi par le sang ou tout à fail L^momja^iqu^: ie? irai y sont en petite quantité, et il s'y trouve Uès niremt*n: à^ti^ luaiières iï'cales.
La muqueuse est très congestionnée dès le début ; bi^nlM ^lle présenle les signes anatomiques d'une inflammation inî^D^^e de lout^ st^> parties. Les villosités sont tuméflées, raraollit*^, friables et moins longues qu'à l'état normal. Il peut se faire à leur sui la*:'^ un*- ntVH membrane qui les masque complètement. Les follicules do> isol»'^s el agminés sont hypertrophiés, infiltrés de suc ul«érés à leur centre.
Ces lésions sont surtout prononcées au niveau de l'étranglement et en particulier à Tunion de l'anse étranglée avec \o bout supérieur de rinlestin. Ce dernier est dilaté, distendu par les matières intestinales el surtout par les gaz. L'inflammation de la muqueuse et de la séreuse s'y propage, et devient parfois le point de dépari d'une péri- Vonile généralisée. La portion de Tinteslin qui esl située au-dessous de rétranglemcnt est diminuée de volume, rélrécie, mais elle est aussi le siège de lésions inflammatoires de la muqueuse ot de la séreuse, moins prononcées toutefois qu'au bout supérieur.
Lorsque la constriction au niveau de Tanneau persiste, la gène ou rarrêt de la circulation déterminent une ulcération des membranr'N intestinales h ce niveau. Cette ulcération s*eflectue sans qifily ait de gangrène ; toutes les tuniques de l'intestin semblent coupées méc aniquement (Gosselin). Cette ulcération débute par la couche superticielle de la muqueuse et envahit progressivement le tissu sous-rauqueux, les couches musculaires et enfin la séreuse (Nicaisc). Finalement il se produit une perforation quelquefois très petite, tantôt au contraire intéressant la plus grande partie de la circonférence de rintestin.
Un autre accident terminal de Tétranglement intestinal, beaucoup plus rare que le précédent, c'est la gangrène qui se montre sur différents points de Tanse étranglée sous forme de plaques supe/ficielles ou qui envahit d'emblée toutes les couches de rinteniîn.
Étranglement interne. — Les lésions qu'on observe dans 1<*5 étranglements internes, etc., sont les mêmes d'une façon général*^ que celles dont nous venons de parler à propos des hernies. II peut survenir également de Tinflammation et de la gangrène.
Dans le volvulus^ une partie supérieure de l'intestin grêle ou du gros intestin pénètre dans la partie qui lui fait suite, de façon qu'il y a invagination d'une portion supérieure dans l'inférieure. L'intesiio grêle peut aussi entrer dans le gros intestin. 11 en résulte une tumeur dans laquelle la première enveloppe intestinale est en rapport avec la seconde par sa muqueuse, tandis que la moyenne est en rapport avec rintemp. par la séreuse. On voit quelquefois, surtout chez les enfitnts, des polypes muqueux agissant par leur poids, devenir la cause d'invaginations de ce genre. Une invagination peut guérir par l'expulsion de fngments plus ou moins longs de l'intestin gangreor et par la cicatrisation bout à bout de l'intestin après cette expulsion; mais cette maladie peut aussi être suivie de perforation, de péritonite, d'adhérences vicieuses et presque toujours, lorsqu'elle guérit, d'un rétrécissement cicatriciel de l'intestin.
Hypertrophie des tuniques misci laires de l'intestin. — Rin> certaines constipations opiniâtres avec rétention des matières fécaleN surtout chez les vieillards^ on trouve à Fautopsie Tintestin grêle et 'e gros intestin considérablement distendus. Lorsque la maladie a dunf pendant tivs longtemps avec des alternatives diverses, l'intestio dilaté, au lieu d'être aminci, présente une hypertrophie considéraM'*
FISTULES RECTALES. 345
de sa paroi. Cette hyperlrophie porte principalement sur la tunique nuisculeuse. C'est lu un fait analogue à Thypertrophie des plans musculaires de Teslomac consécutive au rétrécissement du pylore.
Fistules rectales. — Les fistules qui s'établissent à la suite de la périproclile, c'est-à-dire de l'inflammation du tissu conjonctif qui entoure le rectum, peuvent être distinguées au point de vue de leur .^ièfre en deux variétés : 1" celles qui se montrent dans les fosses is^^hialiques et dans l'espace pelvi-rectal inférieur et qui succèdent à rinflammation suppurative du tissu adipeux si riche de cette région. Elles sont presque toujours complètes, c'est-à-dire qu'elles s'ouvrent d'un côté dans le rectum au-dessous du muscle rele- \»*ur, tandis qu'après un trajet plus ou moins long et compliqué, elles viennent s'ouvrir de l'autre côté à la peau ; 2* les fistules pelvi-reclales supérieures (Pozzi) sont presque toujours borgnes externes, c'est-à-dire qu'elles s'ouvrent à l'extérieur et non du côté du rectum. Elles présentent habituellement une ampoule ou poche supérieure qui sécrète du pus et qui se trouve placée au-dessus du muscle releveur de l'anus. Elles remontent toujours très haut, à 10 ou 15 centimètres au-dessus de l'anus, le long du rectum dont elles <onl séparées par du tissu conjonctif induré.
Ces fistules possèdent comme caractère commun d'être creusées au milieu d'un tissu conjonctif modifié par l'inflammation chronique, dans lequel les cellules adipeuses ont disparu, et dont les fais- «eaux sont séparés par des cellules connectives tuméfiées et par des cellules lymphatiques. Les trajets fistul«ux eux-mêmes, lorsqu'ils sont 1res récents, forment des clapiers ou tout au moins ils sont irréguliers et lirailés par des bourgeons charnus suppurants. Lorsqu'ils sont plus anciens, les conduits fistuleux sont tapissés d'une muqueuse recouverte d'épilhélium pavimenleux. Us possèdent des papilles plus ou moins nettes, munies de vaisseaux et recouvertes d'épithélium stratifié.
Ces fistules se rencontrent très fréquemment chez les tuberculeux.
Tuberculose de l'intestin. — Les lésions tuberculeuses de la muqueuse intestinale siègent le plus ordinairement, comme celles do la fièvre typhoïde, à la partie inférieure de l'intestin grêle, mais elles n'y restent pas confinées et elles s'étendent habituellement à l'iléon, aujéjunumetdans le gros intestin jusqu'au rectum inclusivement.
Ces lésions sont caractérisées par des granulations lubercuIeuH'<. par des inflammations caséeuses et ulcératives des follicules lymphatiques isolés ou agminés et par une infiltration du tissu ronjonclif voisin. De la muqueuse qui est leur point de départ, ellf> s'étendent aux couches profondes en envahissant le tissu conjonciii sous-séreux, les vaisseaux lymphatiques de l'intestin et même c<*n\ du mésentère.
Nous décrivons en même temps ici les granulations tul>erculeu>»> et les inflammations tuberculeuses des follicules clos, parce que iv^ deux lésions marchent presque constamment de pair; les inflamm.v tions tuberculeuses des follicules précèdent même quelquefoi^ k^ granulations.
Les granulations tuberculeuses de la muqueuse intestinale débutent par de petits grains arrondis, semi-transparents, saillants à s» surface et qui peuvent siéger soit dans le tissu conjonctif situ/* au niveau des culs-de-sac des glandes de Lieberkûhn, soit dans le tissu conjonctif des villosités. Chauveau, dans des expériences où il provoquait dans l'espèce bovine la tuberculose par l'ingestion de poumons tuberculeux, a observé des granulations tuberculeuses tout à fait à leur début à la surface de l'intestin ; parmi celles-ci, il on a vu se développer dans les villosités intestinales tuméfiées et infillr»''»*> de petites cellules rondes.
Nous avons également observé chez l'homme des granulations très petites à la surface de la muqueuse et dans les villosités ; suides coupes, le tissu conjonctif des villosités était infiltré de cellult»< rondes. Ces villosités gonflées dans toute leur hauteur et surtout à leur base étaient plus ou moins confondues et n'étaient plus distinctes qu'à leur extrémité libre. Elles formaient avec le stroma de la muqueuse également infiltré, un nodule qui aflectait à l'œil nu <( au microscope la structure d'un nodule tuberculeux. Les glandes en tube, comprimées et étoufl*ées par cette néoformation, roonlraicni une série d'altérations portant surtout sur les cellules cylindriqu»'-. Celles-ci étaient petites, irrégulières; il s'y mêlait des cellules lymphatiques et le tout subissait la transformation caséeuse.
Lorsque les granulations tuberculeuses débutent dans les coucli»*> profondes de la muqueuse, elles sont recouvertes par la couche des glandes et par les villosités. Le tissu conjonctif de ces villosités ei celui qui sépare les glandes de Lieberkûhn sont également infiltré^ de cellules lymphatiques et, dans un stade ultérieur, ils participeni à la formation des granulations.