ABCÈS MÊTASTATIQUES. — RÔLE DES MICROBES
veine porte. Les branches périlobulaires de cette veine étaient normales, ainsi que les artérioles hépatiques.
Telles sont les altérations qui signalent le début des abcès métaslatiques. Il convient maintenant de chercher la cause et le mode de formation de ces abcès. Longtemps on a admis, à la suite des beaux travaux de Virchow, que les abcès métastatiques du foie étaient causés par des embolies, et que les fragments de ûbrine provenant dune endocardite ou d'une phlébite, venant s'arrêter dans les artérioles ou dans les capillaires du foie, produisaient un infarctus ou 4in petit abcès. Mais, indépendamment des critiques que nous avons faites de cette doctrine considérée en général (voy. t. J, p. 604 et siiiv.), elle était plus particulièrement facile à attaquer dans le foie. Pour expliquer en effet les abcès du foie consécutifs à une phlébite des membres, à une plaie de tête oû des os, il fallait supposer que les caillots, détachés d'une veine périphérique, passaient par toute la ciitulation pulmonaire avant de revenir au cœur gauche et d'être lancées dans l'artère hépatique. Et comment pouvait-on comprendre en pareil cas que des abcès métastatiques se montrassent au foie sans qu'il y en eût dans le poumon? La doctrine de la phlébite et des eroboles migrateurs ne fournit une explication plausible que pour les abcès du foie consécutifs à une inflammation des radicules de la veine porte ayant pour cause, par exemple, les inflammations ulcératives de l'intestin, la typhlite, la dysenterie, etc. Plus tard, on a ajouté à celte palhogénie les connaissances acquises relativement à la migration et à la diapédèse des cellules lymphatiques. Âujourdhui. Pasteur, Koch (l)ont démontré que lapyémie et la septicémie étaient causées par des microbes, qu'il est facile de constater dans le lieu primitivement affecté, de même que dans les métastases de la pyémie. Ces auteurs ont réussi à isoler et à cultiver plusieurs espèces de microbes qui peuvent être la cause de la pyémie et de la septicémie.
Dans les organes atteints d'abcès métastatiques, on trouve des micro-organismes dans les vaisseaux capillaires, et il est probable qu'ils an'ivent dans la circulation hépatique par l'intermédiaire de la circulation générale lorsqu'il s'agit de lésions initiales portant sur les téguments, sur les os et en particulier sur les os du crâne. La veine porte et le sang qui y circule seraient leur véhicule lorsqu'il ^'agit d'ulcérations de l'intestin ou de lésions primitives de la rate.
(1) Ueber die Aeiiogie der WundinfeclUmskrankheiten. Leipzig, 1878.
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La présence de ces micro-organismes dans les vaisseaux capillaires du foie détermine un arrêt, une stase du sang dans le réseau vasculaire d'un ou de plusieurs îlots, la formation d'un coagulura fibrineux, le remplissage des capillaires par des globules blancs en quantité plus ou moins considérable, la diapédèse d'un ceilain nombre de ces éléments, et la dégénérescence granuleuse de ceux qui restent dans les vaisseaux. En même temps, les cellules hépatiques de rilol malade meurent faute de nourriture, leurs noyaux pâlissent, ne sont plus colorés comme à l'état normal par les réactifs colorants et se fragmentent en granules.
Telles sont les lésions causées par le transport dans le foie des micro-organismes de la pyémie. Mais il ne faudrait pas croire que tous les micro-organismes charriés par le sang produisent des abcès. Les bacilles du charbon, par exemple, qui se répandent dans le système vasculaire du foie en si grande quantité, que tous les vaisseaux en sont remplis, ne déterminent pas chez les animaux de lésion appréciable des cellules hépatiques et ne produisent jamais d'abcès. Il en est de même des bacilles de la septicémie des souris (Koch). Nous verrons, à propos de la localisation des bacilles de la tuberculose dans le foie, qu'ils n'ont aucune tendance à former des abcès.
Il n'est pas d'organe dans l'économie qui soit plus prédisposé que le foie aux abcès d'infection purulente , et cela surtout lorsque le foyer de suppuration primitive siège dans les os et en particulier dans les os du crâne. Pourquoi cette prédisposition du foie à la suppuration et la coïncidence de celle-ci avec les plaies de tête qui a si vivement frappé les chirurgiens de tous les temps? Magendie a essayé d'expliquer la suppuration hépatique dans les plaies de tête par la communication du sang de la veine cave supérieure et de la veine cave inférieure dans Toreille droite et par la possibilité du reflux du sanji de la veine cave supérieure jusque dans la veine hépatique. Cotte hypothèse est bien contraire à ce que nous connaissons sur la circulation. Mais on peut dire que le passage des éléments du pus d'un os en suppuration dans les vaisseaux est favorisé par la disposition des veines osseuses. On doit supposer aussi que les cellules lymphatiques et les microbes contenus dans le sang s'accumuleront et stagneront de préférence dans les points où la circulation est la plus lente. Or la circulation hépatique, comprise entre deux veines, est dans les meilleures conditions pour s'effectuer lentement. El peut-être est-ce là la cause non seulement de la fréquence des abcè^