‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 2)Chapitre 95 sur 239 · GRANDS ABCÈS DU FOIE · texte numérisé non relu

GRANDS ABCÈS DU FOIE

biliaires ayant de 30 à 100 f*, el qui possèdent leur revêlement épithélial normal ou proliféré. Les canalicules sont bordés, immédiatement en dehors de leurs conduits, par des cellules rondes migratrices, qui infiltrent le tissu conjonctifet qui forment un Ilot d'infiltration puriforme autour d'eux. A un degré plus avancé, le tissu conjonctif pt'ricanaliculaire se ramollit sous Tinfluence de la formation des globules de pus, qui deviennent libres; la paroi propre des canalicules est détruite, et les leucocytes formés dans le tissu conjonctif se mêlent aux cellules épithéliales des canaux biliaires pour constituer le pus contenu au centre du petit abcès. Il est très facile de suivre ce processus dans tous ses détails sur une série de préparations. A côté des abcès bien formés, à cavités centrales transformées en poches pleines de cellules en détritus, à parois anfractueuses constituées par du tissu embryonnaire, on trouve, en effet, au milieu du tissu conjonctif enflammé qui sépare les lobules hépatiques, de petits abcès en voie de formation et invisibles à l'œil nu. Ceux-ci sont constitués par un Ilot de tissu embi7onnaire, au centre duquel se trouvent des canalicules biliaires atteints d'inflammation catarrhale. On peut observer ainsi tous les degrés successifs de la genèse de ces abcès.

Le parenchyme hépatique est normal si les abcès sont restés petits et peu nombreux ; mais autour des abcès plus volumineux ou confluents, les Ilots hépatiques sont plus ou moins altérés. Ils sont séparés par la capsule de Glisson enflammée, épaissie qui rayonne à partir des foyers purulents; ils sont comprimés, déformés, et leurs cellules subissent des modifications de nutrition secondaires; mais les cellules hépatiques ne prennent pas part aux phénomènes pathologiques qui marquent le début des abcès.

Ces abcès siègent quelquefois à la surface du foie et font saillie au-dessous de la capsule de Glisson. Ils peuvent même devenir le point de départ d'une péritonite adhésive ou s'ouvrir dans le péritoine (Heckel).

Charcot et Gombault les ont déterminés quelquefois expérimentalement chez les animaux par la ligature du canal cholédoque.

c. Grands abcès du foie. — Nous avons étudié jusqu'ici les abcès plus ou moins volumineux du foie qui peuvent survenir dans l'infection purulente, à la suite de la pyléphlébite et consécutivement à rioflammation des voies biliaires. Nous arrivons maintenant, après cette étude analytique, aux grands abcès du foie qui peuvent résulter de la confluence d'abcès plus petits, quelle que soit leur cause, ou de la

propagation de rinflammation à un segment considérable de m organe.

Les abcès idiopathiques du foie d'un volume plus ou moins considérable existent rarement dans notre climat ; cependant Louis en a publié un certain nombre de faits qu'il avait recueillis dans les hôpitaux de Paris, et Ton en présente toujours annuellement plusieurs pièces à la Société anatomique.

Ces grands abcès peuvent-ils naître d'une embolie ou d'une thrombose de la veine porte qui interrompt complètement en un point la circulation d'une masse assez considérable du tissu hépatique? C^ttf hypothèse nous parait plausible, surtout s'il s'agit de sujets débilité> ou atteints d'une maladie infectieuse, et si le sang de la circulation générale ou celui de la veine porte contiennent les micro-organismes de la pyémie ou de la septicémie. On conçoit très bien que toute la portion du foie appartenant au territoire de la partie thrombosêe de la veine porte se nécrose, se ramollisse et s'entoure d'une rone d'inflammation purulente éliminatrice, de telle sorte que la partie privée de sang et nécrosée se transforme ultérieurement en un grand abcès.

Toutes les causes des petits abcès que nous avons étudiées plus haut peuvent amener la formation de foyers plus considérables : c'est ce que produisent les abcès miliaires en se réunissant, la pyléphl^S bite en s'étendant au tissu hépatique, l'inflammation des conduib biliaires lorsqu'elle se propage au tissu conjonctif périlobulaii*e et au foie. C'est sous l'influence des ulcérations intestinales, de la dysenterie, des fièvres intermittentes, de la congestion de longue durée et des vices de la sécrétion biliaire que les abcès des pays chauds se développent; les mêmes phénomènes peuvent se produire aussi dans nos contrées.

Un abcès examiné à une période rapprochée de son début, qu il résulte de l'union de plusieurs abcès petits et qu'il soit par conséquent lobule, ou bien qu'il provienne de la destruction en masse d'un^ partie considérable du foie, cet abcès montrera ses parois, plus ou moins irrégulières, constituées par du tissu hépatique. Le pus épais, de couleur jaunâtre et granuleux, qu'il contient, sera composé de cellules lymphatiques et de cellules hépatiques altérées. Des fragments pulpeux, ramollis, du tissu hépatique infiltré de pus, seront oncoi^ adhérents à la paroi de l'abcès. C'est là le premier de^ri do la formation de l'abcès.

Plus tard, lorsque toutes les parties du foie comprises dans la sup-

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