GRANDS ABCÈS DU FOIE
puration se sont détachées et ramollies, la surface de la poche devient plus lisse et elle esl formée par du tissu conjonctif embryonnaire qui se continue autour de Fabcës dans le parenchyme hépatique en suivant les branches de la veine porte et les cloisons interlobulaires. Cette paroi de tissu embryonnaire est plus ou moins vascularisée, plus ou moins régulière ; quelquefois elle présente de véritables boui^eons charnus ; c*est une membrane pyogénique molle, analogue à celle qui tapisse tous les ulcères. L'abcès peut s'agrandir encore alors par la fonte suppurative de la membrane pyogénique et du tissu conjonctif enflammé qui l'avoisine. Comme ce tissu se continue avec la gangue conjonctive périphérique à la veine porte, il en résulte qu'il y a toujours, comme nous l'avons déjà dit, de la périphlébite et habituellement aussi de l'endophlébite avec formation d'un caillot iibrineux au point enflammé de la veine. Ces parties périphériques peuvent être complètement détruites par la suppuration, de telle sorte que l'abcès s'agrandit par des expansions latérales suivant les branches de la veine porte.
On comprend facilement aussi que la phlébite consécutive à l'abcès, devenue suppurative à l'intérieur d'une branche de la veine porte, soit à son tour le point de départ d'un ou de plusieurs abcès secondaires voisins du premier.
La paroi interne de l'abcès est de couleur grise ou gris-rosé. Cruveilhier a vu des abcès gangreneux. Il est possible qu'une véritable gangrène par interruption du cours du sang s'observe au début et dans les périodes ultérieures des abcès ; mais il faut aussi se défier des changements de couleur signalés par les auteurs dans le tissu coDJonctil et dans le tissu hépatique qui entourent les abcès. Les (olorafions ardoisées, verdâtres, etc., de la paroi de l'abcès sont souvent l'effet de la décomposition cadavérique.
Lorsque Tabcès ne s'étend plus, la membrane pyogénique devient plus lisse et plus fibreuse, et le tissu conjonctif voisin s épaissit et se densifie. Il se produit ainsi une véritable membrane fibreuse assez (épaisse et solide, circonscrivant un abcès enkysté.
Dans ces abcès, le pus est de couleur variable : jaune, brun ou couleur chocolat, suivant qu'il contient plus ou moins de sang, et que les cellules lymphatiques sont plus ou moins infiltrées de granulations graisseuses.
Toutes les parties du foie peuvent être le siège de ces grands abcès; le plus souvent on les trouve dans le lobe droit et en particulier dans la partie la plus épaisse de ce lobe, c'est-à-dire à son extrémité
droite ou à sa face supérieure, au voisinage du diaphragme ; mais i > siègent aussi parfois au lobe gauche et à la face inférieure.
Ils ont, comme toute collection liquide, de la tendance à prendr la forme sphérique lorsqu'ils sont anciens. Le tissu hépatique ^ laisse, comme nous le savons, très facilement repousser et aplatir par la pression de Tabcès et celui-ci se rapproche toujours, par le faii même de son accroissement et de Taplatissemenl du foie, de la surface extérieure de cet organe.
Le volume et le nombre des abcès sont très variables. Les pla^ considérables sont en général uniques; ils peuvent contenir depui* 100 grammes de liquide jusqu'à 1 litre et même plus de 3 litres.
Par le fait de son développement et de sa marche à la périph«'ri du foie, un abcès a de la tendance à s'ouvrir spontanément; le plin souvent il proémine à la face supérieure du foie au niveau du diaphragme ou au niveau du rebord des côtes et des fausses côtes, ou un peu au-dessous au contact de la paroi abdominale. Lorsqu'il s** met en rapport avec le péritoine, il se produit une péritonite adli*^sive locale, et sa présence se révèle bientôt par l'œdème des paroi* abdominales ou thoraciques, et par la sensation de fluctuation. Si Tonverture de l'abcès se fait dans le tissu conjonctif de la paroi, i! en résulte des décollements, des fusées purulentes, qui remonleni le long des fausses côtes mises à nu au milieu d'un clapier purifomii^. et môme jusqu'auprès de l'aisselle ou au contraire vers la prli» médiane antérieure du thorax. Il faut ouvrir vite de pareilles r*^!lections ou bien, si le diagnostic est suffisamment établi, provoqu^'r la périlonite adhésive et l'ouverture de l'abcès par l'application du caustique de Vienne.
Lorsque l'abcès proémine du côté du diaphragme qu'il repou.^^^ en haut, il peut y avoir, à ce niveau, une péritonite adhésive au-do>sous du diaphragme, une pleurésie également adhésive au-dessus et une pneumonie au même point» de soile que le pus s'échapp^m. après la destruction suppurative du diaphragme, de la plèvi*e et d» poumon enflammés, dans la cavité d'une bronche et sera expecton''. («otte terminaison, ainsi que l'ouveriureau dehors par la paroi aln dominale, est Tune des plus fa\orables.
Mais, au lieu de provoquer une pleurésie adhésive, si l'abcès h»'*patiquo détermine une pleurésie avec épanchement abondant, lorsqu'il auni perforé le diaphragme, il se videra dans la cavité de la plèvre. Cette pleurésie purulente pourra s*acompagner elle-niémt» de pneumonie et de perforation du poumon en un point, et alors il